XXX LA TRADITION MANUSCRITE
k A et h K, R, Z. Et elle nous fournit une bonne correction, qu'il faut admettre dans le texte.
Ainsi, par ces moyens, le texte de K, R, Z peut être corrigé des erreurs — peu nombreuses — particulières à ce groupe de mss., et d'une partie des erreurs particulières à la grande famille a. Mais surtout les 9/10 de la Queste, après cette collation, apparaissent dignes d'être tenus pour le texte le plus authentique, le plus exempt des caprices de remanieurs que nos manuscrits nous permettent d'atteindre. A défaut d'une correction parfaite, qui est irréalisable, on trouve là du moins une appréciable sécurité, qui permet enfin d'étudier le bel et étrange roman qu'est la Queste du saint Graal.
N. B. — L'épisode de la Nef de Salomon présente, pour la critique du texte, une intéressante particularité. On a vu que le texte de cet épisode qui est incorporé à YEstoire ne provient pas de la tradition manuscrite de la Queste. Toutefois l'identité des deux rédactions est telle qu'on ne saurait douter qu'elles ne sortent d'un même original. Ce sont deux descendances parallèles. Dès lors le témoignage de YEstoire peut servir de discriminant entre la version a et la version 3 : il permet de transformer en corrections sûres quelques excellentes leçons de 3, qui sans lui n'auraient pu qu'être signalées comme probables. Il atteste aussi, en général, l'exactitude de la version K, R, Z, et nous a permis, comme on l'a vu, de reconnaître certaines leçons fautives de la version ,3, qui autrement eussent pu passer pour aussi bonnes que la version a. Il en résulte que le texte de l'épisode de la Nef s'établit d'une manière particulière et plus sûre que le reste de la Queste.
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