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Poésie latine.
DE l'Épopée latine après virgile
ET DE L ENÉIDE
d'hui, ce que nous devons y chercher, c'est moins quelques traits heureux que les traces trop visibles de la décadence du goût. Nous verrons l'œuvre poétique de Virgile, formée par l'industrieux assemblage de tous les mérites de la composition et du style, se défaire pièce à pièce, et nous trouverons à la place l'énergie tourmentée et l'expression dure de Valérius FJaccus, la surcharge mythologique, l'intempérance descriptive, l'enflure, la recherche de Slace, l'élégance, l'harmonie, la pompe, froides et monotones de Glaudien.
Dans cette décadence, il nous semblera que l'histoire a inspiré plus heureusement la muse épique des Romains. Je me hâte de dire que je n'entends pas parler de Silius Italiens, qui, dans sa Guerre punique, a marqué avec bien de la faiblesse la réaction d'un goût meilleur; qui, traducteur timide des récits de Tite-Live et de Polybe, a, par une étrange erreur de goût, appliqué à leurs sévères réalités la machine merveilleuse de VÉnéide. Il admirait, il adorait Virgile ; mais il ne le comprenait pas assez pour sentir que Faction personnelle des dieux sur les affaires humaines, admissible dans la querelle d'Énée et de Turnus, ne l'était pas autant dans celle de Scipion et d'Annibal.
Que d'exemples nous offrira son poëme de ce travestissement ridicule de la vérité historique en fable épique! Gitons-en seulement quelques-uns :
Annibal est blessé au siège de Sagonte. C'est Jupiter qui aide k la direction du trait retiré de la blessure par Junon*.
A Cannes, Annibal prend ses dispositions pour que le Vulturne aveugle de poussière les yeux des Romains, C'est Éole qui, à la prière de Junon, a fait souffler le Vulturne*.
L'armée carthaginoise s'amollit à Capoue. C'est Vénus qui l'a amenée où l'on a tant reproché à Annibal de l'avoir conduite •.
1. Punie, I, 535-562. —2. Ihid.j IX, 491 sq(J, 3. Ibid., XI, 385.
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perdue, quand, sous Honorius, Glaudien, célébrant un évé- Dement contemporain, la Guerre de Gildon, ouvrait son poème par un conseil de l'Olympe, où Rom; et l'Afrique IZTrir'T ^^^^,°t .Jupiter pour y porter plainte contiment Mauritanie, et réclamer son châ-
Ainsi n'ont point fait quelques poètes du siècle d'Aufiuste, Gornéims Sévérus, Pedo Albinovanus, Rabirius qui ont traité, avec Ja seule inspiration de l'histoire, à ce qu 11 semble, des sujets historiques. On peut le conclure
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Ainsi surtout n'a pas fait Lucain; nous pourrons le dire avec plus de certitude, d'après son pcëme resté entier et qui compte parmi les grands monuments de la poésie latine
Pas plus qu eux, Lucain n'a pu songer à faire ce que ui interdisait, comme à eux, la date récente de son sujet. Les divinités mythologiques ne pouvaient avoir de rôle auprès de ces personnages de la Pharsale, épicuriens pour la plupart qui n y croyaient pas ou les croyaient indiiférentes aux choses de ce monde; auprès du stoïcien Gaton, qui dans un admirable discours, nie qu'elles habitent des sanctuaires terrestres, et retire à leurs oracles la conduite des actions de l'homme pour la remettre entière à sa conscience*. ""
La Pharsale ne manque cependant pas de merveilleux Elle en a de plus d'une sorte.
Elle a le merveilleux des souvenirs. Lucain conduit Gésar
aux ruines de Troie, où il implore, avec le langage d'une
01 ofhcelle, ces dieux auteurs de sa race, garams de sa
uture puissance qu'un jour chantera Virgile.- où il évoque
es ombresdes héros d'Homère, ces ombres qui doivent
tant aux poètes, multum détentes valibus umbras*
Elle a lo merveilleux de cette religion des Druides que