CHAPITRE V LA RÉACTION CATHOLIQUE
En France, le prince de Condé s'apprêtait à reprendre les armes et faisait répandre ses griefs en des écrits tendancieux *. Montpellier regorgeait de réfugiés des villes voisines : Béziers, Agde, Aiguesmortes et autres. Tous armés, ils restaient une menace continuelle. Or la population catholique savait ce que lui avaient valu les étrangers. Elle voyait les ruines, accumulées à trois reprises, de ses églises et monastères, elle supputait ses pertes matérielles, elle appréhendait de nouveaux malheurs et, à son tour, elle se prit à regarder comme odieux et à vouloir proscrire un culte au nom ou sous le couvert duquel s'étaient commis trop de crimes. Très vive fut donc la réaction des esprits dans la ville, et il demeure surprenant qu'elle n'ait môme donné lieu, à part la répression légale, qu'à deux excès populaires, si flétrissables soient-ils.