‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 486 sur 513 · TuscuL llf · texte numérisé non relu

TuscuL llf

CICERON

Dans ces passages qui ont leur agrément, inférieur toutefois à celui des vers d'Euripide, Cicéron suit d'assez près son modèle; il s'en écarte davantage dans d'autres. Euripide avait dit * .

Nul qui naisse sans avoir à souffrir ; c'est la condition des mortels. On ensevelit ses enfants, on s'en donne de nouveaux, et puis soi-même on meurt ; et les mortels s'affligent de rendre la terre à la terre. Il faut, de nécessité, moissonner la vie, comme on fait les blés mûrs; il faut que l'un soit encore, et lautre plus. Pourquoi gémir sur ce que, par la loi de la nature, nous avons à traverser? Rien ne doit sembler pénible aux mortels de ce qui est nécessaire.

Cicéron* abrège ces mélancoliques développeuients ; ils deviennent, dans sa version, quelque peu secs, pénibles et froids :

Mortalis nemo est quem non attingat dolor Morbusque. Multi sunt humandi liberi, Rursum creandi ; morsque est finita omnibus : Quae geneii humano angorem ncquidquam afferunt. Reddjnda est terrae teira : tum vita omnibus Metenda, ut fruges. Sicjubet nécessitas.

En revanche, lorsqu'il dit :

Nam nos decebat, cœtu célébrantes domum,

Lugere, ubi esset aliquis in lucem éd. tus,

Hunianae vitse varia reputant^s mala;

At qui labores morte finisset graves.

Hune omnes amicos lauje et laelitia exsequi *,

il allonge et affaiblit ce qu'Euripide * avait rendu si vivement par de courtes paroles :

11 conviendrait de nous rassembler pour pleurer sur celui qui vient de naître, songeant à tous les maux où il entre ; mais celui qui meurt, qui se repose de ses peines, nous devrions le conduire avec des paroles de joie hors de sa demeure.

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