‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 504 sur 513 · JuvénaV Sat. XII, 5G sqq · texte numérisé non relu

JuvénaV Sat. XII, 5G sqq

CICERON

Sed tamen anni jam labuntur tempore toto, Nec cui signorum cedunt, neque flamina vitant, Nec metuunt canos minitanti murmure fluctus.

Est-il trop minutieux de remarquer que ce minitanti murmure a été emprunté par Lucrèce à Cicéron et h tous deux par Horace ? Lucrèce l'a dit du tonnerre dont le bruit n'a pu intimider l'audace de son Épicure :

Quem neque fama deum, nec fulmina, nec minitanti Murmure compressit cœlum...;

il l'a dit de la mer que soulève et fait mugir le vent :

Ita perfurit acri Gum fremitu, saevitque minaci murmure pontus*.

Horace, à son tour, s'en est servi, en parlant du signal belliqueux des clairons que va faire retentir Pollion dans son histoire des guerres civiles :

Jnm nunc minaci murmure cornuum Perstringis aures....*

Cicéron s'est élevé au rang des poètes les plus habiles à décrire dans quelques pas.^ageo de sa traduction des Pronostics, de cette production spécialement descriptive , nous l'avons déjà dit. C'est son défaut; mais c'e^t aussi son mérite. Dédaignée des savants, comme dépourvue d'imporlance scientifique, elle doit être plus favorablement accueillie des littérateurs auxquels elle offre bon nombre de traits fidèlement, vivement exprimés du spectacle de la nature. Ils ont passé heureusement dans les vers de Cicéron et de Varron d'Atax; puis, de là, par cet intermédiaire, dans les vers de Virgile, leur place définitive.

C'est à Cicéron lui-même que nous devons de pouvoir recommander par quelques citations celte partie de son œuvre poétique. Les Pronostics avaient avec les présages de la divination une analogie qui lui a permis de les faire

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