‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 74 sur 513 · fxPon^, IV, XVI · texte numérisé non relu

fxPon^, IV, XVI

AU TEMPS DE CESAR ET D AUGUSTE

Dans les Métamorphoses, un dénoûment sans cesse renouvelé, la transformation de personnages mythologiques en quelque objet de la nature sensible, y sert de lien à des fables sans nombre, dont l'ingénieux, l'agréable entrelacement rappelle celui des récits interrompus et repris, entrecoupés, entremêlés de TArioste. Les récits d'Ovide, où souvent le poêle se joue de son sujet, où souvent aussi, s'y laissant prendre, il se montre tour à tour brillant, élevé, éloquent, pathétique, ont pour point de départ l'origine même du monde d'après les traditions, les systèmes cosmologiques des poètes et des philosophes; on croirait encore entendre Lucrèce : ils ont, d'un autre côté, pour dernier terme, l'origine du peuple romain, qui est en même temps celle de la famille des Césars, le tableau rapide des destinées de Rome jusqu'à Gésar et Auguste ; on croirait encore entendre Virgile. G'est entre Virgile et Lucrèce, et comme appuyé sur l'un et sur l'autre, que se présente à ses lecteurs, charmés de son abondance facile, de sa grâce, de son esprit, l'aimable et ingénieux Ovide.

Ge plan, il ne nous a pas laissé le soin de le découvrir; il l'a révélé lui-même dans des vers que tout le monde se rappelle :

Je veux chanter de merveilleuses transformations. Dieux auteurs de ces changements, secondez mon entreprise, et par une chaîne continue conduisez mon poëme de l'origine du monde jusqu'à nos temps.

In nova fert animus mutatas dicere formas Corpora: Di cœptis, nam vos mutastis et illas, Aspirate meis, primaque ab origine mundi Ad mea perpetuum deducite tempera carmen ^

Même combinaison dans les Fastes ^ si toutefois ce mot s'applique bien à une œuvre qui n'a d'autre unité que celle du calendrier romain. Dans ce cadre, trop commode peut-être, trouvent place, selon que les y appelle la solennité de chaque jour, les fables de la Grèce et celles de

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