Stat. Theh., XII
DE LA POÉSIE ÉPIQUE
époques en dehors de notre sujet, aboutissent d'une part à Yalérius Flaccus, h Stace, à Glaudien, de l'autre à Silius Italicus et h Lucain.
L'épopée mytholo[(ique, sans doute en qualité de lieu commun épuisé, est de beaucoup la plus féconde. Elle est riche en Thébaïdes, en Amazonidcs, en Ilerculéldcs, en Théséides, en Achilléides, en Anté- Homériques et Post-IIomcriques, en poèmes sur ï Enlèvement, sur le Retour d'Hélène, sur la Première, sur la Seconde prise de Troie, sur Memnon, sur Anténor, sur Diomcde, que sais-je encore? Elle nous est représentée par une élite d'illustres inconnus, fort célèbres en leur temps et sans doute aussi fort prlorieux, dont pourtant nous ignorerions même l'existence, s'il n'avait convenu à Horace, à Tibulle, à Properce, h Ovide, par amitié, par complaisance flatteuse, quelquefois par malice, de leur décerner le titre de grands poètes épiques. Cela ne doit point surprendre; cela s'est vu dans tous les temps. Il y avait certainement bon nombre de grands poëtes épiques parmi ceux qui faisaient dire à Pline le Jeune* : a L'année a été bonne, notre récolte abondante en poêles : » Magnum proventum poetarum hic annus atlulit. Et nous-mêmes que de grands poëtes épiques n'avons-nous pas connus!
Dans le nombre donc, qui est grand, nous distinguerons suitout Jule Antoine et Valgius.
Jule Antoine, le fils du triumvir Antoine, devenu, par un singulier caprice du sort, l'allié et le favori de l'empereur Auguste; puis, nouvelle révolution, réduit par le fatal éclat de son commerce avec la trop fameuse Julie, à se donner la mort; Jule Antoine, lun des amis d'Horace, que ce grand poète traite en égal, et même en maître, lui renvoyant modestement, comme à un panégyriste plus digne du sujet, la tâche de célébrer le souverain de Rome :
Concines majore poeta plectro Cœsarem. ... *
Valgius, également ami d'Horace, qui, dans une autre de ses odes, l'appelle au partage de la même tâche :