INTRODUCTION V
n'étaient-ils pas en droit de regret 1er que certains articles fissent plus songer à une apologie qu'à une histoire ? Et enfin cet effort s'était limité lui-même. Il se dépensait surtout à la recherche des documents protestants, ou des documents officiels dénonciateurs de persécution el d'injustices. Enquête un peu unilatérale, qui deman-. dail à être complétée, rectifiée par des témoignages contraires, dont on peut discuter, mais non dénier l'importance el la valeur. Heureusement, nous sommes en progrès. On ne peut plus dire que notre XVI" siècle soit délaissé. La curiosité scientifique a fini par s'emparer de celte époque à la fois si troublée el si féconde, qui a semé tant d'idées au milieu de lanl de ruines. Depuis vingt ans. les publications se sont accrues; et elles n'ont plus été l'œuvre d'une école ou d'une église, mais des esprits les plus divers. Des études nouvelles nous ont révélé notre humanisme, el des revues se sont fondées pour l'explorer dans tous les sens. D'autres écrivains ont analyse, approfondi les doctrines religieuses. Ils ont cherché à démêler les divers courants qu'un seul terme équivoque avait confondus. Déjeunes savants se sont attachés à l'histoire politique, étudiant le lien intime qui unit les croyances aux partis ouïes mobiles qui dirigèrent un pouvoir oscillant entre la répression el la tolérance. Ceux-là, enfin, se sont installés au cœur d'une province. Ils ont fouillé l'histoire locale, cherché à saisir, à suivre, sur un point donne et dans tous ses détails, les origines et la marche du mouvement. Et comme le nombre de ces travaux grandissait leur valeur. On a compris que cette histoire devait être soumise aux procédés de l'histoire. Une curiosité impartiale a commencé à exhumer tous les documents. Une critique rigoureuse a cité à sa barre les témoignages contraires, ne croyant pas qu'il fallût a priori choisir entre eux. L'historien ne peut se prononcer entre les partis qu'après les avoir entendus tous. Ce souci de neutralité a inspiré un esprit plus grand de justice. A celle émulation intellectuelle nous devons des travaux excellents, mieux encore, des méthodes sûres comme des matériaux incomparables pour l'œuvre d'ensemble que nous sommes toujours à désirer.
Esl-ee à dire que toute clarté soil l'aile? Il y a encore bien des problèmes obscurs. Notre histoire religieuse du XVIe siècle avance. Nous sommes loin du ternie. Un labeur énorme nous reste à accomplir,