Eleg,, II, XXXIV
AU TEMPS DE CÉSAR ET d'aUGUSTE.
de la fable ausonienne? Comment y a-t-il, enfin, opéré la conciliation, jusque-là vainement tentée, de la mythologie et de l'histoire, se plaçant au sein d'une époque fabuleuse pour s'ouvrir de là des perspectives lointaines sur les époques historiques et sur les plus voisines, sur l'époque présente elle-même? Comment enfin ['Enéide, expression de Rome, de Rome entière, de la Rome de tous les temps, de celle des Empereurs, des Consuls, des Rois, de celle qu'une merveilleuse origine rattachait, par Albe et' Lavinium, à l'antique Troie, est-elle devenue, pour d'autres que les Romains, un des rares exemplaires de l'humanité? Toutes ces questions, dont la solution est bien favorable à la conception de Virgile et l'élèvent bien au-dessus des petites objections d'une critique vulgaire, je me borne aujourd'hui à les énoncer. Elles sortiront naturellement de l'analyse suivie, de l'étude approfondie que nous devrons faire de VÉnéide, VÉnéide, c'est là proprement notre sujet ; c'est le point culminant de ce cours. Je vous ai dit par quels degrés nous nous y élèverons ; il me reste à vous dire par quelles pentes, riches encore d'aspects intéressants et instructifs, nous en redescendrons.
Car il nous faudra redescendre. Un des plus brillants successeurs de Virgile disait à son œuvre épique :
Ne va pas défier la divine Enéide, suis-la de loin, adore ses traces.
Nec tu divinam iEneida tenta, Sed longe sequere et vestigia semper adora».
Telle devra être en effet désormais, à l'égard de VÉnéide, la situation modeste des épopées qui succéderont ; mais toutes ne s'y résigneront pas de si bonne grâce, si modestement, si humblement.
Après Virgile se rooapt l'union consommée par lui, mais pour un court moment, de la mythologie et de l'histoire. Nous devrons suivre de nouveau l'épopée mythologique, l'épopée historique, dans des voies diverses qui, à des