‹ Études sur la Queste del saint graal attribuée à Gautier MapChapitre 104 sur 150 · Mélyant ; Sommer, VI · texte numérisé non relu

Mélyant ; Sommer, VI

Albert Pauphilet.

La représentation symbolique des vices ou des péchés capitaux se confond en quelque manière avec celle des démons. Notre auteur n'en fait pas d'ailleurs grand usage. Et il est remarquable qu'il évite les personnifications des Vices et des Vertus, inspirées de la Psychomachie de Prudence, et si répandues dans l'iconographie romane. Etait-ce, pour cet esprit subtil, un symbolisme trop commun et trop transparent ? Quoiqu'il en soit, il n'a guère symbolisé que l'orgueil et la luxure.

L'orgueil, à plusieurs reprises, est signifié par un grand cheval (aventure de Mélyant, vision de Gauvain, Hector à Corbenic). Un tel symbole, bien qu'il ne paraisse pas avoir été employé par l'iconographie, n'était pas inconnu des clercs. « Les chevaux « sur lesquels les âmes des morts apparaissent quelquefois mon- « tées sont des diables, et leurs cavaliers sont des âmes en peine, « chargées de péchés ; les armes et les boucliers qu'elles ont l'air (( de porter, ce sont en réalité leurs propres crimes, qui les écra- « sent... Il est vrai que le cheval est un animal orgueilleux et fier, « qui aime les rivalités et la guerre, les coïts ardents et les désirs « sans frein. Les diables déguisés en chevaux signifient que « leurs cavaliers s'étaient complu à de tels péchés ^. »

La luxure est représentée par le feu, la brûlante chaleur (la fontaine bouillante refroidie par Galaad « por ce que en lui n'avoit « onques eu eschaufement de luxure »). Enfin, c'est encore la luxure qu'il faut voir, croyons-nous, dans la lèpre dont une pécheresse est atteinte (épisode de la mort de la sœur de Perceval ^). L'opposition de la lépreuse et de la pure vierge qui meurt pour elle semble attester cette interprétation. D'ailleurs la lèpre du corps, selon les gloses, est l'image de la luxure ^,

Il faut rapprocher des symboles des démons et des vices ceux qui représentent soit les mauvais penchants de l'âme, soit l'état du pécheur, Ainsi veut-on indiquer qu'un homme va succomber au péché, on le montre saisi par le sommeil : « H bons forvoie .. « quant il s'endort ». En effet, le sommeil, dit Raban Maur, signifie la négligence, « torpor negligentiae » *-^.

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