‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 79 sur 513 · IHn., VII · texte numérisé non relu

IHn., VII

La poésie est morte ou rampe sans vigueur; Le poëte n'est plus qu'un otateur timide, Q'i'un froid historien d'une fable insipide*

Cela s'applique à tous les autres chants du poème : il ne s'y agit pomt seulement d'un chef de bannis en quête d'un refuge, mais de l'antique querelle de Junon et de Vénus; du maintien des arrêts du Destin par la toutepuissance de Jupiter; de l'entremise de divinités secondaires, comme Neptune, Vulcain, Mercure; de divinités subalternes, Éole, Iris, Morphée, Alecton, le Tibre, la Renommée, les Pénates, Faunus, Juturne; ou bien encore des ombres d'Hector, de Creuse, de Poly lore, d'Anchise; de personnages prophétiques, tels qu'Hélénus, Anius, Nautès, la Sibylle. C'est d'oracle en oracle, de révélation en révélation, de prodige en prodige, qu'Énée, à travers tous les obstacles suscités pi*r des dieux ennemis, écartés par des dieux protecteurs, se rend et se fixe en Italie.

Voilà l'histoire de l'établissement d'Enée en Italie devenue une épopée. Mais qu'est-ce qui ^n fait particulièrement une épopée romaine?

C'est, je l'ai déjà montré, le caractère éminemment national de la légende reproduite par le poëte ; c'est encore quelque chose qui appartient de plus près à son art: je veux dire les perspectives ouvertes à tout instant sur l'histoire de Rome, qui, ainsi aperçue, du sein de la fabie, dans une sorte de lointain, devient ce qu'elle n'avait pas encore été pour les prédécesseurs de Virgile, poétique, épique.

Au premier livre et au dernier, et dans l'intervalle, au dixième, le poëte fait prédire par Jupiter consolant les ennuis maternels de Vénus, maîtrisant enfin la haine obstinée de Junon, ou bien, dans le conseil des Dieux, imposant silence à la discorde des deux déesses, leur intimant les volontés du Destin et les siennes, il lui fait prédire les grandes destinées promises à la race d'Enée.

Il fait passer en revue, dans le sixième, par le héros lui-même, ces âmes destinées à revivre, qui doivent ani-

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