L. Bréhier, Art chrétien, p. 269 sq
La TRANSCHII'TION Hr)MANFSQUR I 1 I
Planons et vices. — Comme le joui, U* hoIciI, la ciarl<i tymtx)lisent Diiu, lu miit symbolise le Di.iMe, le» êtres infernaux. C'est là lin symbole peut-être aussi ancien cpic la |x-nHée relifçietisc clans l'humanitr ; mais ee (jui est partie ulier aux écrivains (h rétiens, c'est r.i|)|>li< .ition (pTils en font inix formes déterminée* que leur religion donne au mal moral. La nuit, ce n'est pas seulement le Diable *. c'est l'état de péché, la vie du pécheur ■, du faux chrétien ^.
Par suite la couleur noire sulTit à indiquer les choses et les êtres (li;ib()li([ues, comme le blanc est la couleur céleste. Le diable, prenant l'apparence d'une femme, est amené par une nef noire, etc., etc.. Symbole plus commun encore que le précédent, et qui foisonne dans la littérature religieuse.
Une autre inia^^e traditionnelle de Satan, reprise par la Quesle, c'est le Serpent. Depuis la Genèse, cette image a été si employée qu'elle avait perdu presque tout sens concret. Les mots serpens aritiquus ii'étaient plus qu'une locution pour dire le Diable. Les mystiques rendent à cotte locution quelque substance. Pour eux tous les reptiles sont des figures du diable *.
A propos du serpent de la Qiiestc un détail est à noter. Bien qu'il ne soit pas décrit méthodiquement, on voit qu'il vomit du feu, qu'il a des oreilles, des ailes, qu'il est une « beste de l'air » ^ On reconnaît là le dragon fantastique si souvent représenté au Moyen Age. Il n'est pas particulier à l'auteur de la Qiteste de lui donner le nom de serpent. La Bihle ntoralisee, en face du verset Si mordeat serpens ^, contient une miniature où le « serpent » est représenté tout à fait comme dans la Queste : il a des oreilles pointues, des pattes griffues et des ailes "^. C'est là vraisemblablement encore une circonstance où les créations de l'art ont donné une forme précise aux rêves indéfinis des clercs.
Avec le serpent commence la série des symboles animaux, qui fait pendant aux animaux SNinbolisant le Christ. L'un des plus habituels en ce temps, et des plus employés par la Queste, c'est
1. s. Greg. Magn., Patrol, LXXV, 641, 644. Raban Maur, ibid., CXII, 1007.