‹ Études sur la réforme à MontpellierChapitre 37 sur 110 · Gaufres, ('lande Baduel, p · texte numérisé non relu

Gaufres, ('lande Baduel, p

- A. Puech, Les Nimois au temps de la Renaissance, p. cxlvif, note 2.

n lbid., p. cxm, note 3.

4 René Gassin le 22 avril et Claude Baduel le 9 mai (Covelle, Livre des bourgeois de l'ancienne république de Genève, pp. 241 et 243).

5 E. Douniergue, Jean Calvin, t. III, p. 62-J.

6 L. Guiraud, Le Procès, etc., p. 193.

7 Id., ibid., etc., pp. 65 et 67.

s Lettre de Baduel à Mansencal, publiée par Al. Tausserat-Radel (Correspondance politique de Guillaume Pellicier, p. 707). ■' Voir p. 104.

LES ORIGINES Dl PROTESTANTISME 111

4° Les rapports déjà signalés entre les comparses du procès de Pellicier, mais confirmés depuis avec évidence par la découverte de nouveaux documents, lesquels montrent Impérat, Barrière, Guillaume de Chaume perpétrant les mêmes affaires dans la maison du premier ' ; Jacques de Fortin, trésorier du Chapitre2 et rentier du vieil évoque Pellicier'1 au moment où celui-ci déshérite son neveu1, demandant l'autorisation de «manger chair en caresme » et faisant protester par notaire du refus épiscopal 5; Gassin ° et Impérat 7 accomplissant à Toulouse ou à la Cour des voyages opportuns et significatifs. Or. excepté pour le dernier, les précisions apportées par d'autres documents les montrent tenants de la I.éforme et menacés par les mesures encore plus efficaces que prenait alors même contre ses adhérents l'évêque Pellicier.

Le 20 octobre 1551 celui-ci annonça à son Chapitre cathédral la nomination d'inquisiteur de la foi au diocèse et de chanoine théologal, de me Jean Posatoris 8 alias Pouzaire, le nouveau prieur des Dominicains, prédicateur du carême à la Cathédrale en 1550°. Sans retard, quelques procès d'hérésie furent entamés. Aussitôt et bien à point, Impérat part pour la Cour, y machine tout, et le 12 novembre l'Évêque, arrêté',

1 « Faict et récité a Montpellier, en une chambre de la maison de noble Francoys Impérat ou habite noble Aubert de Barrière, e.s présences de noble Guillaume Chaume, baron, seigneur d'IIomelas » (Contrat du 16 septembre 1547 aux Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Jacques Barthélémy, reg. de 1547, f° 121).

2 L. Guiraud, Le Procès, etc., pp. 50-58 et 103.

n Protestation du 1er mai 1548 (Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Guillaume Baillet, reg. de 1548, f° 14).

4 Testament de Pellicier l'Ancien (L. Guiraud, Le Procès, etc., p. 45, note 1).

"' Protestation du 14 mars 1549 n. st. (Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Guillaume Baillet, reg. de 1548, f° 177 v°).

0 Lettre de Baduel à B. Trainier (Al. Tausserat-Radel, Correspondance politique de Guillaume Pellicier, p. 709).

7 Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Jaccjues Barthélémy, reg. de 1549, pièce insérée, du 27 novembre 1549.

8 L. Guiraud, Le Procès, etc., p. 75.

9 Délib. du Chap. cathédral du 21 avril 1550. — Voir p. 83.

quitte sous bonne escorte sa ville ', qu'il ne devait pas révoir de sept dures années.

Aussi un des premiers soins de Barthélémy, ce magistrat si complaisamment commis pour enquêter contre Pellicier, fut-il de prendre a congnoissance de cause et juridiction sur les officiers de l'evesque qui besongnoient avec l'inquisiteur de la foy contre aucuns accusez d'heresie et empescher leurs procédures, pour mectre en franchise aucuns accusez ». Ensuite il reçut leur témoignage et celui de quelques autres « accusez de falsa religione qui depuis ont laissé leur famille au pays et se sont renduz bourgeois a Genefve »2. Nous allons retrouver tous ceux-ci. Mais de tels détails il faut conclure que, sans être uniquement l'œuvre des protestants de l'époque, la cabale contre Pellicier a, de leurs rancunes et de leurs appréhensions, reçu une aide décisive.

Ce que fut la longue épreuve en résultant, je l'ai retracé ailleurs avec détails3. Brusquement saisi en plein exercice de ses devoirs d'évêque, bafoué, dépouillé, incarcéré à Beaucaire, Guillaume Pellicier fut défendu par ses amis, son clergé, des cardinaux, le nonce sur l'ordre du pape. Malgré la puissance de ses ennemis et de leurs complices, il parvint à se faire ouvrir les portes de sa prison, puis à traîner devant le Parlement de Paris son juge inique et dénoncer à l'opinion la cupidité de Villars, la trop facile complaisance du connétable de Montmorency. Quand il rentra dans sa ville reprendre son rang, ses prérogatives et sa mission, purifié et grandi par le malheur et les vertus qu'il engendre, il s'empressa de liquider les devoirs que sa faiblesse d'homme lui avait si malheureusement créés4, et désormais se livra tout entier à

1 L. Guiraud, Le Procès, etc., pp. 104 et suivantes.

2 Ibid.j pp. 221 et 208.

3 lbid., pp. 104 et suivantes.

4 11 inaria ses filles : Hermione-Dorothée à Carlo Lonielino, gentilhomme génois, qu'il créa seigneur de La Salade, une métairie en la val de Montferrand (Min. de Degan, étude Grollier, reg. de 1573-1575, f° 279 et Arch. de l'Hérault, B, 1G, 4 mai 1569) ; Lucrèce-Antoinette à Jean Julius, que l'évêque fit garde et conservateur des garrigues du comté de Melgueil,

son rôle d'évèque. En son absence le protestantisme avait gagné la société, le clergé, la région, en dépit d'une sévère répression. Il n'y avait pins d'instants à perdre ni de tempéraments à garder pour défendre la foi, les institutions catholiques. Pellicier. que sa science et son orthodoxie avaient designé pour participer, en 1547, au concile à Bologne, reprit aussitôt position dans la lutte avec une énergie si grande que la haine de ses adversaires en a rendu témoignage1, et se concentrera sur lui jusqu'à le chasserde sa ville, afin de pouvoir la subjuguer.

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