‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 502 sur 513 · A. Gell. Noct. atlic. I · texte numérisé non relu

A. Gell. Noct. atlic. I

genoux, et les Gémeaux qui nous font admirer leurs éclatantes étoiles.

Zodiacum hune Graeci vocitant, nostrique Latini Orbem signiferum perhibebunt nomine vero : Nam gerit hic volvens bix sex ardentia signa, ^stifer est pandens ferventia sidéra Cancer. Hune subter fulgens cedit vistorva Leonis, Quem rutilo sequitur coUucens corpore Virgo. Exin projectae claro cum lumine Ghelœ, Ipsaque consequitur lucens vis ma^na Nepaï. Inde Sagittipo'.ens dextra flexum tenet arcum; Post hune ore fero Capricornus vadere pergit; Humidus inde loci coUucet Aquarius orbi. Exin squamigeri serpentes ludere Pisces; Quels comes est Aries obscuro lumine labens, Inflexoquo genu projecto corpore Tau rus, Et Gemini clarum jactantes lucibus ignem.

Cette énumération poétique s'ouvre encore à la manière d'Ennius,chez qui la poésie et la grammaire se mêlent, par l'explication d'un mot grec auquel est substitué un équivalent latin. Elle est suivie d'un vers dans lequel je ne puis me défendre de signaler une expression métaphorique, probablement alors nouvelle, et que, c'est un grand honneur pour Cicéron, se sont rendue propre Lucrèce et Virgile. Il y est dit, je traduis littéralement, que le soleil, parcourant éternellement ces douze signes, les revêt de sa lumière:

Haec sol aeterno convestit lumine lustrans •.

Lucrèce, ce grand peintre, a dit, un peu plus tard, admirablement :

Quand l'aurore de retour répand sur la terre une clarté nouvelle, et que les oiseaux, au plumage bigarré, volant çà et là dans la profondeur des bois, remplissent l'air hmpide de leurs purs et clairs accents, avec quelle rapidité le soleil qui se lève en cet instant répand-il partout sa lumière et en revêt-tl tous les objets, chacun le sait et l'a pu voir.

1 Dans des vers des Phénomènes de Cicéron, correspondant aux vers 693 et suivants d'Aratus, vers assez récemment retrouvés, et rappelés, d'après Orelli, par M. Fagaet,page 75 de sa thèse, se trouve l'expression ve^tire lumine, et l'expression analogue vestire caligme.

^^^ CICÉRON

Primum, Aurora novo quom spargit lumir.e terras Et vanae \ olucres, nemora avia pervolitantes, ' Aéra per tenenim Jiquidis loca vocibus opplenf giiam subito soleat sol ortus tenipore tali '

Convestire sua perfuiidens omnia luce, Omnibus in promptu manifestumque esse videmus^

Qui De se rappelle que Virgile, par une expression semblable, a comparé à uiî vêtement la pure et éclatante lumière dont il enveloppe le séjour des âmes bienheureuses:

Largior hic campos aether et lumine vestit Purpureo'....

Cicéron ne pouvait manquer de se montrer encore sous le double aspect de traducteur exact et de libre imitateur dans la partie la plus animée du poëme, où, rappelant 1 origine mytholo^rique des constellations, Aratus a fait, un peuplusqueneleditQuintilien, agir, sinon parler, de^ personnages. Ces passages sont ses épisodes, épisodes fort courts, à l'exception d'un seul cité plus haut, celui de la Vierge, et où la fable est pluiôt indiquée sommairement, sous forme d'allusion, que racontée et surtout mise en scène. Voici Tun des plus étendus et en même temps des plus agréables (v. 197) :

Non loin de Cassiopée, on voit errer le triste fantôme de sa

rhnii .''"'* >'-.•'' ne pense pas qu'il soit nécessaire de choisH une nui favorable i our l'apercevoir facilement, tant est grande la clarté qu, .s'échappe de sa tête, de ses épaules de 1 extrémité de ses pieds et de ses vêtements. MainUnant encore et dans la nouvelle place qu'elle occupe, elle a les b?a' étendus ; elle porte des fers même au ciel, et des liens douloureux enchaîneront toujours ses mains.

Il ne s'est conservé *de la traduction de Gicéron que le trait heureusement ajouté à Toriginal par lequel il représentait Andromède se dérobant tristement à la vue de sa mère ;

1. DeNat.rer.U, 143.-2. JUncid. VJ, 640. Voir Fénel.re^Vem.ilv.

CICÉRON. 471

Hanc autem illus'ri versatur corpore propter Andromeda, aufugiens adspectum mœsta parentis.

Un autre épisode mythologique présente le plus frappant exemple de ces développements que Gicéron ajoute librement à son texte. Aratus expliquant (v. 634 et suivants) pourquoi Orion semble fuir devant le Scorpion rappelle, assez sèchement, que Diane, insultée par Orion, dans Tîle de Ghio, fit sortir de la terre entr'ouverte un monstre, le Scorpion, qui tua le téméraire. Gicéron ne reproduit pas ce passage sans l'amplifier ; il décrit complaisamraent l'île et son déchirement subit, l'apparition du monstre et la mort de sa victime. Il y a h quelques vers d'une grande énergie, qu'on a pu rapprocher, dans une cei laine mesure, nonseulement de ceux où Virgile a si bien peint la séparation violente de la Sicile et de l'Italie par une irruption subite des eaux de la mer, ou bien encore l'antre de Gacus s'entr'ouvrant sous la puissante main d'Hercule et, par comparaison, le séjour infernal produit au jour par un tremblement de terre *, mais même du sublime passage d'Homère' si admiré par Longin ', si bien traduit par Boileau, dont le dernier tableau de Virgile est im"té. Rapportons encore, du moins en partie, ce morceau, nous aidant une seconde fois de l'élégante traduction de M. Le Clerc :

.... Diane frappe du pied la terre; l'île s'entr'ouvre, les rochers roulent sur les rochers, le jour pénètre dans les plus profonds abîmes, et il en sort un scorpion monstrueux armé d*un funeste aiguillon : soudain il a blessé l'intrépide chasseur; un poison mortel a coulé dans les veines d'Orion; il expire, et son vaste corps presse la terre de son poids....

At vero pedihus subito perculsa Dianae Insula discessit, disjectaque saxa revellens Perculit, et csecas lustravit luce lacunas; E quibus ingenti exsistit cum corpore prae se Scorpius infestus praeportans flebile acumen.

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