‹ Etudes sur la poésie populaireChapitre 9 sur 10 · LES FÉES DE JAILLOUX · texte numérisé non relu

LES FÉES DE JAILLOUX

Il m'est arrivé de parler quelque part des Sauvageons. Mais je n'ai pas tout dit, je ne pouvais tout dire. J'étais tenu par un serment. Ce serment, j'en ai été délié, comment, par qui, peu vous importe. Je suis libre, et j'en profite.

Les Sauvageons, on le sait, on l'ignore plutôt, sont de très vieilles fées qui habitent, de temps immémorial, la forêt de Jailloux, une de ces vastes et sombres forêts de sapins, seul reste, en notre France moderne, du passé défunt, profondes comme des cathédrales, belles comme le silence, l'amour et la nuit.

Ah ! pauvres, pauvres petites fées !

Il fut un temps où elles étaient belles, où l'amour fleurissait au vent de leurs robes légères, où les roses naissaient sous leurs pieds charmants.

Maintenant, courbées par l'âge, tremblantes, grelottantes, ridées à faire peur, ridicules comme une mode finie, elles ont peine, en dépit de leurs bâtons, à se tenir sur leurs maigres jambes. Parfois, à la nuit tombante, quelque impitoyable curieux, embusqué derrière un fourré, a pu entrevoir, sous les haillons qui les couvrent, leurs grêles épaules, si fraîches au temps des cheveux blonds, leurs seins flétris qui jadis furent si tentants, leur nudité lamentable. Ah ! tout est bien fini. Adieu, adieu, la claire

lumière ! Souveraines déchues sans retour, leurs traînes de fleurs se sont effeuillées aux mains de pages qui ne sont plus.

Et il leur faut se cacher, fuir tous les yeux. Notre monde est si beau, si pur, si noble, si vertueux, si idyllique î Elles feraient tache en ce tableau. Le soleil d'aujourd'hui ne saurait supporter leur vue. Passe encore pour la lune. Elle est bonne fille; elle a, dit-on, de mauvaises fréquentations.

Certes, elles auraient pu, comme tant d'autres de leurs sœurs, moins vaillantes, changer de visage et jouer à la Vierge noire. Elles n'ont pas voulu.

Elles ont préféré fuir à jamais ce monde nouveau qui les repoussait, se terrer en plein bois, renoncer au jour. Jailloux s'est trouvé tout à point pour les accueillir.

Rien n'est bon comme une forêt, quand elle a du cœur. Celle-ci, sauvage, rude et franche, est restée un peu païenne. Jamais elle ne trahirait qui lui demande abri. Elle protège l'exilé, le proscrit, le malheureux, les berce avec la chanson des brises. Elle a, dans les yeux, un peu de leur songe mélancolique.

Elle n'est pas gaie ; elle ne sait pas sourire. Les oiseaux la fuient. Tout le jour elle sommeille, impénétrable, et les vieilles fées qu'elle héberge dorment aussi, j'imagine, les bras enlacés, bien serrées l'une contre l'autre, comme pour étayer leurs mutuelles faiblesses. Quand on n'a pas le cœur à la joie, le sommeil est encore la seule, la divine consolation. Quels rêves étranges s'épanouissent alors en leurs âmes dolentes ? Qui pourrait le dire ? Elles n'ont confié leur secret à personne.

Mais voici que le dernier Angélus de village s'est envolé, au loin, dans l'air du soir. Un souffle a passé, un souffle précurseur et donneur d'avis. Quelque chose approche, on le sent, qu'on attendait et qu'on n'ose nommer. Aucun bruit cependant. Pas une lueur dans la nuit qui tombe. A peine, par instants, la lourde envolée d'une chouette aux ailes pesantes à travers le fouillis des arbres ; à peine, une seconde, l'éclair, presque sinistre, de ses gros yeux ronds. La forêt se recueille. Il semble que ce soit toujours l'éternel royaume du sommeil et de la mort, et tout à coup...

Tout à coup un flot de lumière inonde les sapins géants. 0 merveille ! c'est la lune, la douce et mystérieuse lune ! Salut à l'enchanteresse !

L'oiseau du silence, très doucement, s'est mis à chanter, et le vieux Jailloux se transfigure. Les fleurettes épuisées redressent leur tête. Des musiques lointaines, des musiques berceuses glissent sur l'aile du vent. Partout des gouttes de clarté. Mille étincelles volent d'arbre en arbre, jouant autour des branches, et c'est comme l'illumination d'un palais magique. Une féerie blanche, un rêve d'argent !

Çà et là passent des formes vagues, comme d'amoureux qu'on ne reverra plus. Des danses s'ébauchent au fond des clairières. Pour un moment la nature proscrite a repris ses droits. Une chaude haleine court sur le monde. Va-t-il s'embraser?

Qui sait? L'ennemi, celui qui vint en habits de deuil, un cilice au dos, la croix sur l'épaule, le roi des tourments, le maître des larmes, le prince d'angoisse, peut-être à son tour...

Mais non. L'heure n'a pas encore sonné. Sonnerat-elle? Qu'importe? La lune est levée, les bonnes

étoiles luisent là-haut, la nuit étincelle, la nuit blanche et verte ! Ah! si elle pouvait toujours durer !

Et, couronnées de feuillage nouveau, les trois vieilles sœurs, se tenant par le bout des doigts, tournent en rond sur un vieux rhythme, un rhythme si vieux que personne ne s'en souvient plus. Elles marmottent tout bas, n'ayant plus de dents. Elles disent des mots dont elles-mêmes ne connaissent plus le sens, elles profèrent des incantations qui n'ont plus d'effet. En vain ont-elles invoqué l'antique Adonis, le bel éphcbe, aux yeux plaintifs, qu'elles "enterrèrent jadis de leurs propres mains. Il n'a point surgi, et tout de même elles sont heureuses — d'un éphémère et triste bonheur.

Car à l'horizon teinté de lait et que fleurissent des roses imaginaires, elles ont aperçu le décor ancien où voltige encore l'àme de leur prime enfance. Que de souvenirs, et si délicieux ! Elles ont connu Mélusine, elles visitaient Viviane et Merlin, elles étaient aux noces de la Belle au bois dormant. Voici les ponts-levis qui s'abaissaient devant elles, au son des fanfares, quand elles allaient, en quelque château, doter une princesse de grâce, de vertu et de beauté. Voici les châtelains qui les imploraient, les reines qui baisaient leurs mains, les courtisans qui se traînaient à leurs pieds, et, sait-on? peut-être aussi le diable qui portait leurs queues. Quoi encore? Les grottes de nacre et d'azur, les étendards qui claquent au vent, les chœurs célestes, les victuailles sans nombre. Que tout cela est loin ! C'est à n'y pas croire.

Soudain trois notes stridentes, le chant du coq. Tout s'est éteint. Plus qu'une aurore pâle, lâche, timide, honteuse de se montrer. C'est le réveil de l'homme. Adieu la féerie! Endormez vous, belles!

Encore si, proscrites, elles parvenaient à se faire oublier ! Mais la méchanceté humaine, toujours à l'affût, n'a cessé de les poursuivre depuis que s'est envolé en fumée l'empire féerique.

L'une d'elles avait un enfant, né de quelle extraordinaire rencontre, on ne l'a jamais su. Bien qu'issu d'une race maudite, élevé si tristement, il n'eut rien de l'espièglerie de son âge, il se plaisait à courir, en plein jour, sur la cime des plus hauts sapins. Des bûcherons l'aperçurent : — Comment faire, direntils, pour l'attraper? — Voici, répondit le plus malin de la bande, nous clouerons des souliers rouges sur le tronc d'un arbre. L'enfant mettra ses pieds dedans, il n'en pourra plus sortir, nous le prendrons bien vite !

Ah ! petits souliers rouges, que d'âmes vous avez perdues !

On fit comme on avait dit, et la pauvre alouette se prit au piège. Songez donc. C'était si tentant, ce joli rouge dans le vert des branches ! Et justement, ce jour-là, venait de se lever un soleil de mai, le plus galant, le plus aimable, le plus folichon du monde. A la tendre lueur du jour naissant, l'objet frétillait, scintillait, semblait danser. L'enfant sauvage le regarde longtemps, de loin, émerveillé. Il approche, recule, s'approche de nouveau, s'enhardit enfin, passe un pied, puis l'autre. Crac ! il est saisi.

Les bûcherons, tout fiers de leur capture, le portèrent chez la mère de l'un d'entre eux, la femme Juvanon, si j'ai bonne mémoire. Je n'ai pas entendu dire qu'il fût maltraité. Nos paysans sont un peu brutes, point méchants au fond. Même ils ont bon cœur. Mais ce petit les inquiétait.

Pas un cheveu sur la tête, pas une rose sur la joue. Jamais un sourire. On eût dit un vieux.

Il restait de longues heures devant l'âtre à regarder fixement la marmite aux pommes de terre, à renifler bruyamment la vapeur de l'eau bouillante. On voulut savoir d'où il venait, quel était son âge, le nom de ses parents. On n'en put rien tirer. Il ne se plaignait pas. Jamais il n'essaya de fuir. Mais ces gens ne l'intéressaient en rien. 11 les trouvait bêtes.

Une seule fois on réussit à le distraire. C'est quand Pierre-les-Dimanches, qui était un loustic, mit cuire sur le feu je ne sais combien de coquilles d'œufs, vides, bien entendu.

L'enfant dit d'un ton plein de gravité :

J'ai trois cents jours, j'ai deux mille aus. Jamais n'ai vu tant dtupains blancs.

Puis il esquissa une prodigieuse grimace et retomba dans son éternel silence. Ce sont, je crois bien, les seules paroles qu'on l'ait entendu prononcer. Elles suffisent toutefois à démontrer qu'il n'était pas muet, comme l'ont avancé témérairement des personnes mal informées.

Au reste, rien ne le tentait, ni la bouillie de maïs, ni les gaufres, ni les imdafans. Un jour, pour lui délier la langue, on lui offrit de l'eau-dc-vie blanche. Il n'y voulut point goûter, ce qui parut étrange, scandaleux, presque diabolique. Sa douceur n'en était pas moins merveilleuse. Il ne parlait pas, telle était apparemment sa fantaisie. Mais il ne gênait personne, se montrait docile, obéissant, et même, à l'occasion, rendait service. Cependant il ne voulut jamais s'astreindre à balayer la maison.

Je suppose qu'il n'aimait point trop la femme Juvanon. Bonne femme au demeurant, elle jurait toujours, avait toujours la goutte au nez. Ce n'était pas du tout une âme féerique. Sa seule amitié, si tant est qu'il en eût quelqu'une, était pour les mouches et les araignées; il les appréciait beaucoup.

Le chant du crapaud, si exquisement mélancolique, lui était également agréable. Il avait en singulière estime le délicieux musicien, et l'eût volontiers fréquenté. Quand la lune se levait lentement derrière l'épaisse et frissonnante forêt, il ne manquait pas non plus de lui adresser un regard reconnaissant.

Pourtant cela ne pouvait durer. Depuis longtemps l'enfant de la fée perdait ses forces. Chaque matin, au lever, le trouvait plus pâle. A grand'peine pouvait-il encore se traîner jusqu'à la radieuse marmite aux pommes de terre, autour de laquelle tournaient ses rêves. Ce qui devait arriver arriva. Il mourut.

Il est mort, mort de tristesse, le cœur bien gros, l'enfant cocasse, ridé, exsangue, qui ressemblait à un petit vieux, l'enfant sans cheveux, aux souliers rouges, qui n'a ri qu'une fois.

On n'osa pas l'enterrer en lieu saint. On l'enfouit sans façons, avec ses souliers, au pied d'un grand sapin, lequel? tout le monde l'a oublié. Il n'y a que la lune qui s'en souvienne, la lune, et peut-être le vent.

Et pendant que de grossiers rustres se jouaient du descendant d'une si noble race, comme ils eussent fait d'un singe ou d'un perroquet, les trois

EN BUCiEY

vieilles sœurs pleuraient en silence celui qui, seul, faisait leur pauvre et dernière consolation. En vain elles l'ont appelé, en vain elles l'ont cherché au carrefour des trois routes où jadis, tapi dans l'herbe, il aimait à éj)icr le premier rayon de l'aurore. Elles ne le re verront pas, l'enfant de leur âme, l'enfant jaune et sans sourcils.

Hélas ! ce n'est pas tout. Voici le plus terrible. Un arrêt inexorable condamne les malheureuses à assister, chaque année, à la messe de Pâques. Elles ne sauraient s'y soustraire. Car la main divine est sur elles, et leur vieux enchantements ont perdu leur pouvoir.

Ah! ce jour-là, quelle angoisse! Cloches de la montagne, cloches de la plaine, toutes sont en branle, chantant joyeusement : « Le Christ est ressuscité. » Les haies commencent à verdoyer. L'air, rajeuni, est d'une infinie fraîcheur. Un parfum d'alleluia vole sur toute chose.

Cependant les maudites s'apprêtent, en grinçant des dents. Coquettes encore, malgré leur décrépitude, car elle restent femmes, elles voudraient, si peu que ce fût, réparer l'outrage des ans, faire un brin de toilette pour le douloureux chemin du supplice. Mais quoi! elles ne savent pas coudre... pas plus que prier.

Par les sentiers les plus détournés du bois, retenant d'une main leurs oripeaux fanés que le vent échevèle, frôlant les oiseaux de nuit, elles se hâtent pour être là-bas, au premier coup de V Angélus. Parfois elles tombent dans les broussailles. Une force inconnue les relève, les pousse en avant. Sur la grande route elles se font toutes petites, toutes peti-

tes, pour qu'on ne les voie pas ; elles glissent plutôt qu'elles ne marchent.

Voici enfin, avec son aspect rébarbatif, la sombre église qui tient de la grange et de la forteresse. Heureusement le jour est à peine levé. Il n'j^ a pas encore grand monde à l'entour. Seulement quelques curieux, au nez futé, debout de grand matin, qui guettent l'arrivée des Dames en devisant sur leur origine. L'opinion générale est que ce sont de très vieilles personnes d'un pays voisin, un peu toquées. Mais nul ne pourrait dire où elles habitent, et cela intrigue. Quelques-uns n'hésitent pas à les croire fées. D'autres, en se signant, murmurent : « Ce sont les trois filles du diable. Voyez plutôt. Elles ont le pied fourchu. » A leur vue chacun se tait ; on se borne à ricaner un brin de leur accoutrement. Et bien vite elles vont se blottir au coin le plus secret de la nef, derrière un pillier, le plus loin possible du Chemin de la Croix qu'elles ne peuvent voir sans frissonner, bien que, depuis tant d'années d'expiation, elles en connaissent les détails les plus révoltants.

L'église s'emplit peu à peu, le prêtre monte à l'autel, l'office commence. Et c'est, sous la basse et lugubre voûte qu'éclairent à peine de minces fenêtres en lucarne, comme un large souffle de victoire qui emporte tout.

0 filii et fîliœ, Rex cœlestis, rex glorise...

Les chants éclatent ; la joie déborde. Qu'elle retentit douloureusement au cœur des proscrites ! N'est-ce pas leur défaite irrévocable que célèbre cet

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hymne insultant ? Cette foule si gaiement endimanchée n'est-elle pas venue pour triompher de leur humiliation ? Déjà on les a remarquées. On se pousse malignement le coude, on les montre du doigt. Il y a des chuchotements étouffés : « Les vieilles, les fées, les demoiselles ! « Et d'espiègles jeunes filles ne peuvent s'empêcher de rire.

Elles, pourtant, se lèvent machinalement à l'évangile, s'inclinent à l'offertoire, s'assoient quand il convient. Quant à tremper leurs mains dans l'eau bénite, à faire le signe de la croix, ce serait trop leur demander.

Et elles tremblent, elles tremblent. Quand, par hasard, l'officiant jette un regard de leur côté, on dirait qu'elles vont défaillir. C'est qu'elles doivent en avoir lourd sur la conscience. L'abbé Garnerans qui a confessé la plus vieille des trois est mort d'avoir entendu cette confession. Il n'a pu la révéler, et c'est grand dommage.

Mais la lie du calice reste à boire. En vain les sœurs tremblantes ont-elles attendu que la foule des fidèles se fût écoulée lentement. Il leur faut bien sortir, et au dehors on les réclame à grauds cris. La place de l'Eglise est toute grouillante :

« Ohé les vieilles ! Ohé les sorcières ! » Comme toujours, les plus acharnés sont ces braves qui se sont bien gardés d'affronter la messe, mais ont causé, sous le porche, pendant l'office, de leurs petites affaires, ou sont allés tranquillement boire un verre au cabaret d'en face. Car c'est leur manière à ces bons chrétiens d'adorer Dieu, et leur dévotion les altère fort.

Soudain : « Les voilà ! les voilà ! » Et le tapage redouble. Les femmes se signent, les enfants lancent

des pierres, les chiens aboient : « Regardez-moi ces vieilles folles. Des robes de gaze avec des fleurs ! A leur âge!... C'est honteux! — On voit leur peau. Jolie, ma foi ! — Eh ! traînées, dévergondées ! Houp, houp ! Filez d'ici, et plus vite que ça ! »

Dérision ! Elles qui charmèrent tant de cœurs et qui furent si fraîches, se voir en face de ces gens de rien, humbles, piteuses, décharnées, laides à faire peur, les seins lamentables, le nez branlant, la bouche branlante, le menton branlant !

Où sont les anciens baisers ?

Et tout à l'heure, quand chantait le grêle harmonium rustique, il semblait qu'une réconciliation ineffable se fît entre le ciel et la terre. Toute injure était oubliée, tout grief avait cessé d'être.

Mais elles, les pestiférées, ne devaient avoir aucune part au festin qui s'apprêtait. Elles ne sont pas de la famille. Elles n'étaient là que pour faire ombre au tableau.

L'eau du pardon n'a pas coulé sur leurs fronts ridés. Elles n'ont pas entendu le mot qui déhe.

Elles ne l'entendront jamais. Rentrées en toute hâte, pauvres animaux pourchassés, dans leur forêt familière, de plus en plus vieilles, de plus en plus faibles, mornes, le front dans les mains, elles attendront la mort, et la mort ne vien^lra pas. Elles sont immortelles comme la passion et le désespoir.

Au jour terrible, au jour de colère, elles comparaîtront devant le Souverain Juge, elles n'auront même pas la force de maudire. Leur jugement depuis longtemps est prononcé ; leur sort est fixé d'avance. Elles iront bouillir au puits d'enfer pour avoir

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élétrop belles, avoir trop aimé. Elles auront tant souffert en ce monde que le feu éternel leur sera comme une délivrance.

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