XIV INTRODUCTION
De cet édil même, c'est une des pages inléressanles du livre que d'avoir retracé l'histoire. Le régime établi à Montpellier, ville d'otage, avait laissé une foule de questions en suspens. Gomment le principe d'égalité que la paix religieuse cherchait à établir devaitil s'appliquer dans une des places fortes de la Réforme? Les commissaires royaux, arrivés le 1er décembre 1600, avaient invité les deux partis à leur soumettre des « articles». Entre ces revendications opposées ils firent un compromis. Les catholiques rentrèrent en possession de leurs églises, presque toutes ruinées, d'ailleurs. La liberté de leur culte public fut assurée. Le caractère mixte de l'hôpital fut reconnu : les indigents y furent admis sans distinction de croyance. Les ordres religieux eurent toute faculté de s'établir. Ces mesures, il est vrai, laissaient entre les mains des protestants le consulat et le collège. Mais une application progressive de l'édit devait leur enlever ce monopole. En 1001, les catholiques furent admis à faire partie de la commission chargée de répartir l'impôt. En 1604, un nouvel accord régla la question scolaire. Le principal du collège fut calviniste; mais les chaires furent partagées. Deux professeurs de philosophie fuient institués, un de chaque culte; trois régents durent cire catholiques, trois, protestants. Les consuls gardèrent la nomination des premiers administrateurs et le droit de convoquer l'assemblée du collège. Celle assemblée elle-même fui cornposéede membres choisis par le Conseil de Ville et parles catholiques. L'évêque en présida les réunions et fut associé au contrôle des livres. Ce régime, qui assurait la paix, permit aussi la libre discussion et la propagande de doctrines. Ce fut le catholicisme qui en profila. Ces années'de concurrence et de controverses sont aussi des années de conversions. En 1622, la crise que provoqua la révolte de Rohan lit tomber Montpellier entre les mains du roi. La dernière exclusion qui avait été maintenue contre les catholiques fut abolie. Ils eurent accès au consulat.
Nous arrêtons ici noire analyse. L'auteur poursuit son élude jusqu'à la révocation de ledit de Nantes. Cette période de soixantetrois ans n'est plus que le recul inévitable, bientôt forcé, du protestantisme sous la poussée catholique des institutions et des idées.