‹ Études sur la réforme à Montpellier (volume 2)Chapitre 4 sur 48 · Ms. : nommoint · texte numérisé non relu

Ms. : nommoint

5 catholique

,; oyr les

Soc. Arch. de Montpellier.

15(U lais pareilhement qui des long temps avoint esté de la religion [des tïdeles] et neantmoins avoint esté [a la papaulté, comme] ez messes et processions ou t'ait leurs pasques ez mainz des prebstres, avant estre receus a la cène ou porter enfans au babtesme [des fidèles], faisoint semblable confession et repentence publique1, hommes que femmes, [ensuyvant les constitutions ancienes de la primitive église]. Et pervint [1'] - haine [de la papaulté] jusques aux bonetz carretz, que tant les gentz d'église que de la justice soloinl porter en France. Lesquelz bonetz du commencement les gentz d'église laissèrent, et encores appres les gentz de justice et aultres gentz de robbe longue a Montpelier et Nismes furent contraintz laisser, pour complaire au peuple, et prendre des chapeaulx ou bonetz rondz communs aux lais. Et jacoit leur fut remonstré que c'estoit l'habit des gentz de robbe longue de France, chose indifférente, si est ce que, d'aultant les prebstres les avoint portés, il 3 en failloit abolir la mémoire.

Et, si de ce costé y avoit du populere de la religion excédant, de la part des catholiques [et papistes] l n'en estoit gueres moins. Car, environ le commencement du mois de décembre, fut fait un grand excez en la ville basse de Garcassonne, en laquelle, y aiant quelque commencement de5 religion [des fidèles], ung jour ung ymage de la Vierge Marie, que soloit estre en quelque coing, comme y en avoit beaucoup par les carrefours en ce pais, fut trovée emmy la boe en ung ruisseau. Ce qu'escandalisa tellement le peuple, fort eclesiastique aultreinent [et ceremonieulx], que l'Evesque, la justice et Consulz, pour appaiser le bruit, firent lendemain sur ce une grand procession générale pour enlever solemnement ceste ymage de la boe et la remettre en son lieu. Faisant laquelle procession, ce peuple furieulx s'apperceut de quelcun qu'ilz estimoint6 huguenot [ou fidèle], lequel meurtrirent et appres s'esmeurent tellement sans

1 tant

3 Vis. : Hz '' d'ailleurs H Ms. : estimoit.

1561 aultre propos, criantz contre les Huguenaulx l, que, délaissée la procession, se mirent a corir aux armes et aller sonner les toquesain et invader les maisons des plus gros de la ville qu'ilz eslimoinl [fidèles]2 et les saccagèrent, gettantz les meubles et merchandises par les fenestres, et aulcungs trouvés en leurs maisons furent misérablement meurtris, et entre aultres d'ung, qu'ilz disoint s'eslre meslé quelquefois faire des privées prières, trainerent le corps par les rues, luy ayantz mis ung mors de cheval en la bouche. Et de ces cruaultés estoit l'exécuteur le borreau de la ville, et y dura ce tumulte l'espace de ix ou dix heures, sans que les gentz de la justice ozassent bouger, lesquelz, ensemble le clergé, Lorsque la sédition commencea, faisant la procession, comme dit est, a grand peine se peurent garentir de danger.

D'aultre costé, demesmes, a Villeneuve lez Avignon, y avoit quelques [tideles] :! des principaulx du lieu, lesquelz, estantz ung jour assemblés pour prier, par la menée d'aulcuns aultres, leurs adversaires, dud. lieu, aulcuns hommes armés sortirent de la ville d'Avignon, et *, surprenant/, [ces fidèles], les meurtrirent [piteusement].

Pour lesquelles exécutions ne s'en faillut gueres n'advint guerre publique au pais, ne fut la venue de Mr le conte de Crussol, chevalier de l'ordre du Roy et de son Conseil privé, lequel fut envoyé par [le Roy] 5 avec toute puissence et surintendance au par dessus les aultres lieutenantz dudit seigneur, ez pais de Daulphiné, Provence et Languedoc, pour la pacification de ces troubles venantz du fait de la religion.

1562 Venu doucques led. seig1' part deçà, commencea a procéder en Provence ; mais, en y allant, seiourna quelques jours a Villeneuve d'Avignon, et estoit ce appres les festes de Noël et sur le commencement de janvier °. Auquel lieu il manda venir a soy certains des magistralz, consulz, ministres et aultres des principaulx de la reli-

1 huguenotz - huguenotz 3 de lad. religion

« les

5 led. seigneur i; 1562

1 r*>(>2 gion de toutes les villes voisines de Langdoc [... ez troubles, estoint], comme Nismes, Uzes, Montpelier et aultres, ausquelz en propre et en passant signifia la volunté du Roy et sa charge, qu'estoit que son peuple vesquit en paix de toutz costez; singulièrement que les ministres ne prescheassent ez temples et églises.

Dont revenus les envoyez dud. Montpelier de chez led. seigneur, fut, le xxi dud. janvier, réitérée la crie de ledit du mois d'octobre précèdent par authorité dud. seig1' de Crussol, scavoirde desemparer les temples et laisser les armes et les mettre en lieu public, et avec quelque clause ung peu plus ample que l'edit, portant presque ung intérim de religion q'on appelle : q'estoit inhibition a ceulx des deux religions ne se donner les ungs aux aultres aulcung empêchement ou troble pour le fait de la religion ny en la forme des prières, dévotion, presches e1 service respectivement, d'où pretendoit on par la la ' religion [des fidèles] - estre approvée par le prince.

Lendemain de ceste publication, laissés les temples, se remirent [les fidèles]3 preschera l'Escollemage et en la Loge. Mais, en faveur des prebstres et catholiques, qui, par ceste déclaration, cuydoint aussi la messe debvoir estre en seurté et de leur part laissés paisiblement en leur religion, n'y fut obey a Montpelier; ains demeurèrent les choses en Testai.

Il est vray que a Nismes la messe par ceste crye fut remise a la grand église et ung Jacopin reintroduit pour prescher. Mais Pierre Viret, ung des anciens ministres de lad. religion et plus principaulx dn pais de Genève et Suisse, qui, au commencement de ly\er, estoit venu a Nismes et y avoit toutz jours presché, vint a Montpelier environ la ni) fehvrier, et y feif le premier prêche a la Loge le meeredi xvin dud. febvrier, assistant/, la plus part des officiers du siège presidial en corps, c'est a dire avec les huissiers, comme estoit acostumé ez solemnités publiques. Et le premier consul de la ville, Me Jaques David, docteur ez droietz, seig1' de Montferrier, dessus nommé, avec le chaperon roge au col et ses hallebardiés, comme viguier, conduisit au presche led. Viret, despuis son logis, pour l'ex-

- novelle

3 lesd. de la religion

1562 cellence de sa persone. Et, par sadite venue, commencea d'augmenter [le] d nombre [des fidèles], abordant a lad. ville beaucoup d'estràngiers pour l'oyr.

Ung sabmedi septiesme de mars ensuyvant, fut a Montpelier publié ung edit du Roy sur le fait de la religion, expédié a Saint Germain le xvn janvier précèdent aud. an 1561 -, plus ample q'encores on eut veu, contenant en somme que [les fidèles] s, que oud. edit estoint nommés Religion novelle, eussent a laisser les temples par eulx saisis et restablir les joyaulx et meubles prins en iceulx, avec inhibition de prendre ny édifier dedans ny hors les villes, prohibant ne faire presches ny assemblées aulcunes pour [la]'1 religion dedans les villes, ne rompre ymages ny croix avec commandement garder les lestes des Saint/ et jours chomables, et de laisser l'usage des temples et tout ce qui en deppendroit aux eclesiastiques, et que les ministres et prescheurs de lad. religion nole n'eussent a mesdire de la messe ny aultres cérémonies de l'église catholique, et qu'ilz prestassent serment par devant les officiers dud. seig1' garder les choses susd., et aultres telz pointz contenoit led. edit. El par icelluy chacun se contirmoit en sa religion, tant les catholiques que [fidèles]"», carie Roy, y parlant de l'église0 romaine [acostumée], la nommoit nostre mère l'église catholique, [sans user toutesfois de ce mot romaine, et les fidèles y estoint appelles la novelle religion, permise ce pendant hors les villes]7.

Lendemain de la publication dud. edit, l'on commencea a faire prescher a Montpellier hors la ville et dans ung des fossés, et mesmes fut choisi le fossé qu'est a la porte de Lates, allant a la Sonerie, q'on soloit nommer8 le fossé des Arbalestriers, pour ce qu'ilz yjoiont de l'arbaleste les dimenches et testes.

1 leur

- a l'Incarnation

'3 ceulx de lad. religion

5 aultres

6 anciene

7 et l'aultre novelle religion, q'il permettoit par tout le roiaulme hors des villes.

8 Ms. : nomme.

L562 Kl semblablemenl fut fait ez aultres villes et lieux ou y av oit assemblée [des fidèles] l et nommément aTholoze; en laquelle ville [les fidèles]2 ne s'estoint encores ouvertement monstres. Par vertu de cest edil commencèrent [ilz] faire prêcher ung ministre ez faulxbours Saint Michel avec une assistance de peuple indicible de toutz estalz et sexes et a l'equippolent de la ville, que messieurs du Parlement n'eussent cuidé ; niais ledit y estoit.

Lequel l'on disoit ne debvoir avoir lieu ez villes de frontière, comme Narbone et aultres, ains de ce en avoir le Roy fait spéciale déclaration : c'est q'aulcunement n'y fut presché ny lad. Religion novelle receue. A occasion de quoy le seigneur de Forquevaulx, governeur et capitaine de Narbone, gel ta hors toutz ceulx que tenoit :! suspectz de lad. religion.

x\ Carcassonne aussi, c'est a dire a la ville basse, les [adversaires des fidèles] l les voleurent empêchera niesnies raison. Ei défait, comme ung dimenche ceuh de [la] 5 religion, q'estoint des princip aulx du lieu, faisoint prescher hors la ville, ensuivant l'edit. le populere s'csleva par dedans, et leur ferma les portes tant aux hommes, femmes que petitz enfans, et de toute la nuit n'y rentrèrent, ny des long temps plusieurs d'eux. El ainsi fut interrompue [la]6 religion and. lieu.

À Ghasteauneuf darry fut plus estrangemenl procédé, car, estantz [les fidèles] "hors lad. ville assemblés pour leur presche, survindrent de la ville grand nombre de gentz en armes, qui, a l'improviste, se irruanl sur ce [pouvre] peuple sans armes, en meurtrirent grand nombre, entre aultres le ministre, le juge ordinaire de la ville assistant aud. prêche, deux conseillers duSeneschal, le contreroleur du Domaine, nommé Marion, homme des premiers de ce pais en biens.

1 de lad. religion

2 il/.

:; Ms. : tenoint.

4 catholiques ? lad.

6 lad.

7 lesd. de la religion

4^62 Lesquelz actes mutinèrent fort le peuple des deux religions par le pais, et commencea l'on a s'armer secrètement. Mesmes, venu le jour de Pasques, que a Montpelier [les fidèles faisoint] d la cène, [ilz] dressèrent une garde de gentz armés, tant a pied que cheval, al'entour de la ville et ez portes d'icelle -, durant le presche, pour garde que, tant dehors devers Aiguesmortes ou par dedans, ilz ne fussent ofFencés, et ceste garde continuèrent tant que prescherent dehors au fossé de la ville. Et ainsi vivoit on en trouhle en icelle, sans toutesfois que [contre les fidèles] 3fut rien entreprins parles catholiques, que y estointencoresen grand nombre, lesquelz se contenoint. Et, quant vint Pasques, qui voleut d'eux allèrent a confesse et parfaire leurs Pasques a certains villages prochains, comme Castres, Vendargues, Teyran, La Yerune et aultres, ez quelz, despuis l'edit dernier de janvier, l'on avoit reprins les prehstres et la messe [, messieurs de la religion de Montpellier ne sonnantz mot pour l'heure].

Le susd. jour de Pasques, xxix de mars 1562, environ les vu ou vm heures de matin, furent veus trois soleilz au ciel et, au dessoubz d'iceulx, ung cercle comme ung croissant de lune, de la coleur de l'iris ou arc céleste, q'on dit l'arc Saint Martin, et fut ce veu et tesmoigné par plusieurs, tant a Montpellier que ><ismes.

Un sahmedy quatriesme d'avril suivant, fut publiée4 a Montpellier certaine déclaration du roy de ledit de janvier précèdent, dessus mentioné, faicte icelle déclaration le vide mars précèdent aussi; et contenoit, entre aultres choses, q'en tant led. edit de janvier portoit que, les officiers dud. seigneur volantz aller aux assemblées [des fidèles] 5 y fussent receus et respectés, par ceste déclaration led. seigneur n'entendoit ceste licence estre donnée q'a ses officiers ausquelz apertenoit la cognoissence de la police, comme bailifs, seneschaulx, viguiers et telz aultres, et non aceulx des courfz soveraines ny aultres de judicature, lesquelz nommeement il voloit vivre

1 l'on faisoit

2 Ms. : icelles.

3 au contrere

4 Ms. : publié.

5 de lad. religion

56 LA RÉFORME A \IO\l FELLIER

15(i2 en la foy sienne cl de ses prédécesseurs; cl encores que ce povoir susd. desd. seneschalz e1 aultres s'entendoil pour l'effect seulement du susd. edit de janvier, scavoir est non pour en faire profession, mais pour \ assister de la pari dud. seigneur, pour voir ce qu'on y fairoit ; declairant, en oultre, que, par led. edit de janvier ny par ceste déclaration, il n'avoit entendu ny entendoit approver deux religions en sou royaulme, niais une seule, q'estoit celle de nostre sainte église, eu laquelle ses prédécesseurs avoinl ' toutz jours vescu. De laquelle déclaration fut mis grand double a plusieurs, de tant (pic par icelle led. seigneur se pronuncoil estre de la religion aueieue, non de celle des fidèles.

Monsieur le coule de Crussol, q'avons dil par cy devant estre venu pari deçà des le commencement de janvier pour la pacification des trobles de la religion, appres avoir esté asses longuement au pais de Provence cl despuis, revenu en Languedoc, pourveu ez afferes ez villes de Banholz, Uzes et Nismes, el ayant avec lui Mr de Joyeuse, lieutenant gênerai ordinaire en cedit pais, vindrenl tous deux a Montpellier ungmecredi \m du susd. mois d'avril, ou furent receuz honorablement de loulz estatza l'acostumée de telz seigneurs.

Lendemain de leur arrivée, ilz firent assembler par devant eulx tout le clergé et, comme les premiers d'icelluy, Messieurs du Chapitre el église cathédrale Sain! Pierre, d'une pari: et, d aultre, [messieurs]- de [la] :! religion, c'est leurs surveillanlz. Duquel Chapitre esloil le chef (car l'evesque ny estoit point) Me Léonard Aguillon, prebvosl de lad. église, prieur de Conflans lez Paris et conseiller du r<>\ cl gênerai en la Court des Aydes de Montpelicr ; et desd. survellanlz, M1' Michel de Saintravy, aussi conseiller du roy cl gênerai en lad. Court. Lesquelles parties ensemble oyées sur les choses passées, furent trouves de lion accord : c'esl le clergé, ne querelant rien du passé, ne demandoil (pie vivre en paix et seurté, ce que messieurs de la religion acceptèrent facilement ; dont ordonerent lesd. seigrs a ung chascun vivre en paix et jouxte les editz sur ce failz, mettantz les uns en la sauvegarde des aultres, mesmes enjoi-

1 Ms. : avoit.

- ceulx 3 lad.

1562 gnantz ausd. suxveillantz [et fidèles] ne niolesterled. Clergé en leurs persones, biens, joissence des temples et service acostumé en iceulx, et aud. Clergé et gentz d'église faire ovrir les temples et églises, et en icelles dire et faire dire et célébrer les messes et service divin acostumé. Et, pour plus grand seurté de ce, fut, parla commune élection et consentement des parties, ensemble des Consulz de la ville, estably en lad. ville ung capitene, que fut [Monsieur] ' de la Mosson, [noble] Lois de Buccelly. [enfant de la ville], avec certain nombre de soldatz stipendiés, pour tenir le peuple en paix et se prendre garde des séditieux, quereleuv et mutins. Lequel ordre et police, comme verrons prochainement, ne dura guieres.

Parled. traité cuydoit l'on la paix donnée a la ville, et pensoint les catholiques la messeet prebstrize paisibles, mais aultrementfut. Car, pour exécution de tout ce dessus, les susd. seigneurs voleurent faire dire messe en lad. ville le dimencbe xn dud. avril, comme ilz firent en l'église Saint Fermin, car Messieurs de Saint Pierre, prévoyant ce (['advint, s'excusèrent la dire en leur église, disant/, qu'elle avoit esté polluée par l'effusion de sang et que tout y estoit ruiné, et n'avoint ny livres ny leur chapelle des chantres, qui s'esloinl esgarés. Geste messe donc fut dicte aud. Saint Fermin par desprebstres estrangieis, car ceulx de la ville ne l'eussent ozé faire. A laquelle assista grandissime peuple, que piecca en estoit [fameliquement] désireux. Et s'y troverent aussi lesd. seigneurs lieutenant/, acompagnés de plusieurs [nobles] de leur suite et aultres de la ville [,desquelz trestoutz, voire de ceulx de la suite desd. seigrs, mesmes de Monsr de Crussol plusieurs, estantz fidèles et de la religion, se tenoint dehors le temple et n'oyoint lad. messe].

Comme doncques l'on estoit presque a demyde lad. messe, grand nombre du populere [des fidèles] - s'arrestoit en passant par devant lad. église Saint Fermin, murmurantz contre lad. messe. Et peu a peu quelques femmes et petit/, enfantz commencèrent hurler contre lad. église par moquerie et detestation. Et comme les gentilzhommes et aultres de la suite des susd. seig,s les voleussenl faire retirer et garder sédition, ce peuple s'eschaufa tellement (pie les ungs

1 le seigr

- de lad. religion

1562 gettoint pierres dans lad. église, les aullres alloint par les rues, criantz : Aux armes! Auquel tumulte venus, les Consulz, les surveillantz et principaulx [des fidèles] ] se mirent parmy ce peuple, l'appaisant tout bellement. Et, a peine achevée lad. messe avec grand haste, lesd. Consulz et principaulx de la ville prindrent lesd. seigrs lieutenantz, et les acompagnerent sains et saufvés en leurs logis.

. Et aultre chose n'y eut, car aussi aine ne-feit semblant de parler seulement rigoureusement a ce peuple, mais le faisoit retirer tout doulcement. Car le moindre qui eut esté frappé ou forcé, ce jour se fut fait a Montpellier chose détestable, que Dieu ne permit. Vray il en y eut bien et de grandz qui ne disnerent pas sans peur,' et, au

• < surplus, ne fault demander s'il faillut bien secrètement sauver les prebstres parmy les aultres, et si ceulx des catholiques sortantz d'oyr lad. messe furent acompagnés et salués d'outrages, hurlcmentz et moqueries. Aulcuns disoint ce bruit avoir esté commencé par un [papiste]- qui avoit voleu contraindre ung jeune garçon, sien parent, entrer en l'église pour oyr la messe jusques a le batre et l'emmener par force, que aulcuns [fidèles]3 illec estantz avoint empêché ; et, pour raison de ce, s'estoint mutinés. Comme que la chose commenceat, ainsi qu'en tumultes populeres il est difficile trouver le commencement, la suite et fin en fut telle que dit est. Et, despuis, furent les messes plus dangereuses que devant, et disoit on en lad. ville par mémoire : la Messe des Contes, comme chose q'avoit cuidé coster beaucoup.

Lesd. seigneurs, quelques jours appres, s'en allèrent de lad. ville, la laissant en Testât que l'avoint trovée, voire le peuple plus odieux des messes que au paravant, quelles 4 promesses et accordz susd. q'on eut faint faire. Et voila combien est dangereux permettre governer ung peuple auquel l'on a lasché la bride et laissé gaigner le hault. Messieurs de la religion [et fidèles], pour se faire valoir et estre les plus fortz contre les [papistes] 5, avoint armé ce peuple et

1 do la religion

2 catholique

3 do lad. religion 1 Ms. : quelle.

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