‹ Études sur la réforme à MontpellierChapitre 6 sur 110 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

plus important encore serait d'avoir sous les yeux les discussions qui les ont préparés, les procès-verbaux de ces assemblées de bailliage où furent rédigés les caliiers et nommés les députés. Quant aux Liais provinciaux, nous en sommes toujours réduits à rechercher leurs décisions dans les documents originaux ou des copies du XVIIIe siècle. Fragments, les correspondances diplomatiques... Aucun siècle cependant où les frontières se soient autant abaissées devant les doctrines, où les intérêts confessionnels aient plus contribué à l'internationalisme de la politique. Le sort religieux delà France ne s'est point seulement agité dans les conseils de son gouvernement ou de ses assemblées. Rome, Madrid, Vienne, Londres y sont intervenus. Qui ne saura point toutes les trames de la diplomatie officielle ou de la diplomatie occulte, des traités publics ou des accords secrets, ne connaîtra que l'écorce des événements. De ce réseau souterrain de calculs, d'intrigues, de volontés, d'ententes qui agitent la surface, sommes-nous en mesure de démêler les fils ?... Fragments, enfin, les délibérations municipales. Celles-ci abondent. Si mutilées que soient les archives de nos écbevinages ou de nos consulats, ce qui reste suffit à nous donner une idée exacte de la vie. des passions, des événements locaux dans la seconde moitié du XVIe siècle. Les derniers historiens de la Réforme ont de plus en plus fouillé dans ces débris. Mais le travail de classement ou d'inventaire est loin d'être termine. Il a été entrepris dans les grands centres ; nul n'y a songé dans les localités plus petites. Des inventaires qui ont été publiés, quelques-uns sont excellents. Combien d'autres seraient à réviser! Des mentions superficielles, des indications sommaires, sans précision, sans date, ne nous suffisent plus. La méthode que le dernier siècle a si heureusement formulée et nous a si précieusement transmise, nous a rendus plus exigeants. Nous voulons bien être redevables à ceux qui préparent pour nous les matériaux, mais à la condition de pouvoir nous en servir.

Publier, tout au moins classer, inventorier, analyser les textes serait donc une des tâches urgentes à remplir. On ne peut, sans doute, se dissimuler ce qu'un tel travail aurait d'ingrat. Mais le savant qui dresserait, pour l'histoire religieuse du XVIe siècle, un répertoire exact de nos documents d'archives, en indiquerait la provenance, sans même en dépouiller le contenu, rendrait à la science

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