‹ Études sur la réforme à MontpellierChapitre 11 sur 110 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

L'attitude d'un L'IIospital ne fut pas seulement le rêve solitaire d'une âme supérieure. Mais les factions et les passions lurent plus Tories (pie la tolérance des sages. Nombreux étaient les catholiques qui ne pouvaient se l'aire à l'idée d'un partage : il leur semblait une dépossession. Et, parmi les réformés, les impatiences souffraient d'attendre, comme les fanatismes de transiger. Assemblées en armes, bris d'images, attaques d'églises, les attentats se succèdent. Calvin avait beau blâmer et retenir ; il fut impuissant. A Montpellier, en 1560, les réformés se sentent assez forts pour s'emparer de l'église Saint-Mathieu. L'envoyé du roi, Villars, réprime durement cette sédition. Mais, l'année suivante, à la faveur de ledit de janvier, le parti s'organise. Il se recrute avec rapidité. Devenu maître du consulat, il attend d'un coup de main la victoire sur l'ancien culte. Le 2'i septembre, l'église Noire-Dame est envahie. Le 19 octobre, la cathédrale est assiégée. L'évêque et le gouverneur avaient élé obligés de fuir. La cathédrale ayant capitulé, ce fut le signal des désordres. Comme dans toutes les émeutes, la populace s'attaquait au\ biens et aux personnes. Eglises et monastères furent pillés, prêtres et religieuses expulsés. L'autorité royale étant sans puissance, toute celte partie du Languedoc fut en plein bouillonnement avant même que la guerre civile eût éclaté. La prise d'armes de 1562 ne lit qu'affermir la domination protestante à Montpellier. Elle se traduisit, comme ailleurs, par la spoliation des biens ecclésiastiques, la suppression de l'ancien culte, la mise en demeure aux habitants d'aller au prêche ou de partir. C'était le régime de Genève. Le parti vainqueur ne parlait plus de liberté.

l)i\ années suivirent qui furent les plus sombres de cette histoire. La paix d'Amboisc n'avait rien résolu. Elle avail restauré le catholicisme dans la ville, rendu au clergé ses biens cl reconnu l'existence du nouveau culte. Mais il était plus facile de proclamer la paix que de l'imposer. Les deux cultes se combattaienl avec fureur. La seconde guerre de 1567 livra une seconde fois Montpellier aux protestants. De nouveau, les prêtres furent bannis el les églises confisquées. L'année suivante, la ville l'ut reprise par les catholiques. On devine aisément ce qu'elle devint dans ces rafales. La plupart des monuments étaient ruinés; le nombre des pauvres s'était accru; les écoles étaient fermées ou désertes; toute vie

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