Ibid
LE TAJUJ.AU DU l\ VII'. CIIKL TII.NNE 35
morts, »li( l'un, devaient ^tre des impies, car ft'ils ont été ainsi cliAtiés, c'est <|in' I>i<ii ;i vimln leur dentruetion. Mais, riposte (ialii.ul. il n'appartient pas aux homnjet» de venger Dieu : d'ailleinr. Dieu n'attend-il pas Ja conversion du pc'-rlieur ? Galaad soulïre (Ir ne pas savoir si son œuvre est îigréable à Dieu. C'est un prùtre ipii tranche le débat en contant l'histoire des morts. Ils tHaii'iit « pires (pie Sarrasins » et leurs crimes sont horribles : ils avaient violé, puis tué leur sœur, torturé leur vieux père, massacré prêtres, moines et abbés, abattu deux chapeliers; on attendait la vengeance divine ^ Galaad incarne, comme on verra, la phis parfaite vertu chrétienne : pourtant c'est la th^*sc de Hohort cpie le récit justifie. F)st-ce une inconséquence ? Non, car il s'agit d'un cas si monstrueux qu'on sent bien qu'il y fallait une rigueur exceptionnelle, et que c'est vraiment l'opinion de Galaad que l'auteur considère comme la règle ordinaire.
40 Pour achever de démontrer que ce n'est pas aux hommes à se charger des punitions célestes, la Queste, un peu plus loin, décrit le châtiment terrible infligé par Dieu lui-même à des pécheurs homicides que les trois héros avaient épai-gnés.
De l'ensemble de ces scènes et de ces réflexions, ressort une thèse assez cohérente. La Qiiesie prêche, à l'égard des ennemis de la foi, la patience et la correction modérée, hormis certains cas exceptionnels dont l'Église doit être seule à juger. N'outrons pas le châtiment des impies, de peur de leur ôter, avec la vie, la possibilité du repentir : Dieu n'a pas besoin d'instruments humains, laissons-lui sa justice souveraine et ne nous souvenons que de sa souveraine indulgence.
Il n'est guère d'idée, d'ailleurs, qui paraisse plus chère à l'auteur de la Qiieste que la mansuétude divine. En maint endroit il semble paraphraser les paroles célèbres d'Ezéchiel (XXXIII, II) : « Nolo mortem impii, sed ut convertatur impius a via sua « et vivat. ))Et (ibid., 12) « Et impietas impii non nocebitei, inqua- « cumque die con versus fuerit ab impietate sua. » Au pécheur Gauvain, un religieux adresse cet avertissement :
« Gauvain, Gauvain, se tu voloies lessier ceste malvese vie « que tu as si longement maintenue, encore te poroies tu acorder