CHAPITRE VI L'UNION : GENÈSE ET RUPTURE
Eu égard aux avantages jadis obtenus par les calvinistes, la paix de La Rochelle constituait un recul plus marqué encore que celle de Saint-Germain en 1570. On sait les stipulations de l'édit qui la suivit : parmi les gentilshommes, seuls les hauts-justiciers seraient autorisés, en leurs maisons néanmoins et devant une assistance restreinte à dix personnes, à faire procéder au baptême et au mariage de leurs entants ; le culte public étant interdit, sauf en trois villes du royaume, le peuple en demeurerait privé; dans ces villes seulement, qui étaient La Rochelle, Montauban et Nimes, il serait loisible de conserver des officiers protestants. Ainsi Montpellier ne devait prétendre par la vertu de Ledit à aucune liberté ni tolérance. C'est pourquoi, en cette ville et nombre d'autres lieux du Bas-Languedoc, la quatrième paix n'avait point été agréée des religionnaires, lesquels, par l'organe des Ni mois, avaient fait entendre au souverain leurs remontrances et leurs vœux '. 11 en résulta donc pendant ce temps la continuation des hostilités <;à et là dans la province, en même temps que le désir, le besoin, l'illusion, on le verra, de quelque compromis dont on espérait la fin de tant de maux et d'errements condamnés à l'expérience.