La parabole du festin
Luc, XIV, 16 sqq.
Homo quidam fecit cœnam magnam et vocavit multos. Et misit servum suum hora coenae dicere invitatis ut venirent, quia jam parata sunt omnia. Et cœperunt simul omnes excusare. Primus dixit ei :
Villam emi, et necesse habeo exire et videre illam :
rogo te habe me excusatum. Et alter dixit : Juga boum emi .V. et eo probare illa : rogo te habe me excusatum. Et alius dixit : Uxorem duxi, et ideo non possum venire. Et reversus servus nuntiavit haec domino suo. Tune iratus pater familias dixit serve suo :
Queste (Sommer, VI, 91) Matt., XXII, 2 sqq
Il fu jadis .1. preudom riches qui ot apareillié a fere noces, et semont ses amis et ses parenz et ses voisins. Quant les tables furent mises, si envoia ses messages a cens qu'il avoit semons et lor manda qu'il venissent car tôt ert prest.
Cil targierent et demorerent tant qu'il anoia au preudome. Quant il vit qu'il ne vendroient pas, si dist a ses serjanz : Àlez de ci et tornez parmi les rues et parmi les chemins et dites as privez et as estranges et as povres et as riches qu'il viegnent mengier car les tables sont
Simile factum est regnum cœlorum homini régi qui fecit nuptias filio suo. Et misit servos suos vocare invitatos ad nuptias et nolebant venire. Iterum misit alios servos, dicens :
Dicite invitatis : Ecce prandium meum paravi, tauri mei et altilia occisa sunt, et omnia parata :
venite ad nuptias. Illi autem neglexerunt et abierunt alius in villam suam, alius vero ad negotiationem suam. Reliqui vero tenuerunt servos ejus et contumeliis affectos occiderunt. Rex autem çum audisset iratus est, et mis-
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1° Le début est traduit très librement (sans doute de mémoire), d'après les deux, plutôt d'après Luc. Puis le refus des premiers invités est résumé sans détails et modifié : formel dans Luc ci même violent dans Mat t., il est transformé en simple lenteur (Cil targiorent).
2° L'appel des nouveaux invités combine les deux versions : rénumération de Luc, qui n'a trait qu'aux misérables, et l'idée du mélange disparate qui est dans Matth., malos ac bonos.
30 L'arrivée des nouveaux invités et l'entrée du maître suit exactement Matth.
40 La scène de l'homme qui n'est pas vêtu de robe de noces est développée : la Queste y introduit : a) une réponse de l'homme, au lieu de obmiitnit ; h) une explication du maître justifiant sa sévérité.
50 Elle commente, par une réflexion prêtée au maître, la parole : « molt i a des apelez ».
En somme, notre auteur tire des deux Évangiles combinés une sorte de récit assez indépendant et dont l'orientation est profondément modifiée pour s'appliquer à la circonstance. Il fait disparaître ou atténue : 1° le refus des premiers invités ;
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2» la vengeance du maître. Tout le passage de la Queste est en effet dominé par l'idée de la miséricorde de Dieu, de la possibilité pour Lancelot de rentrer en grâce. Il ne s'agit point d'effrayer le pénitent, mais au contraire de l'encourager. Aussi toute violence est-elle ici adoucie. Enfin, le désir d'enseigner et d'être bien compris, l'intention exotérique de tout le livre se marquent aux quelques explications et commentaires ajoutés au récit.