Theh., X, 445 sqq
DE L EPOPEE LATINE APRES VIRGILE
leurs poèmes), qui, dis-je, poursuivent en si grand nombre Ja chimère de répopée mythologique.
Celte poursuite stérile se perpétue dans les âges suivants, au temps de Néron , au temps de Domitien, au temps même d'Honorius. En vain la poésie elle-même réclame contre celte redite sans fin des lieux communs de la fable; à force de se renouveler, ses réclamations elles-mêmes sont devenues un autre lieu commun.
On se rappelle les vers par lesquels Virgile, au début du troisième livre des Gèorg>ques, écarte dédaigneusement tant de fables surannées, loin desquelles il veut se frayer une voie vers quelque sujet plus nouveau.
Caetera quse vacuas tenuissent carmina mentes Omnia jam vulgata •
On se rappelle comment Juvénal débute, se révoltant lui-même contre ces banalités qui robsèdent, qui Toppriment :
Semper ego audîtor tantum, nunquam ne reponam Vexatus toties...*?
^ J'ai quelquefois cité ces passages. J'en veux rapporter un autre de sens tout pareil, et qui se place, par sa date, entre eux deux, s'il est vrai, comme on le pense aujourd'hui, que le pcëme de VElna, auquel je l'emprunte, ce poème trouvé dans les œuvres de Virgile, qu'on a attribué à Manilius, à Cornélius Sévérus, à Claudîen, soit d'un poète du temps de Néron, de ce Lucilius auquel Sénèque a adressé ses belles épîtres morales.
Il s'applaudit de chanter l'Etna, qui n'est pas lui-même si nouveau, ni poétiquement, ni même scientifiquement. Il se moque à cette occasion des sujets usés, qu'il évite :
Qui peut ignorer cet âge d'or sur lequel régna paisiblement Saturne?
Aurea securi quis nescit sae:ula régis * ?