‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 73 sur 513 · Epist., I, 13. — 2. Od., IV, ii · texte numérisé non relu

Epist., I, 13. — 2. Od., IV, ii

AU TEMPS DE CÉSAR ET D'aUGUSTE. 185

Nova

Cantemus Augusti tropœa Cœsaris. . . . '.

ami de Tibulle, qui lui confierait volontiers le soin de consacrer dans des vers dignes d'Homère la gloire de Messala, si toutefois, ce dont on doute, il faut laissera Tibulle le panégyrique de Messala, assez peu digne de lui, où nous lisons ces vers :

Est tibi qui possit magnis se accingere rébus Valgius, aeterno propior non alter Homero *.

Pour ne pas prendre en trop mauvaise part une hyperbole de cette force, souvenons-nous que Boileau ' a écrit :

Sur un ton si hardi, sans être téméraire, Racan pourrait chanter à défaut d'un Homère.

La nouvelle série de poëtes épiques historiens que nous aurons à parcourir nous offrira moins de noms ; mais des noms plus considérables, liltérairenuent du moins, moins de litres d'ouvrages, mais quelques beaux fragments.

Nous lirons les vers sauvés, mais bien imparfaitement sauvés des cendres d'Herculannm, où l'on aime à voir un débris du pcëme composé sur la guerre d'Alexandrie par ce Rabirius, dont Ovide vantait le souffle poétique, magni Rabirius oris\ que Velleius Paterculus plaçait sur la ligne même de Virgile : Maxime nostri œvi eminent principes carminum Virgilius Rabiriusque^.

Virgile et Rabirius! voilà une assimilation qui peut encore surprendre ; mais Voltaire n'a-t-il pas écrit Phidias et Pigale, Raphaël et Vanloo ?

Nous lirons aussi les vers dans lesquels Cornélius Sévérus, auteur d'un poëme sur la guerre de Sicile, la guerre contre Sextus Pompée, a rendu hommage à la mémoire de Gicéron : hommage éloquent et bien méritoire en un temps où tous les ennemis, les envieux, les émules qu'avait lais-

1 Od., II, IX, cf. Saf. I, X, 87. — 2. Eleg, IV, i, 180. - 3. Sat, K. — 4. Ex Pont. IV; XVI, 5. — 5. IJist, u 3è.

DE LA POÉSIE ÉPIQUE

ses derrière lui le grand orateur, le noble citoyen, attaquaient à Tenvi, en toute sécurité, celui qui n'était plus là pour leur répondre, non responsurum invaserunt^ comme dit si bien Quintilien*; un temps où Virgile , Horace , Ovide, croyaient devoir taire ce grand nom, où Virgile n'osait lui décerner, même par allusion, la palme de ï'c- Joquence.

Excudent alii spirantia mollius œra

Credo equidem

Orabunt causas melius*.

Il est des vers que nous ne ne'gligerons pas non plus de lire, ceux où Pedo Albinovanus a raconté, avant Tacite, la navigation de Germanicus dans les fleuves, dans les mers du Nord.

Un fait curieux, mis en lumière il n'y a pas longtemps, parle savant doyen de cette Faculté^ devra ici attirer notre attention. C'est l'apparition, sous Auguste, d'une Pharsale, Mais peut-être l'auteur, le Gotta célébré par Ovide*, moins pompéien que Lucain, n'avait-il pas comme lui fait son be'ros de Pompée, et adopté avec Gaton, contre les dieux, la cause du vaincu.

Quand, par cette revue, nous nous serons acquitté de nouveau envers l'épopée mythologique, envers l'épopée historique, nous nous arrêterons à deux ouvrages d'un genre mixte où s'est reproduite dans un certain degré, à l'exemple de Virgile, mais avec moins d'art, l'union de la mythologie et de l'histoire : poèmes collectifs, si on peut le dire, où les inspirations diverses de l'une et de l'autre épopée se sont rassemblées, résumées, qui en ont offert comme le dernier mot, comme le testament, bien qu'il y ait eu encore après plus d'un codicille.

Tous deux sont d'Ovide, et chacun les a déjà reconnus et nommés ; ce sont les Métamorphoses et les Fastes,

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