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rrlâclicincnl d»- !'( Ifort vers le birii. Kt cette ndgligence s- i . in(*^inf le SI Mil prilic qur IVrceval, toujours « nicc », consonini' i
tout A tait.
yuatririut' motif et coiichision : înais Dieu pardonne rrtte d('-failhuKf. parce (pTcllc est sans malice. C'est-à-dire que, dans notif rccit, (pichpic incident |)rovidrntieI arrêtera IVrreval au bord (le l'abîme. Point n'est b«s<»in ici d'intervention complirpiée, le hasard le pins banal snfVit. On suppos<*ra cpi'un objet cpielcoiupje, par exempli' la poif^née de l'épéc, su|.;/^'ère :\ Perceval l'idée de faire un signe de croix : exorcisme traditionnel, invincible, comme on sait, et qui détruit tout l'enchantement. Puis PiMci'val. revenu à lui. se repentira et se désolera avec la même simplicité cpii faillit le perdre. Il souffrira dans son âme et voudra souffrir dans sa chair coupable, il se fera une grande blessure : pénitence de lu ros, et d'enfant, lùihn, ce qui sera le plus méritoire et montrera mieux encore la pureté ingénue de son cœur, il confessera sa faute sans hésiter, à la personne même qui voulait la lui éviter, à ce doux conseiller, semblable à un prêtre, dont il a si mal suivi les avis. Il méritera ainsi sa grâce : la fin du récit le montrera reconnaissant dans son visiteur Jésus lui-même, le Consolateur. Alors son séjour dans l'île symbolique devra prendre fin. Et quelle nouvelle demeure lui donner, sinon la demeure même de Dieu, l'Église ? Perceval s'embarque donc sur une nef. Voilà donc l'épisode achevé. D'ensemble il est assez bizarre. C'est une accumulation d'éléments disparates : allégories, symboles, apparitions divines et infernales, scènes d'orgie et homélies. Tout y semble fait pour déconcerter la raison. Dieu y est successivement représenté par le Lion, par la couleur blanche, par la lumière du soleil, par un prêtre vêtu de blanc : le diable y est tour à tour cheval, serpent, vieille princesse déshéritée, jeune femme respirant la volupté. Et vingt autres étrangetés. Il semble que ce soient là les' jeux d'une imagination déréglée : en réalité c'est un travail méthodique et savant. Ce conte est un assemblage de transpositions dont chacune, prise à part, rend avec exactitude des nuances de la pensée. Il faut les ramener à leur signification morale pour en découvrir l'enchaînement. L'auteur compose, si l'on peut dire, dans le plan abstrait, et traduit ensuite. Son invention romanesque est le reflet changeant, bariolé, d'une pensée religieuse ferme et logiquement développée.
Albert Pauphilet. ii
102 la QUESTE DEL SAINT GRAAL
Ce qui est vrai d'un épisode l'est du livre entier. Dans l'épisode les thèmes narratifs, descriptifs ne tiennent vraiment ensemble que par leur sens profond ; dans le roman les épisodes ont entre eux le même lien caché et souvent la même incohérence apparente. L'ensemble est composé de la même manière que chacune des parties dont il est fait : la Queste est une parabole faite de paraboles assemblées. On s'en convaincrait aisément en refaisant pour le tout l'étude que nous avons faite de la Tentation de Perceval. Nous nous bornerons ici à quelques remarques très générales.
Comme notre romancier symbolisait par la « quête » du saint Graal la recherche de Dieu, c'est-à-dire la grande aventure collective de l'humanité, et comme il résumait en quelques personnages typiques la diversité qu'une telle aventure fait paraître entre les hommes, le plan qui s'imposait à lui était d'écrire une série de biographies parallèles. La vie morale, l'effort vers Dieu, est chose essentiellement personnelle, individuelle ; puisque par hypothèse les héros de la Queste représentent les divers types de chrétiens, il fallait les décrire séparément et montrer chacun suivant sa propre voie, bonne ou mauvaise, dans la solitude de sa conscience. Aussi la Queste présente-t-elle le plus ordinairement un seul personnage à la fois. Mais pour que la comparaison des bons et des mauvais fût instructive, il fallait qu'elle fût en quelque sorte continuelle et que le lecteur ne perdît jamais personne de vue trop longtemps. De là la nécessité de passer fréquemment d'un héros à l'autre, de couper chacune des biographies en chapitres assez brefs. Enfin, quelle que soit l'infinie variété de la conduite humaine, elle aboutit à l'inévitable alternative du salut ou de la damnation ; Dieu rassemble finalement ceux dont les mérites se ressemblent. Aussi les destinées des élus, séparées pendant le temps des épreuves, doivent-elles se rejoindre au moment des récompenses, qui est la fin naturelle du livre. Ainsi la trame narrative de ce roman est faite de ces récits biographiques qui, pareils à des fils diversement colorés, forment tour à tour le dessin principal, puis se perdent, reparaissent, s'entrecroisent, et dont les plus brillants seuls se réunissent enfin pour former un dernier et magnifique motif. Ce mode de composition a été justement appelé le « principe de l'entrelace-
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ment * ». (h\ U- nlrouvr bien ailleurs cjue dans la Qucste ■. Ijct Lancflot pioprenienl «lit !«• pr.itijpie, ainsi (juc Ta d<^*montré M. F. Lot. avec une rare maîtrise ; les récits interr()mi)U» un instant y sont toujours exact<nnnt npiis, la concordance des temps eut II" les aventures y est observée et, malf^ré \v d<V)rdrc appareil ( «lu conte, ses retours en arrière, toute sa complexité touliue, si bien faite pom* effarer lecteurs et auteur, la chronolr>gie y est ])arfaitement mite et sûre '. La manic^re dont la Queste ap]ili(pie ce procédé de composition est tciute différente et très j)articulière. L'examen de la chronologie le montre clairement. Suivons donc l'exemple de M. F. Lot, et comme il a fait j)our le Lancclot propre, essayons, en groupant les indications dcumées par l'auteur lui-même, de reconstituer le calendrier de la Queste.
Le Calendrier de la Queste. \. — i) Galaad est armé chevalier ;\ la Pentecôte ; le même jour se déroulent tous les événements annonciateurs, l'épée du perron, l'apparition de Galaad, le tournoi, le festin du Graal, le vœu de la Quête.
2) Le lendemain, lundi de la Pentecôte, la Quête est jurée ; départ des chevaliers qui couchent au Chastcl Vagan.
3) Mardi matin, séparation.
4) Après quatre jours sans aventure, Galaad arrive, le 5^ jour, à l'abbaye où est conservé l'Écu : c'est donc le samedi.
5) Le lendemain, i^^ dimanche après la Pentecôte (l'auteur n'indique pas que c'est un dimanche), Galaad accomplit l'aventure de l'Écu et celle de la tombe d'où sortait une voix.
6) Lundi, Galaad arme chevaher Mélyant ; ils partent.
7) Mardi (à heure de prime), mésaventure de Mélyant ; rapporté blessé par Galaad à une abbaye, il y reste trois jours.
8) Le vendredi (ou le jeudi si l'on compte le mardi ci-dessus dans les 3 jours), explication de l'aventure de Mélyant.
9) Le lendemain, samedi, départ de Galaad.
Deux semaines sont donc écoulées depuis le commencement de la Ouête.