CHAPITRE II PÉNÉTRATION DE LA RÉFORME
C'est du dehors, en effet, que vinrent. — et peut-être sur les pas de disciples d'abord enivrés d'humanisme, — les apôtres de l'ëvangélisme français ou érasmien. ceux tant du luthéranisme allemand et flamand que du zwinglisme, voire les «libertins», enfin les propagateurs du calvinisme. Car c'est la très curieuse caractéristique de Montpellier que ers influences multiples et diverses y aient eu leurs représentants, et que leur jeu, leur lutte même aient finalement abouti à l'éclosion d'un sectarisme local, fait surtout de désir d'une réaction anticléricale, de pusillanimité et d'astuce devant le péril, de haine et de violence aveugle au jour du triomphe. Ainsi entre autres verra-t-on passer en premier plan ou simplement se profiler sur la scène : fabristes de Meaux avec, aux côtés de Guillaume Pellicier, l'évêque réformateur et d'abord conciliant, ami des du Bellay, Michel d'Arande et Caroli, sans omettre la duchesse d'Alençon; compatriotes, adeptes, correspondants de Luther ou de Mélanchthon; parents des Maigret; pupilles d'Amerbach; amis de Farel ou de Calvin, tels que Christophe Fabri (Libertet), Béat Comte et Claude Baduel; jusqu'au joyeux Rabelais et au sceptique Blandrata, tous venus de Paris, de Bourges. d'Orléans ou de Lyon, des Flandres, de Strasbourg, d'Allemagne, de Suisse ou d'Italie.
Ce qui les attire, c'est le renom des écoles montpelliéraines et, par les quelques traits dont celles-ci viennent d'être distinguées, on saisit déjà quel sera l'ordre de la pénétration.