XX LA TRADITION MANUSCRITE
4° Tous deux écrivent le monde au lieu de limon (à propos de la création de l'homme).
50 Tous deux écrivent, à propos des boutures de l'Arbre de Vie :
(( et toz jors retenoit la chalor (au lieu de la color) de celui. » h) A, B, C, D, de leur côté, ont une lacune particulière au début de l'épisode de la Nef.
« Et si tost come il orent... mangié le mortel fruit (lac) car par celui vint la mort... »
Suppléer « qui bien doit estre apelez mortex car. . . » (Estoire et autres mss. de la Queste).
c) Enfin B, qui d'ailleurs est, comme on a vu, d'une composition particulière, est aussi assez souvent différent de ^, C, D sur des détails de rédaction, qu'il serait sans intérêt de relever. IV. Tous les autres mss. examinés forment une même famille que nous désignerons par la lettre a.
En effet :
1° Ils donnent tous du Lit de Salomon une description tronquée et souvent inintelligible, malgré les corrections arbitraires de quelques-uns. (Cf. par exemple Sommer, VI, 150.)
2° Ils donnent tous du péché d'Adam le récit fautif que voici : «... si le prist as mains en tel manière qu'il l'arracha dou rainsel einsi come vos avez oi. Si avint... etc.. »
Texte inadmissible, car c'est la première fois qu'il est question de cet acte. En outre, le point capital de toute cette histoire, le fait qu'Adam mange le fruit défendu, disparaît du récit : il n'y a pas un mot qui l'indique explicitement. Il faut lire, avec J et avec V Estoire :
« ... en tel manière qu'il l'arracha del rainsel, si le menja a nostre paine et a la soie et a son grant destruiement et au nostre. Et quant il l'ot esracié del rainsel einsi come vos avez oi, si avint... ))
Cette leçon est incontestablement la bonne, pour les mêmes raisons qui rendaient l'autre inacceptable.
30 Ils altèrent tous l'explication de la couleur blanche de l'Arbre de Vie (v. Sommer, VI, 153), que les mss. |i donnent correctement.
40 Enfin, en dehors du mythe de la Nef, ce classement des
DF I A OrKSTE nP.I. SAINT r.RAAI. XX I
mss. se vc'TJfic rncorc, car 1rs mss. x p^<^^nl• ui i-^n . un»- m^mc lacimc, inionmic de ,'.. claîis I-- •«'< it de l.i délivrance du comte lleruout (Somiucr, \^I, ii)h).
V. Parmi les mss. x, il est possilile de distinguer plusieurs groupes.
a) S et S\ les deux mss. de Londres édités, sont très prfxrhcs parents et forment un ^Toupe avec N, P, Y (groupe 1).
i" La description du Lit de Salomon. si altéré'e dans toute la famille x, y est identiipie, et d'ailleurs parfaitem<-nt inintelligihlr.
2° Dans le récit de la chute d'Adam, ils présentent cette erreur particulii^n» (signalée plus haut dans le ms. 112), d'écrire clartez au lieu de qualitcz.
j" Dans le passage altéré par tous les mss. x (Adam mangeant le fruit défendu), ces mss., sentant que le texte n'est plus satisfaisant, tentent de l'amender de la même manière et écrivent <( qu'il l'arracha del rainsel dont (au heu de einsi corne) vos avez oi ».
4° Dans la description de l'Arbre de Vie, ils commettent la même erreur particulière : «... si fu blans comme nois en la taille (autres mss. tige) et es branches et es foilles. »
50 Dans la parole divine que Salomon entend : « Salemon, « Salemon, se de famé vint et vient tristesse a home, ne t'en (( chaille, car... », ils remplacent ne t'en chaille par ne t'en esmervelle ; terme d'ailleurs impropre, car la voix divine ne va pas expliquer à Salomon un fait surprenant, elle va lui révéler, pour l'apaiser, que ces torts féminins dont il s'émeut seront un jour compensés au centuple.
6° Enfin ce groupement A^, P, Y , S, S', se vérifie dans un nombre infini de petites variantes de style.
b) K, R et Z sont extrêmement voisins, sans que l'un cependant dérive de l'autre. Dans leur identité générale, quelques leçons particulières à chacun démontrent leur indépendance mutuelle. Pourtant K et R sont plus semblables l'un à l'autre qu'à Z. Ainsi K et R, dans le récit de la construction de la Nef de Salomon, écrivent « tel fust qui ne poist périr » au lieu de forrir : faute qui leur est tout à fait particulière. Les exemples semblables sont très nombreux.
Il faut joindre à ce groupe T et X, deux mss. également frères.
LA TRADITION xMANUSCRITE
et aussi identiques l'un à l'autre que possible (notamment dans leur épilogue particulier). U se rattache aussi à eux. Leur texte est en général d'accord avec K, R, Z, mais avec quelques divergences et erreurs de détail.
Au même groupe, mais avec un nombre de fautes croissant, appartiennent encore Aa, M, U' , (les deux mss. de Londres collationnés par Sommer : Add. 17443 et Royal 20.C.V1), et, à un degré moindre, Ab, Q et enfin L.
c) Les mss. V et Ad représentent à eux deux une branche particulière : ils n'ont ni les leçons particulières à A^, P, Y, S, S', ni celles de K, R, Z. Tous deux, on l'a vu, présentent les mêmes interpolations à la fin ; en outre, ils ont des leçons très remarquables : par exemple, seuls de tous les mss. a, ils donnent cette phrase, dans la plainte d'Eve : « Car c'est li arbres de la mort ». Ou encore, dans la citation de Salomon, cette cuneuse variante : « Ne poi trover une fort famé » (tous les autre "^ mss. ont bone).
En résumé on pourrait figurer la répartition en groupes de ces manuscrits de la manière suivante, sans prétendre à trop de rigueur.
Je désigne par Q l'archétype des manuscrits de la Çw^s^^qui nous sont parvenus.
auteur
Estoi (pour la Nef)
gr. S ,Ad (NPYSS')