‹ Études sur la PologneChapitre 10 sur 11 · TEMENT SERAIT LE SIGNAL D*UNE EXPLOSION TOUJOURS · texte numérisé non relu

TEMENT SERAIT LE SIGNAL D*UNE EXPLOSION TOUJOURS

si la révolution a été la conséquence du recrutement, ou si c'est le recrutement qui a élé nécessité par la révolution.

« 11 n'est pas besoin de posséder une dose exceptionnelle de pénétration pour apercevoir le travail révolutionnaire qui depuis plusieurs années prépare le bouleversement de l'Europe et choisit chaque printemps pour l'échéance de ses entreprises.

« Ce travail a été déjoué jusqu'à présent par différentes circonstances qui tiennent à la politique générale. Mais rien ne Ta découragé. Pour ceux qui vivent du désordre, le maintien de l'ordre est un suicide qu'on ne peut évidemment pas attendre de leur bonne volonté.

« Le devoir des gouvernements était donc de se montrer aussi infatigables pour la défense de la société que le sont ses implacables adversaires.

« La Pologne était l'un des principaux foyers de leur activité; Us trouvaient dans les passions d'un patriotisme et de convictions religieuses faciles à égarer parmi des populations généralement peu éclairées, tous les éléments d'action que recherchent les artisans des révolutions. Ce qu'il fallait avant tout aux chefs, c'était une armée du désordre. Grâce aux ressources qu'un régime de terreur, emprunté aux traditions les plus sauvages du moyen âge, extorquaient à la majorité paisible mais inerte et timide des habitants, cette armée a été facilement recrutée. La populace de Varsovie et des principales villes du royaume, démoralisée comme l'est celle de toutes les grandes cités, la classe de la petite bourgeoisie et de la petite noblesse, qui a en Pologne une physionomie tout à fait à part, offraient au comité d'action cet élément bien connu dans tous les pays qui ont subi des crises ^ révolutionnaires, c'est-à-dire une masse d'individus ayant tout à gagner et rien à perdre au désordre.

„ « Si l'on voulait déjouer et paralyser cette ténébreuse entre-

« ajournée... La tête est insaisissable, grâce à « l'abri qu'elle trouve au dehors; c'était le bras « qu'il fallait atteindre, les armes qu'il fallait « saisir, les instruments qu'il fallait rendre « inoffensifs. »

Ces aveux ne viennent-ils point confirmer sur

prise, ee n'était donc point à la tête qu'il fallait la frapper.

La tète est insaisissable, grâce à l'abri qu'elle trouve au dehors ; c'était le bras qu'il fallait atteindre, les armes qu'il fallait saisir, les instruments qu'il fallait rendre inoffensifs.

« C'est ce qu'a fait le gouvernement russe.

• Nous ne contestons nullement que la mesure qui a fait peser le recrutement sur la populace des villes, en exemptant la population des campagnes, ne soit une mesure anormale.

« Mais avant d'exiger du gouvernement une stricte légalité qu'il ne demanderait pas mieux que de pouvoir observer, il faudrait d'abord veiller à ce que les attaques contre lesquelles il est appelé à se défendre ne sortissent pas de la voie légale.

« Un mot profond a été dit dans un autre pays à une époque de crise : « La légalité nous tue. » Si ce mot était vrai de la part d'nn gouvernement qui n'avait devant lui qu'un ennemi intérieur, il doit l'être à bien plus forte raison pour un gouvernement dont la tâche est de protéger le pays contre des agressions venues du dehors.

« C'est ce qu'oublient trop les publicistes doctrinaires épris de légalité. Ils ne songent pas à la position exceptionnelle que fait au y gouvernement russe cette conspiration permanente ourdie à l'étranger, couverte d'une protection qui la rend insaisissable, pouvant en toute sécurité traîner ses complots, agiter, bouleverser, pervertir le pays, sans s'exposer à aucune des conséquences qu'entraînent partout ailleurs les entreprises révolutionnaires.

« C'est bien le moins qu'attaqué de cette sorte , le gouvernement ) russe ait la faculté de désarmer chez lui un agresseur qu'il ne peut rencontrer face à face.

« La mission que s'est donnée le gouvernement russe est de récon- \

cilier deux peuples issus de la même famille, séparés par les fatalités

tous les points le jugement de l'opinion publique sur le fameux décret concernanl le recrutement? La Russie elle-même reconnaît ce qu'il y avait d'anormal dans le recrutement qui pesait lourdement sur les villes en ménageant les campagnes ;

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