HISTOIRE
DE
NOTICE
De cette chronique, utilisée par d'Aigre feuille, il existe trois copies non contemporaines. — Elle a été composée en eue de /'Histoire ecclésiastique. — Impossibilité actuelle de préciser sa date et son auteur; présomptions à ce sujet. — Sa valeur documentaire et celle du Catalogue de pièces originales qui lui sert d'appendice-
La brève Chronique, publiée ici pour la première fois d'une manière intégrale et rationnelle !, fut, concurremment avec l'ouvrage de Philippi, utilisée au XVIIIe siècle par les historiens Pierre Serres- et d'Aigrefeuille. J'ai déjà fait remarquer3 que les citations de ce dernier à l'égard des deux sources prêteraient à confusion. Il dit, en effet, de la Chronique aussi
1 En 1855, M. le pasteur Philippe Corbière en donna certains extraits f sans notes ni corrections, dans le Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français (t. III, pp. 225-228).
- Voir sur lui : Emile Bonnet, Les œuvres de l'historien montpellièrain Pierre terres dans Mémoires de la Société Archéologique de Montpellier (2« série, t. II, pp. 401-430).
'■' Voir p. 6.
bien que de Y Histoire des Troubles de Languedoc : « leur manuscrit » [des religionnaires] d, ou bien : « on marque » 2, et de plus : «un ancien manuscrit huguenot que j'ay »3, «nos annales»4, « leurs mémoires» [des nouveaux sectaires] 5; même il s'en sert ailleurs sans la désigner 6. Or on peut regretter que, plus près de la date du document, il ne nous ait pas appris davantage sur lui.
De cette Chronique il existe, à ma connaissance, trois copies, dont aucune n'est contemporaine de la rédaction.
L'une est contenue dans le volume 10.001 du fonds latin de la Bibliothèque Nationale (ancien supplément latin 84 bis), dont le titre est Varia ad hist[oria>>i\ Montispessul[ani], Ce volume, recueil factice de trente-cinq pièces, sans indication de provenance, a été formé au XVIIIe siècle par l'historien Pierre Serres, et la Chronique occupe les feuillets 102 à 105, c'est à dire les quatre premiers d'un cahier que constituent quatre feuilles pliées en deux, bien reconnaissables à leurs filigranes7. Mais la copie de cette piècedà n'est pas de la main de Serres. Elle est due pourtant à un catholique, assez probablement à un ecclésiastique, ainsi que l'indique la petite croix placée en tête de chaque page. Et je ne serais pas éloigné de croire que d'Aigrefeuille s'est servi du recueil, car on lit plusieurs fois en marge et d'écriture postérieure le mot : annales, un de ceux dont cet historien baptisait la Chronique ; il ne semble pas, au surplus, avoir davantage connu l'original, puisqu'il reproduit des fautes grossières 8. Cette copie est assez soignée et parait prise, sinon directement sur
1 Tome Ier, pp. 274 et 276.
2 Ibid., p. 278.
3 Ibid., p. 272.
4 Ibid., p. 274, à deux reprises.
5 Ibid., p. 275.
e Ibid., pp. 272 et 282.
7 Un écusson couronné, aux feuillets 104-107 ; une cloche, aux 102-109, 103-108, 105-106.
8 On y lit, par exemple : temple de Lattes, pour de Tables; diacre Facy, pour Formy.
HISTOIRE DE l'eGLISE DE MONTPELLIER 251
l'original, ce qui eût fait éviter ces mêmes fautes par le scribe, tout au moins sur une transcription du XVIe siècle *. Je base une telle opinion sur la figuration par le copiste d'un nom propre, qui sans doute l'avait choqué, et cela à bon droit 2.
Une autre copie est conservée aux Archives de l'Hérault, où je la découvris en 1887 3. Gomme elle se trouve dans le fonds des Cordeliers de l'Observance de Montpellier, je pense qu'elle pourrait être attribuée à l'un d'eux, le frère Bonaventure Coulas *. On le voit, en effet, quoique simple religieux, traité en spécialiste 5 et préoccupé de recueillir les archives6, de rechercher les propriétés de son monastère 7. Cette copie, du XVIIe siècle, est moins bonne que la précédente : le scribe catholique en prenait à l'aise, d'ailleurs, avec le texte, puisqu'il a introduit dans le titre les mots : «prétendue reformée».
Un troisième exemplaire a été vu, il y a quelques années, entre les mains de Mme Farjon de Besson, de Montpellier,
1 La copie a été collationnée, comme l'indiquent des surcharges : tuiles remplaçant f eues très, et eschole Mage corrigeant salle Mage.
- Greffe au lieu de Grille (Voir la Chronique, au 1er octobre 1562).
3 L. Guiraud, La Paroisse Saint-Denis de Montpellier, p. 126.
4 Sans vouloir absolument en tirer une déduction, je dois signaler une coïncidence curieuse. Un passage des Annales et Mémoires , etc. de Pierre Serres (Voir p. 214, note 3), cité par M. Emile Bonnet (p. 419 du mémoire visé à la p. 249, note 2), nous montre la femme d'un me Coulas, menuisier de Montpellier, comme tante, en 1621, de la mère de l'historien Serres.
3 Un factum imprimé du XVIIIe siècle parle du « frère Bonaventure Coula, qui avoit fouillé par luy ou par le sr Darles (ms. : d'Arles), son expert, dans toutes les archives et dans tous les registres de la ville » (Arch. dép. de l'Hérault, série H, fonds des Cordeliers de l'Observance de Montpellier). — Voir aussi note suivante.
B Une note, glissée dans des statuts de confrérie audit fonds des Cordeliers de l'Observance de Montpellier, porte ceci : « Le frère Coulas, de l'Observance, est adverti que M. Garimond, nore, a trouvé le registre, les statuts et autres actes du Couvant; ainsi, il n'a qu'a venir avec le supérieur ou le sindic pour en faire son receu et porter quelqne argeant ». Il s'agit d'Antoine Garimond, qui exerça de 1700 à 1731, ou de Jean-François, qui exerça de 173! à 1754.
7 A cette préoccupation se rapportent des plans et notices du fonds des Cordeliers de l'Observance de Montpellier.
par M. Léon Gaudin, bibliothécaire de la Ville de Montpellier, qui a bien voulu me communiquer quelques variantes dues à ce manuscrit. J'ignore ce que celui-ci est devenu depuis.
Mais, en dépit de beaucoup de recherches, je n'ai pu réussir à rencontrer l'original, et je crains qu'il n'y en ait bien peu de chances, d'après ce qu'il me reste à dire sur la Chronique en elle-même.
S'il parait aisé de déterminer le motif qui inspira la rédaction du document, il ne Test guère d'en préciser la date ni d'en indiquer l'auteur.
Que la Chronique soit composée dans un esprit purement ecclésiastique, voilà qui ne fait aucun doute : son titre seul l'annonce, et son contenu le démontre.
D'autre part, elle ne fut point écrite à l'instar d'un journal, ainsi que sa forme le donnerait à penser sur une première vue : on n'y aurait pas, dans ce cas, laissé en blanc eertaines dates. 11 est évident que l'auteur connaissait bien les faits, même leur succession chronologique, car, s'il lui arrive de les intervertir, il le marque soit par l'antériorité du verbe, soit par le mot « auparavant» ; mais il éprouvait le besoin de préciser, quant au temps, son information : toutes circonstances qui sont le fait d'une personne écrivant de souvenir et avec probité, plutôt pour remplir une mission que pour son propre agrément, a tin de renseigner et non de plaire, en un nuit selon un programme dont la formule me semble le plus exactement tracée par un ouvrage paru en 1580. Je veux parler de {'«Histoire ecclésiastique des églises reformées au royaume de France, en laquelle est descriteau vray la renaissance et accroissement d'icelles depuis Van MDXXI jitsques en l'année M. D.LXIII, leur reiglement ou discipline, Synodes, persécutions tant générales que particulières, noms et labeurs de ceux qui ont heureusement travaillé, villes et lieux où elles ont esté dressées, avec le discours des premiers troubles ou guerres civiles, desquelles la vraye cause est aussi déclarée ».
HISTOIRE DE l'eGLISE DE MONTPELLIER 253
Œuvre énorme et comme encyclopédique, l'Histoire ecclésiastique avait exigé une longue préparation et une foule de concours. Seuls, les témoins, en tant de lieux, d'événements si divers et abondants pouvaient renseigner Théodore de Bèzeetses collaborateurs. Leur faire appel avait été la pensée de la première heure, après le triomphe remporté avec l'édit d'Amboise. Le quatrième Synode national, tenu à Lyon au mois d'août 1563, décréta, dit Aymon • : « que les Eglises seront adverties de faire un recueil fidèle de tout ce qui est arrivé de plus remarquable par la Providence divine aux lieux de leur ressort, et d'en envoyer les relations à nos révérends frères de Genève avec toute la diligence possible ». Par là s'expliquent le fait général, constaté par Reuss, que la plupart des récits s'arrêtent à la pacification d'Amboise 2, et le but du nôtre, qui se termine avec la publication à Montpellier de l'édit en question. On ne sera pas moins frappé de la manière dont la Chronique montpelliéraine répond au titre de Y Histoire ecclésiastique reproduit ci-dessus : église dressée, persécutions, synode, noms des ministres, troubles et guerre civile, rien n'y manque du programme qu'il trace. Mais Y Histoire de l'Eglise de Montpellier, d'ailleurs fort précieuse comme document, reste si dépourvue de tout mérite de composition et de style que, sans injustice, elle doit être rangée parmi ces « rapsodies » dont le pasteur Théophile Banos se plaignait à de Bèze, en réclamant qu'on provoquât de nouvelles rédactions 3. De fait les récits insérés dans Y Histoire ecclésiastique, bien qu'en général ils concordent4 avec notre
1 T. 1er, p. 47. — M. Reuss a relevé ce texte dans son Introduction (p. xliii) à la réédition de Y Histoire ecclésiastique. - Introduction, p. xliv.
3 « Nam quod ad historiam attinet, offorebantur tantum nobis rhapsodise nonnullae, a quibuste abhorrere certo scio » (Texte rapporté par Reuss, <>p. cil., p. xl).
4 De Bèze pourtant ne suit pas servilement notre Chronique. Dans le récit du siège de 1562, par exemple, il place l'arrivée du baron des Adrets non le 14, mais le 13, comme le fait le Journal du Siège de 1562, source meilleure quant aux opérations de guerre (Voir Chronique suivante).
Chronique, lui sont incomparablement supérieurs comme développement, esprit et style, ce qui doit faire conclure à leur postériorité.
Pour tous ces motifs, on est autorisé à considérer le document comme la relation primitive fournie par Montpellier à Genève. En retrouver le manuscrit autographe dans le riche fonds de la Bibliothèque publique de cette dernière ville eût été l'argument sans réplique. De ce qu'il ne saurait actuellement être fourni on ne doit pas néanmoins conclure à la négative 4. L'original peut aussi surgir de réserves inexplorées 2. Si l'éventualité se produit, elle tranchera des questions qu'il est seulement permis ici de soulever.
Question de date.
En soi la chronique ne contient qu'une indication, au 22 novembre 1561 : « les temples appeliez : de Nostre Dame, a présent appelle le temple des Changes, etc.» Mais les seules appellations usitées dans les registres de baptêmes, mariages, sépultures ou dans les chroniques et documents sont: «temple de Tables », « temple de la Loge », du nom de l'église ou de celui d'un édifice voisin, la Loge des marchands, dont le devant servait de place au Change3. On aura donc ainsi voulu traduire aux étrangers les dénominations locales, ce qui est une preuve de plus de la destination de la Chronique.
Le texte cité impliquant une affectation actuelle de l'église au culte protestant, il ne peut, entre le 13 mai 1563, date du
1 M. Reuss ( Introduction, p. xlv, note 2) pensait qu'on pourrait retrouver quelques-uns des mémoires originaux envoyés en vue de YHistoire ecclésiastique, si l'on explorait le dossier n° 193 du Catalogue raisonné des manuscrits conservés dans la Bibliothèque de la Ville et République de Genève, par Jean Sennebier ; Genève, Chirol, 1779, in-8°, p. 457. De fait, l'article y est ainsi libellé : « Mémoires et lettres sur les affaires ecclésiastiques de France en 1565 ». Mais il est porté manquant sur le « Catalogue manuscrit des mss. de la Bibliothèque de Genève (133) ».
2 Par exemple, certains papiers de Th. de Rèze font partie de la collection Tronchin à Bessinge el ne sont point communiqués.
;t Histoire des troubles île Languedoc Voir p. lo : Chronique du Petit Thalamus Voir p. 24.7).
HISTOIRE DE L,'eGLISE DE MONTPELLIER 255
dernier événement relaté, et 1580, année de la publication de Y Histoire ecclésiastique, s'agir que de trois époques x :
1° de mai à fin octobre 1563.
2° d'octobre 1567 à juin 1568.
3° de février 1577 à 1580.
Il semble naturel d'exclure la première, où, Jean de la Chasse étant à Montpellier, on aurait été renseigné par lui sur les dates de son arrivée et de son départ, lesquelles, au contraire, ont été laissées en blanc. Quant à la troisième, elle paraît déjà tardive pour la forme si rudimentaire de la relation.
Question d'attribution.
Qu'il faille chercher l'auteur parmi les ministres de Montpellier, cela ne paraît guère douteux. M. Reuss, très compétent sur ces questions, a formulé ce principe : « En thèse générale, les rédacteurs des mémoires particuliers étaient les ministres de chacune des communautés réformées dont il est question dans le cours du récit » deY Histoire ecclésiastique 2. Pour celui-ci en particulier, le «nous» employé en parlant de l'obtention des églises par contrat avec les chanoines, ainsi que l'exacte connaissance des documents du Synode et du Consistoire sont des motifs de plus.
Mais, aux époques marquées plus haut, les ministres ont été nombreux à Montpellier. En écartant ceux qui n'y exercèrent qu'en passant, les autres peuvent former deux catégories : de La Chasse, d'Anduze, Payan, de la Place, envoyés du dehors par Genève ou par les Synodes ; François Maupeau , Claude Formy, Antoine Pellicier, Michel Manni , recrues indigènes. C'est parmi ces derniers qu'il faut cantonner la recherche de l'auteur, lequel est un homme du pays. Non seulement, en effet, noms, qualités et localités, même infimes, lui sont familiers ; mais, tout en établissant sa chronologie sur le calendrier genevois, il s'oublie cà user simultané-
1 Ceci ressortira des Etudes, ainsi que tous les détails biographiques suivants.
"2 Reuss, Introduction, p. liv.
ment du montpelliérain, commençant au 25 mars. De là ces mentions qui pour quelqu'un de non averti semblent mettre l'auteur en contradiction avec d'autres sources : l'établissement de l'église réformée de Montpellier le 8 février 1559 au lieu de 1560, la tenue des Etats provinciaux le 20 mars 1560 au lieu de 1501 .
Continuant de procéder par élimination, j'ajouterai que Manni et Pellicier ne vinrent à Montpellier que plus tard exercer le ministère. Il est donc présumable que la rédaction de la Chronique a été confiée à l'un des deux autres, comme témoins dès la première heure, car ils furent ordonnés diacres lors de la fondation. Or toutes les convenances désignent Formy de préférence à Maupeau. .Te les énumère.
Les bévues chronologiques signalées seraient déjà plus imputables à Formy, lequel n'a pas quitté Montpellier, qu'à Maupeau, étudiant à Genève avant son diaconat; mais Formy lui-même nous fournit une preuve que chez lui le comput montpelliérain est habitude invétérée. Ouvrons le registre des mariages pour l'époque. Du temps de La Chasse, la chronologie est basée sur l'usage de Genève ; mais, après la disparition de ce ministre, Formy, resté seul, reprend le calendrier montpelliérain, de telle sorte qu'on peut constater l'anomalie suivante: il y a deux mois de janvier, deux mois de février, deux mois de mars répondant au millésime 1563, et à un mariage daté du 21 mars 1563 en succède immédiatement un autre du 25 mars 1564.
En 1567-1568, époque où semble être cantonnée la rédaction de la Chronique, Maupeau n'était pas à Montpellier, qu'il avait même quitté de bonne heure en 1561. Au contraire, Formy y était revenu dès le 1er octobre 1567. D'ailleurs, il ne s'était, détorde la première guerre de religion, pas éloigné de Montpellier. C'était donc le témoin par excellence, et il fut bien
considéré con • tel par le Synode du Bas-Languedoc, qui,
assemblé à Nimes le 27 juin 1571, le chargea alors, en ce qui concernait Montpellier, d'écrire (d'histoire de nostre temps » L
1 Procès-verbal de ce Synode (Voir Bibliographie).
Mais, en même temps, rien né le désigne comme un lettré. Si un document lui donne la qualification de médecin l, il ne la prend nulle autre part, et il peut y avoir confusion avec son père, apothicaire, ou son frère, étudiant. Or la forme si simple de la rédaction semble bien convenir à un personnage chez qui rien ne décèle talent ni réputation.
M. Reuss dit encore, en parlant de la composition de l' Histoire ecclésiastique : « On risquerait de se tromper souvent, en attribuant, sans autre preuve, le tableau de l'histoire d'une Eglise au conducteur spirituel qui s'y trouve nommé, je dirais volontiers surtout s'il y est nommé. Caries mœurs sévères d'alors n'auraient point autorisé les éloges accordés à sa propre personne par un pareil rédacteur » -. N'est-ce point entrer dans l'esprit d'une observation si juste que d'attribuer ici à la sincérité, à l'humilité de l'auteur, néophyte encore dans le ministère, l'aveu de sa propre lâcheté devant le péril, le 28 juillet 1500, quand il rapporte que « M1' Formy, diacre, se sauva par les tuiles », tandis que trois simples fidèles demeuraient prisonniers « en confession de leur foy » ?
Quoi qu'il en soit de sa date et de son auteur, la Chronique est précieuse. Sans doute, nul ne l'estimera intéressante sous sa forme si brève'1, toute sèche, comme décharnée. Mais, précisément parce que noms et faits y sont consignés sans appréciations, le témoignage est plus impartial et il s'impose. Il se trouve, en outre, que l'auteur a enregistré le plus souvent ce qu'on chercherait vainement dans les autres chroniques etaussi dans le récit, certes plus abondant, de Théodore de Bèze. Cela se conçoit : par sa provenance et sa nature ecclésiastiques, V Histoire de l'Eglise de Montpellier se différencie des chroniques qui la précèdent et la suivent dans le présent recueil ; quanta X Histoire ecclésiastique, de but ana-
1 Voir aux DocuDients : Rôle et taxe, etc., à la date de novembre 1560.
2 Introduction, p. liv.
'■'■ Cette concision même dispensera du sommaire accoutumé.
Soc. Ancii. de Montpellier l~
•258 la RÉFomir: a Montpellier
logue, ses procédés sont différents. Qu'importait, par exemple, à l'ensemble des églises protestantes, où elle serait lue, qu'à Montpellier l'assemblée du 28 juillet 1560 se soit terminée par l'arrestation de Talard, petit notaire, de Bandier et Bergeyron, simples ouvriers manuels? Hors de leur ville nul ne les connaissait. De Bèze a doue simplement retenu le fait que la réunion se tenait chez un menuisier, et qu'on garda quelques hommes prisonniers, tout en renchérissant sur le chiffre de ceux-ci *.
On doit attribuer la même valeur unique au Catalogue analytique de pièces qui, dans toutes les copies, fait suite à l'Histoire de l'Eglise de Montpellier et que je publie également-. Mais sa provenance est toute différente. (Test une main catholique qui, après 1(321 au moins3, a dressé la liste et parfois résumé le sens de ces trente-sept documents presque tous indiqués comme originaux, et dont un seul a été conserve in-extenso par Pierre Serres4-. Serait-ce à cet auteur-ci, au frère Bonaventure Coulas, à quelque autre qu'on doit attribuer le Catalogue ? Je ne saurais non plus trancher la question. Quoi qu'il en soit, la disparition de toutes ces pièces, qu'on avait peut-être groupées en vue d'un procès, le rend infiniment précieux, et en fait un document abrégé, mais certain, authentique, incomparable, versé au dossier des troubles religieux à Montpellier.
A défaut des manuscrits originaux, je me suis efforcé de tirer, soit des diverses copies soit d'autres sources, un texte sinon irréprochable, du moins bien contrôlé; et l'on verra
1 Histoire ecclésiastique, t. Ie1', p. 376. — Afin de permettre la comparaison avec les récits de l'Histoire ecclésiastique concernant Montpellier, qui sont scindés selon la marche générale de ce1 ouvrage, j'indique la place qu'ils y occupent (éd. Baum) :
T. !"••, pp. 247-248; 375-383; 968-977.
T. III, pp. 163-166; 184-190; 192-195; 197-198; 213.
- Voir aux Documents : Catalogue analytique, à la date de 1561.
3 Comme l'indique la pièce PP du Catalogue en question.
4 C'est la pièce DD dudit Catalogue, qu'on trouvera aux Documents : Transaction, etc., à la date du 22 novembre 1561.
que ce travail était indispensable pour la saine utilisation tant du Catalogue que de la Chronique. La leçon de la Bibliothèque Nationale a été suivie en général, mais rectifiée à l'occasion par les autres. Pourtant je n'ai point tenu compte des simples différences d'orthographe, attendu qu'il s'agit de copies. Celles-ci seront ainsi distinguées :
Ms. B. N. = manuscrit de la Bibliothèque Nationale. Ms. A. H. = des Archives de l'Hérault.
Ms. F. de B. = Farjon de Besson.
[chronique]
Le 8e * février 1559- fat plantée l'Eglise de Montpellier par Guillaume Mauget, ministre de Nismes.
M'' de la Chasse arriva le de a Montpel pour
ministre.
M1" de S1 Paul, ministre, arriva a Montp01 le de ,
et ne demeura que quatre ou cinq jours ; et s'en alla a Dieppe.
M1' de la Chasse s'en retourna a Genève, parce qu'il y avoit avertissement qu'il estoit a la ville.
Le 23 de juillet les assamblées furent continuées par les diacres.
Le 28 3 de juillet 1560 y avoit un' assemblée des ridelles chez Mr0 Didier Bandier4, quy fut découverte, et y ala la justice.
1 Ms. A. H. : Le premier. — L' Histoire ecclésiastique (t. Ier, p. 248) donne le 8 ; c'est pourquoi j'adopte cette date.
2 En réalité : 1560. L'auteur a compté l'année comme à Montpellier.
3 Ms. B. N. : Le 26 ; ms. A. II. : Le 25. Mais la date réelle est le 28. C'est ce que porte l'Histoire ecclésiastique (t. I01', p. 376), et ce que confirment soit l'occurrence avec un dimanche, soit la date du Conseil général, tenu le lendemain 29.
4 Ms. B. N. : Baudier, leçon qui a toujours été suivie. Le nom véritable est Bandier, ainsi que l'indique très visiblement la signature de ce
1560 M1 Formy ', diacre, se sauva par les tuiles; M'e Talar, greffier du Consistoire, led. m' Didier el un cellier appelle Bergeron furent prisonniers en confession de leur foy.
Ledit jour on s'assambla a la Eschole Mage, en armes, ou se trouvèrent 1200. Le landemain fut tenu Conseil gênerai, ou furent L'Evesque de Mont])"' et de Carcassonne.
L'Eglize renvoya quérir M1' de La Chasse.
Led. de La Chasse arriva le
On reeomanca a prêcher a l'Eschole Mage le
On alla prescher au Temple S1 Matthieu le
Les Estats se lindrent a Beaucaire le 10 d'octobre 1560, ou l'on envoya quérir le gouverneur d'Aiguesmortes , quy fut fait prisonnier.
Le 15e jour d'octobre 1500. on se relira, après que le Juge criminel eut fait deiïcnee de ne. plus prêcher; on sauva le ministre, el tous les principaux de l'Eglize se retirèrent -.
Le 21 3 dud., entrèrent a Montp"r deux compagnies d'infanterie.
Le 11 novembre 1501) fut bruslé le ministre d'Aiguesmortes, nommé llelye de Laval Boissel l, de la \ille de Perigeux.
l^Ol Led. sieur de La Chasse retourna après la mort du Roy François 2, et on recommença les assamblées secrettes et après manifestes, pour cause de la multitude du peuple; et sur quoy les papistes eurent occasion de faire venir la compagnie des gens d'armes de Monsieur de Terrides, qui donna quelque (rouble a l'Eglise :>. Le jour de 1561, mourut Monsieur Boucaud, docteur en
menuisier Annexes de Pierre Roussel, élude Blain, t. Ier, p. 187, acte du 31 mai 1Ô74. — Minutes de Noël Planque, étude Blain, reg. de 1577, ('" 72 v", acte du .'5 février 1077. — Minutes de Tardivier, étude Cornier, registre de 1580, 1'" -I, acte du lrr février 1580). Ce nom propre, dérivé d'une profession, a pour étymologie les mots : ban, bandier.
1 Tous les manuscrits e1 D'Aigrefeuille (t. Ier, p. 272) donnenl Favy. L'erreur de lecture es! évidente. Aucun diacre ne porta ce nom; celui de Formy est, au contraire, très connu e1 se retrouvera plus loin.
- Ms. A II. : restèrent, ce qui es1 faux.
■■ .Ms. F. de B. : 15.
'< .Ms. F. de B. : Huissier.
5 Tous les événements rapportés dans ce1 alinéa se passent pondant le premier trimestre de l'année 1561 .
1561 médecine, et vouleul estre enterré a la façon de l'Eglise refformée. Le gouverneur et gens de M1" de Terride, y voulant donner etnpeschement, lurent bien batus.
Les assamblées publicques se firent a la maison de Monsieur de Maupeau, et, au mois de septembre, la cène y fut faite publiquement.
Auparavant, le 20 mars 1560 ' , furent tenus les Estais extraordinaires a Monlp", pour avoir l'opinion sur le gouvernement du Royaume : ou si le Roy de Navarre l'auroit, ou la Reyne. Mr de Crussol y feut solliciteur pour la Reyne, ce qu'il gaigna avec beaucoup de promesses. Le Roy demandoit aussi avis sur la reunion de son domaine et acquitement de debtes. L'avis fut de prandre les biens eclesiasliques et reliques. El -, pour faire remonstrance aux Estats sur nos doléances, fui député Mr Chabot, de Nismes. Mr de Crussol promit faire entendre nos doléances. Led. Chabot, après, fut délégué pour aller a la Court playder nostre cause.
Le 24 septembre 1501 , on print le temple de Tables3, pour prêcher.
Le 15 octobre4 1501, fut prins M1' Vives a Beziers par le baron de Laudun et mené a la rivière du Pas du Loup. Depuis ne s'en est sceu nouvelles.
Les chanoines avec quelques soldats, tenans fort dans S* Pierre, faisoienl beaucoup de séditions, et le 19 d'octobre 1501 sortirent quelques ensegnes aux créneaux. Ceux de la Relligion leur allèrent gagner la tour du Palais, qu'ils tenoient, sans perte de persone. L'apres di-née, la tour des Carmes fui aussi gagnée, ci fui tué un appelle Miol, de la Relligion. On prit dans ladille tour un Consul, qui fut l'ail prisonnier. Ceux de S1 Pierre furent assiégez, et toute la nuicl sonnaient fort leurs cloches, crians au secours, mais personne ne vint.
1 En réalité : 1561 . — L'auteur a compté l'année comme à Montpellier.
2 Les mss. B. N. et A. H. ne donnent pas celle conjonction.
■i Tous les manuscrits portent : le temple de Lattes. Mais les documents cl l'Histoire ecclésiastique [t. I''1', p. 970) niellent à ce jour du 24 septembre 1561 la saisie de l'église Notre-Dame des Tables, et Lattes n'a jamais ou d'église calviniste organisée. L'expression : le temple de Tables, étanl alors usitée, l'analogie de forme îles deux mots est évidente. La correction s'impose donc.
^ Ms. F. de H. : 24 décembre.
1561 Le landemain, ne pouvant plus, se rendirent ; mais, sur la fureur, quelques soldats et mesme le chef fut tué, et aussy quelques douze chanoines ou prestres, et entre autres deux cordeliers, et ce f :l a cause qu'ils tuèrent un de nos gens après avoir fait l'acord avant qu'entrer.
Les idoles après furent abbatues par toutz les temples, et les soldats de la Relligion firent quelques insolences par les maisons des papistes ; mais cela fut bien tost apaisé, et furent censurez.
Apres cela fut envoyé a la Cour M'e Michel Heroard avec la commission de Mr de Joyeuse, baillant puissance aux chanoines de se faire forts, avec armes.
Pour ce que plusieurs papistes, espouvantez de la prinse de S1 Pierre, s'en alloint et vendoint leurs vivres, fut tenu Conseil que personne ne sortiroit, et que l'on advertiroit le Roy. Mre Jacques de Montagne, advocat du Roy, fut délégué.
Le 19 novembre 15611, a esté publié edit de rendre les temples dans vingt quatre heures. On alla prescher chez Mr Formy.
Le 12 dud., s'estoit tenu a Montpr un colloque des eglizes du ressort dud. Montpeiller, qui furent :
Pezenas Monbazenc Giiean
Gignac Cournonterrail Frontignan
Montagnac Mirevaux Lunel
Clermont Ville magne 2 Beziers
Poussan Yilleneufve Mauguio.
Cournonsec Fabregues
Fut arresté de faire sindicat pour requérir les temples et faire doléances aux prochains Estais, assignez a Beziers le 20 nouvembre 1561.
Le 11 dud.3, furent députés pour traitter accommodement avec
1 J'emprunte cette leçon, confirmée par les documents, au ms. F. de B. Les autres donnent : 1562.
- 11 s'agit de Valmagne, canton de Mèze (Hérault). Aujourd'hui le nom de Villeveyrac a prévalu pour cette agglomération, qui dut son origine à l'abbaye bénédictine de Valmagne. Au XVIe siècle, on ne disait que : Villemagne. Ceci afin de prévenir toute confusion avec un autre Villemagne di1 l'Argentière, qui appartient au canton de Saint-Gei vais (Hérault), <•( se trouvah au diocèse de Beziers.
3 Tous les manuscrits ont à cet endroit : Le 11 dud. février furent.
1561 Messieurs les chanoines : pour le Consistoire, noble Pierre de Combes de Montaigu1, s1' de Combas, m'" Michel Heroard et inlc Tallard, greffier; et, hors du Consistoire, M' le gênerai de S1 Ravy, Mr Rondelet et sr François Maigret.
Le dimanche 13 - dud., on recomenca a prescher a l'Eschole Mage. Le 24 3 dud., tant pour les députés de l'Eglise que des chanoines et clergé, fut accordé, pour la paix publique, que nous aurions les temples appeliez de Nostre Dame, a présent appelle le temple des Changes, le temple de S1 Paul et le temple de S1 Matthieu. Apert par acte publique receu par Me lllaire, not"'.
Le 25 dud., l'on est retourné prescher au temple des Changes. Le 20 décembre4 1561 fut dressé un Conseil politique de l'Eglise des personnes qui s'ensuivent :
Mr le baron de Montpezat M1' de S1 Jordy
Mr le gênerai de Saint Ravy Mr de Poussan Mr de la Mousson M1' le controolleur Contour
Or, l'accord ayant été signé le 22 novembre 1561, c'est de quelques jonrs que la délégation l'aura précédé. Je pense donc que le manuscrit primitif pouvait porter deux fois, par erreur du scribe, le mot : feurent, et que le premier, par analogie d'aspect, aura été traduit par : février. Il est évident, d'ailleurs, que, le mois de février n'ayant point été nommé, le rédacteur n'aurait pu employer l'expression : dudit.
1 C'est fautivement que le ms. F. de B. donne : Montagnac. Le nom du personnage est établi par beaucoup d'actes originaux.
2 Nécessairement il y a erreur ici. Le 13 novembre 1501 était un jeudi et non un dimanche. Faut-il accepter le quantième et changer le jour ? ou bien mettre le fait au 23, qui était un dimanche ? Contre cette dernière hypothèse milite pourtant la date de l'accord (Voir note suivante)'!
:; .l'ai vainement recherché celte transaction dans les minutes de Pierre Hilaire, conservées au fonds Bizeray aux Archives de l'Hérault, série E. Elle a dû être prise en liasse, et, d'après le Catalogue analytique, le 22 novembre 1561. Cette pièce originale se trouva ensuite entre les mains de qui dressa ce Catalogue. On connaît l'acte seulement par la copie que Pierre Serres en a donnée et qui perte la date du 22 novembre. Ne se pourrait-il pas, dans la présente Chronique, que la mémoire du rédacteur ait été, pour cet article et du fait du suivant, influencée par une analogie de dates ! Deux mois auparavant, c'est-à-dire en septembre, le 24 avait eu lieu la saisie de l'église N.-D. des Tables par les protestants, et le 25 Formy y avait inauguré Les prédications.
1 Ms. A. II. : novembre, leçon que combat la place chronologique du fait.
,'li'l LA RÉFORME A MONTPELLIER
1561 Mr l'auditeur Orloulan Sire François Maigret
Mr l'auditeur Monlaul M"' Jacques Bartholomey
Mr Montagne Sire Gailhardet Verehand
M1' Bonnier Sire Bertrand Manny
M' le controolIenrDuboys Sire Guillaume Verehand
Sire Jehan d'Orléans vieux Sire Guiraud Rat.
[562 Le dimanche I janvier 1562. a esté l'aille la Cène au temple des Changes et a S' Paul, ou ont assisté les Consuls et autres officiers.
Le 5 janvier 1562 y a eu sédition a Villeneufve les Avignon, pour cause des prières et assemblée que ce faisoint a la maison de Chantai, et ledit Chantai y a esté tué.
Le 10 janvier 1562, a esté assamblé un colloque gênerai du pays de Languedoc en la ville de Montp1-, ou se sont trouvées les Eglises et personnes qui s'ensuivent, pour respondre a certains articles baillés par M1' de Joyeuse pour l'observation des editz du Roy que aussi pour les affaires des Eglises et pour le voyage de M' Chabot a la Court :
Montpellier. — Pour le Consistoire, noble Pierre de Combes, sieur de Comhas ; et, pour le Conseil, M'1' Guille de Contour, controlleur.
Nimes. — M"' Guillaume de Sauzet, diacre, et Robert Daymes, diacre.
Usez. — Sieur Merulas 1 de Tholoze, ancien.
Lodeve. — Me Raymond Lafont et Philippes Pages, anciens.
S1 Pons. — M"' Anthoine Bonnefous, sindic.
Lavaur. — Noble Jean de Combes, sindic.
S1 Amans. — Antoine Capdelane, ancien.
Pezenas. — Honorât d'Ambesaigues, ancien.
Saint-Chignan. — Anthoine Cournul.
Lunel. — Barthélémy Micol, ancien, et Jacques Bronzât2, diacre.
Clermonl. — Pierre Pujol, ancien.
S1 André. — Guill'' Frances et Antoine Leolard.
1 Ne faudrait-il pas : Nicolas? — Un certain nombre de noms propres nie semblenl appeler des corrections nue seuls fournissent les documents il.' chaque localité. J'ai marqué celles qu'il m'a été possible de faire
s Ms. V. de M. : Bronsas.
Montagnac. — Guill1' Vaire, ancien.
Pomoyrols. — Jean Malordi, diacre.
Florensac- — Pierre Jarlier, ancien, et François Garrigues, ancien. Villemagne '. - — Mathieu Cailau, ancien.
Pignan. — Jacques Caubert -, ancien, et Jacques Malguez, consul. Poussan. — Estienne Baffié3, ancien.
Maugueil. — Guillaume Vezian, député par l'Eglise et ville. Frontignan. — Arnaud Mares, ancien.
Villeneufve. — Jean Amat*, diacre.
Mirevalx. — Jean Rynard5.
S1 Ambroix. — M"' Guillaume Des0, diacre, et André Favier7, ancien.
Massilargues. — Estienne Menut, secrétaire. Vouvert. — Me Antoine Vergis, diacre.
Sauve. ■ — Henry Bansilon8, ancien.
Durl'orl 9 — André Cahors, ancien.
Marcellan. — Jac(iues Estienne, ancien.
Cournonterrail. — André Ferriere 10, ancien. Ginac. — Me Pierre Janvier.
Alez. — Mn' Jean Bonnaut. Meyrueys. — Noble Christophle de Foures11.
1 Voir p. 262, note 2.
- Ms. A. II. : Aubert.
:s Mss. B. X. et A. G. : Affié; Ms. F. de B. : Assiè. — Je suis à même de corriger par de nombreux documents ce nom, qui reviendra parla suite.
4 Mss. : Amals. — Nom également connu et qu'on retrouvera.
5 Ms. A. H : Regnard. — Je pense que ce peut être : Reynard, nom équivalent, mais plus répandu sous cette forme-ci dans la région.
e Ms. F. de B. : Rades.
7 Ms. B. N. : Fonier; ms. F. de B. : Fornier. — Ici je n'affirmerai pas absolument, mais cette leçon du ms. A. II. me parait vraisemblable.
8 Les divers mss. portent : Bonsilon. — Mais le nom est fort connu par les documents et la notoriété que devait lui donner un de ses membres, pasteur du XVIIe siècle.
'■' Le ms. F. de B. est le seul à écrire correctement ce nom ; les autres portent : Dut/fort.
10 Le ms. F. de B. paraît donner la meilleure version ; ms. B. X. : Forriere; ms. A. H. : Forrier.
11 Ms. A. H. : Befourts.
1562 Giiean. — Jacques du Four1.
Fabregues. — Rainier2.
Ledit colloque fut tenu a la maison du sr de Combas. Parce que M' de Crussol 3 venoit au pais avec commission et puissance, fui dit qu'il n'y avoit lieu de respondre aux articles du sr de Joyeuse et, pour scavoir l'intention dud. sieur de Crussol, l'assamblée députa led. sieur de Combas, m"' Guillaume de Sauzet et mre Jean Bonnault ; et, pour ce que led. sieur de Combas n'y peut aller, M. le gênerai de S' Ravy fut député en son lieu.
Apres le partementdesd. députez, Mr de Crussol envoya par lettre a Messieurs du Siège presidial 4 deux Consuls, deux bourgeois ou marchans qui ne fussent point de l'assamblée, un ministre et un ancien de l'Eglise pour leur déclarer l'intention du Roy et sa commission. Luy furent envoyez par le Presidial Mr Barges, criminel, et Mr Uzilles 5, conseiller dud. c.
Le 29 aoust 1Î5627, on comenca8 d'abbatre les temples es''1 faubourgs.
Le 30 dudit, François David fut tué, allant a l'escarmouche au Terra il.
Le 2 de septembre 1562, les ennemis campèrent a Lattes, au mas d'Ensivade, et prindrent la tour de Lattes, et tuèrent ceux quy estoient dedans.
Le 4 dudit, on fit sortie de la ville, ou on tua 80 ou 100 soldats des ennemis près la Sererede d0.
Le o dud., arriva au camp de l'enncmy Peyrot Loupian, avec quelques Espagnols a cheval et a pied.
Le 11 dud., sortirent de Montpellier 16 enseignes et 5 cornets de
1 Ms. A. II. : Du Four.
2 Ms. B. N. : Ramier. Je ne saurais nie prononcer.
3 Ms. A. II. : le duc de Crussol.
4 Ici lacune des manuscrits, portant sur la délégation à Crussol de deux membres du Presidial, etc.
•' Ms. A. II. : Uzillies. La forme usitée est l'zillis.
6 Leçon du nis. F. de B. ; ms. B. N. : de ; ms. A. II. : des.
7 Le ms. B. N. ne porte pas l'année; les deux autres la donnent.
8 Ms. B. N. : commence.
'■' Leçon du ms. A. II. ; le ms. B. N. porte : et. 10 Ms. A. H. : Lerreirede. Il s'agit de La Cereirède.
[562 cavalerie, et s'en allèrent camper près les ennemis, au mas de Bouysson.
Le 12 duel., Mr le baron de Grussol pensa estre tué d'un coup de canne quy luy emporta le bout de son chapeau de paille sur la teste, estant au camp.
Le 14 dud., le baron des Adrés 1 arriva au camp avec quatre ou cinq cens chevaux.
Le 15 dud., on assaillit le camp des ennemis.
Le 16 dud., le ministre d'Uchaut fut prins, allant a Melgueil-, et depuis pandu au camp.
Le 19 dudil, noslrc camp se retira pour aller a S* Gilles.
Le 27 dud., nos gens eurent victoire a S1 Gilles du camp des Provensaux. Ilsgagnarent ving deux ensegnes, deux canons et tuarent bien 2000 hommes.
Le mesme jour fut tué le cappne Gremian près S1 Denys par les ennemis et quelques quinze soldats; et Peyrot Loupian fut tué au Pont Juvenal, en se retirant, par la garnison du moulin de l'Evesque.
Le 27 dud., jour de la defifaite de S1 Gilles, arriva le sieur de Joyeuse au camp des ennemis, avec six ensegnes d'infanterie et deux de cavalerie et la plus part prestres.
Le 29 dud., Mr Mirepoix arriva aussi au camp3 de l'ennemy4, avec six5 canons et deux doubles canons.
Le 1er 8bre, fut la desroute des Arenas, revenant le cappne Grille0 de S1 Gilles, ou furent tués des nostres 150 et quelque 30 ou 40 des ennemis.
Le 3 dud., l'Evesque d'Allelh 7 parlamenta avec le cappm" Grille près le Pont Juvenal.
Le i dud., le camp de l'ennemy8 se retira vers Frontignan.
1 Les mss. portent : Aydes.
2 Leron du ms. A. H. ; le ms . B. N. porte : Melgeuil. :i Leçon du ms. A. H. ; ms. B. N. : cam.
4 Ms. A. H. : des ennemis.
5 Ms. A. II. : dix.
fi Tous les manuscrits portent : Greffe. Mais tous les autres documents donnent : Grille. Le personnage est, d'ailleurs, fort connu. 1 Ms. A. H. : Allets. Il s'agit d'Alet et non d'Alais. 8 Ms. A. II. : des ennemis.
1562 Le 8 dud., le cappBe Rascalon et Annet Jacaunet l furent décapitez.
Le 9 duel., on alla battre la Carbon niere, et fut prinse.
Le 11 dud., fut fait crie d'aller touts au presche.
Le 18, on commença de prescher a S1 Firmin.
Le 23, le cappne Boulhargues prit 7 ou 8 barques au port d'Aiguesmortes.
Le 31. la ville d'Agde fut assiégée et bien battue, et mieux deffendiïe.
Le i 9br,\ se retirarent les ennemis et, en se retirant, le capp"e Bouilbargucs deffït 2 compagnies d'infanterie.
Le 13 dud., Agnane fut prins par escalade de ceux de Montper.
1563 Le 1er avril 1563 furent mandés nos Estats a Bagnols, ou furent Mrs le comte de Crussol et de Beauvais, cardinal de Chastillon ; et la Cul accordée la paix.
Le 12 may, M1' de Crussol s'est2 demis de sa charge a Montpellier en pleins Lstats.
Le 13, la paix a esté publiée.
(Tiré d'un vieux manuscrit huguenot).
1 Ms. A. II. : JarauncI, fautivement.
2 Ms. : B.N. : c'est.