V. 3 sqq. — 2. Sat,j I, i, sq . — 3. V. 9 sqg
ET DE l'jÉNÉIDE.
C'est fort bien, mais pourquoi, signalant Técueil, y donner soi-même, et, après tant d'autres, décrire aussi l'âge d'or? Passons donc cette description, et arrivons à ce trait heureux renouvelé par Juvénal :
A personne il n'a été donné de mieux connaître son propre temps.
Non cessit cuiquam melius sua tempera nosse '. Juvénal a dit à son tour : ^
Nul ne connaît sa maison aussi bien que m*est connu le bois sacré de Mars.
Nota magis nulli domus est sua quam mihi lucus Martis •.
L'énumération moqueuse continue :
Qui s'est tu sur les antiques combats des vainqueurs de la Colchide? Qui n'a pleuré Pergame, mise par les Grecs sur le bûcher, l'inconsolable mère de tant de fils immolés, la retraite du jour devant un odieux forfait, et ces dents jetées dans la terre comme une semence? Qui n'a blâmé la periidie de la nef infidèle, et plaint la fille de Minos abandonnée sur un rivage désert ? Vieux sujets que les vers ont tant de fois emnruntôs à la fable.
G!est sur ces vieux sujets, sans rapport aucun avec les préoccupations de la pensée romaine, dont le public était dès longtemps fatigué, excédé, que toutes les ressources de l'art ne pouvaient désormais rajeunir, qui condamnaient inévitablement ou à la répétition servile d'inventions et de iormes usées, ou à la recherche de nouveautés périlleuses; c'est sur de tels sujets que, parmi tant de poètes auxquels ils ont eu la fortune de survivre, Valérius Flaccus, Stace, Claudien, consumèrent sans fruit leur talent. Sans fruit, non pas pour le succès du jour, qui ne leur a pas manqué, mais pour la gloire durable. Ce qu'on y cherche aujour-