XVI INTRODUCTION
de n'avoir jamais subordonné à des fins utilitaires son activité intellectuelle. Ne laissons pas dépérir ce qui est le plus pur d'elle-même, celle primauté du savoir que le suffrage des peuples a consacrée. Qu'on ne dise point qu'en sauvant ce patrimoine admirable, elle néglige de l'accroître. Toutes ses forces doivent rester intactes, toutes debout: celles du corps, celles de l'esprit.
Ouvriers de l'intelligence, penseurs, écrivains, artistes, érudits plus modestes, qui, dans le silence des laboratoires, de l'atelier, des bibliothèques, sous l'étreinte des communes angoisses, au souffle des communs espoirs, poursuivez votre œuvre, vous ne cessez pas de la servir. Vous êtes ses témoins, — témoins devant le monde, car vous lui démontrez qu'elle n'a rien perdu de son àme, — témoins devant elle-même, puisque vous continue/, sa tâche et que ses fils savent par vous ce pour quoi ils luttent : L'indépendance de son sol, la noblesse de son génie, l'héritage des aïeux, cette forme supérieure de pensée et de vie qu'ils ont créée et dont le déclin serait une déchéance d'humanité.
IMBART DE LA TOUR Membre de l'Institut.
Janvier 1918.