Luc II
4. Mâle, Art relig. XII I^ s., p. 219 (4« éd.). 5 Sommer, \'I, 166.
6. Cf. la prière de Mordrain, 400 ans avant la QuesU : «... Ensint m'otroiez vos par
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et mystérieux roi de légende, ne fait que répéter une troisième fois le même thème tout chrétien : « Sire, bien soiez vos venuz ; « molt vos ai desirré a veoir, et molt ai atendue vostre venue « en tel peine et en tel angoisse que un autre ne poist mie « soufrir longuement. Mes se Deu plest ore est venuz li termes a que ma doleur ert alegiee, que je trespaserai del siècle si come « il m'est pramis lonc tens a. ^. »
Ce sentiment universel d'attente et de joie de la délivrance s'incarne avec une exquise poésie en ces figures de vieillards douloureux et confiants. Mais dans les couvents, dans les ermitages, au fond des solitudes, partout où il y a des âmes pieuses, on sait que les temps sont révolus, que la grande aventure finale commence et que celui qu'on attendait est venu ^. Comment sait-on la Bonne nouvelle ? C'est vraiment une résurrection du Royaume de Dieu ^. Ces aventures allégoriques, ces scènes renouvelées de l'Évangile, qui se répètent et se font écho d'un bout à l'autre de la Queste, sont comme le développement continu du thème messianique, qui confond audacieusement les deux Rédempteurs.
Le Fils de David. Le mythe de la Nef. — Le nouveau Messie ne pouvait pas ne pas sortir, lui aussi, de la race de David : on a vu l'auteur annoncer cette idée dès la première apparition de son héros ; puis, pendant de longs chapitres, il paraît ne s'en plus soucier ; quand il y revient enfin, c'est pour lui donner une
« vostre plaisir en guerredon de mon servise que je ne muire jusqu'à celé heure que li « bons chevaliers, li nosmes de mon lignage, cil qui doit les merveilles del saint Graal « mener a chief, me viegne visiter et que jel puisse acoler et besier ». Sommer, VI, 62.
Et sa délivrance : « Galaad, serjant Dieu, verais chevaliers de qui je ai si longuement « atendue la venue, embrace moi et lesse moi reposer sor ton piz, si que je puisse dévier « entre tes braz. » Ibid., 185.