‹ Études sur la Queste del saint graal attribuée à Gautier MapChapitre 119 sur 150 · Ot>. cit., p · texte numérisé non relu

Ot>. cit., p

2. Dans le Lancdot en prose, il est dit que le vrai nom de Lancelot est Galaad (Sommer, III, 3 ; IV, 176). Cf. F. Lot, op. cit., p. 119- 120 (idée dont il n'y a d'ailleurs pas trace dans la Queste). ^n outre il y est fait mention d'un Galaad fils de Joseph d'Arimathie, qui devient roi éponyme de Galles (Sommer, III, 117, etc.). UEstoire conte la vie de ce Galaad I^"" dont elle fait l'ancêtre non pas du Galaad de la Queste, comme on s'y attendait, mais du roi Urien et d'Yvain « l'Avoutre » (Hucher, III, 275). Enfin la Questd elle-même connaît ce Galaad P*", dont la tombe est voisine de celle de Siméon (Sonmier, VI, 186).

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de la Bretagne par des « lignées » venues de Palestine, un rapprochement se fît entre Galles et Galaad, rapprochement favorisé peut-être par l'existence antérieure de noms comme Galehaut. Il était naturel que ce conteur en vînt à retrouver le nom d'un personnage hébraïque dans celui de la contrée celtique, et qu'il imaginât par suite et la légende d'un Galaad, roi éponyme de Galles, et la persistance de son nom en Grande-Bretagne. Ce nom attesterait ainsi la rencontre des deux sources d'inspiration celtique et biblique, qui se mêlent dans plus d'un conte du Graal.

Mais pourquoi ce nom a-t-il été donné précisément au héros de la Queste ? On en a cherché les raisons dans la Bible, conféré tous les versets consacrés aux divers personnages qui l'ont porté ; on a même rappelé le chapitre de la Genèse qui en donne le sens étymologique ^, et, au bout de ces recherches, M. F. Lot a conclu avec raison : « On ne voit pas comment l'auteur a pu « tirer de là que Galaad doit être le nom du pur des purs ^. » Non, nos yeux du xx® siècle ne voient pas, ne peuvent pas voir cela dans la Bible. Inutile de nous demander avec Heinzel ^ et M. Douglas Bruce *, si c'est le Galaad des Juges ou celui des Nombres, le père de Jephthé ou l'arrière-petit-fils de Joseph, qui a inspiré l'auteur de la Queste. C'est l'un et l'autre, en tant qu'ils ont contribué à la notoriété du nom, et ce n'est proprement ni l'un ni l'autre, en dépit des analogies de détail qu'on peut toujours trouver. Quand on veut comprendre vraiment le sens des emprunts faits à la Bible par les hommes du Moyen Age, il ne suffit pas de se reporter au Livre Sacré : il faut demander aux commentateurs comment ils comprenaient ce Livre.

Interrogeons-les donc ; demandons-leur ce qu'est Galaad. Ils nous répondent : Galaad peut s'entendre comme un nom historique, géographique, et, comme dit la Queste, « et encore qui « vuelt puet bien l'entendre en autre manière » : Galaad est aussi l'un des mots mystiques qui désignent le Christ. Ainsi l'expliquent Isidore de Séville, et Walafrid Strabon, et Bède le

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