QUINTUS CICÉRO^Î
.... Me ipsum hue modo venientem converlebat ad sese Coloneus ille locus, cujus incola Sophocles ob oculos versibatar; quem scis quam admirer, quam eo délecter. Me quidem ad alliorem memoriam OEdipodis hiic venientis, et illo mollissimo carminé, quaeuam esseiit ipsa hsec loca, requirentis, species quaedam commovit, inanis scilicet, sed commovit tamen.
Le langage tenu à Quint us dans le De Oratore^ doit encore être rappelé; il honore son esprit et son talent, une juste part faite d'ailleurs à la partialité fraternelle.
Ne croyez pas, mon cher, mon excellent frère, que je vienne vous poursuivre pour vous faire des leçons, avec un de ces traités de rhétorique qui vous semblent barbares. Rien en effet n'est plus délicat ni plus élégant que votre diction. Mais soit sagesse, comme votre modtstie a me à le répéter; soit cette pudeur réservée et timide, qui retenait le père de l'éloquence, Isocrate, ainsi qu'il le rapporte lui-même; soit enfin que vous ayez pensé que c'était assez d'un beau parleur dans une famille, et peut-être môme dans une cité tout entière, vous avez toujours reculé devant le rôle d'orateur*....
Cet éloge de grande valeur, décerné par Gicéron : Quld tuapotest oratione subtilius aut ornatius esse, n'est démenti ni par les lettres de Quintus que contient le recueil des Épîires familières'*, ni par son livre De petitione consulatus.
Quant aux Annales qu'il avait chargé son frère * de corriger et de publier, elles ne se sont pas conservées; on n en sait pas le sujet, relatif peut-être à la guerre des Gaules; on ne sait même pas si elles étaient rédigées en prose ou en vers.
L'ambition littéraire de Quintus paraît s'être portée de préférence vers la poésie, la poésie tragique particulièrement. Nous l'entendions tout à l'heure, dans an discours supposé il est vrai, parler en admirateur passionné de Sophocle ; il ne l'était pas moins d'Euripide qu'il cite dans ses lettres et dont les vers sentencieux sont pour lui autant d'axiomes: Ego certe singulos ejus versus singula testitnonia puto. Etait-ce Sophocle ou Euripide qu'il avait imité dans