XXIV LA TRADITION MANUSCRITE
Aussi ne peut-on pas dire que dans cette monumentale édition du Lancelot-Graal, d'ailleurs si louable et si utile, les résultats — du moins «on ce qui concerne la Qiieste, — soient à la mesure du labeur qu'ils ont coûté. Il y a là à peu près autant de passages fautifs que dans l'édition Furnivall, et plus d'une fois M. Sommer, croyant amender son manuscrit, y a remplacé de mauvaises leçons par d'autres qui ne valent pas mieux. Ainsi, pour ne pas sortir de l'épisode de la Nef, la description du Lit de Salomon (pp. 150-151), l'explication de la plantation du rameau par Eve (p. 152, 1. 15-17), etc.. offrent des exemples de corrections malheureuses. En revanche M. Sommer ne craint pas de reproduire, sans correction et même sans proposer de variante, des phrases tronquées et sans signification comme celle-ci : « Et cert senefîance par coi li cors crt tenus nés... » (au lieu de : « Et ce ert senefiance de virginité, car viginité est luic vertuz par coi li cors... »).
En résumé l'arbitraire, l'a peu près et les considérations secondaires, qui dominent dans la méthode de M. Sommer, gâtent considérablement son édition. Pour le lecteur ou pour l'érudit, elle n'est point supérieure à celle de Furnivall, et elle ne laisse pas supposer que dans les cinquante années qui se sont écoulées de l'une à l'autre les études romanes aient fait grand progrès.
Le texte de la Queste reste à établir.