‹ Études sur la réforme à MontpellierChapitre 74 sur 110 · I. — Nouvel état d'esprit · texte numérisé non relu

I. — Nouvel état d'esprit

Coup-d'œil en arrière : tmi.s et intolérance réciproques sinon égaux ; acuité des questions de personnes. — Détente amenée pur le temps. — Modération du nouoel évê que Antoine Subjet. —

1 Chroniques ri Documents, pp. 158 el 159.

Réduction et concorde du Chapitre cathédral. — Renouvellement des autorités civiles : Simon Fizes, gouverneur, et ses parents ; mort de Pierre de lu Conte, de Charles de Barges. — Magistrats protestants ralliés au catholicisme. — Flottement des opinions religieuses chez le peuple. — Quelques données de statistique confessionnelle.— Désir général d'un modus vivendi local.

A jeter un coup d'œil rapide et plongeant sur les scènes variées de la période déjà parcourue, il faut bien constater que jamais une tolérance spontanée, sincère et respectueuse n'en adoucit le relief trop accusé. Même la restauration qui se place entre la première et la deuxième guerre, avait été assombrie par le difficile règlement du passé ou la perspective du conflit futur. Et, en dehors de ces courtes années de demi-détente, c'est au moyen de la violence, au prix de la proscription que les partis avaient alternativement dominé. Traqués par Yillars en 1500 pour leurs assemblées en armes et la surpris»1 d'une église, les calvinistes avaient infligé, l'année suivante, aux catholiques les horreurs de la persécution contre les personnes, de l'usurpation ou de la destruction, tantôt furieuse tantôt réfléchie, de tous les édifices religieux. En 15G7-lô(38, ils avaient renouvelé ces scènes. Depuis, leurs adversaires, victorieux cà leur tour, avaient, en 1508 et en 1572, réussi à interrompre le culte protestant; ils avaient saccagé et occupaient encore le temple. De même qu'ils avaient banni à deux reprises, ils avaient été, certains du moins, exilés. Pour les biens ecclésiastiques deux fois pillés, des reprises avaient été exercées sur ceux des calvinistes. Et ainsi, tout compte fait, c'étaient les catholiques qui avaient subi et souffert le pire dommage, mais ils ne demeuraient point sans reproche. Chez tous, donc, la leçon des ruines accumulées acheminait les esprits vers l'apaisement.

Souvent les causes religieuses s'étaient compliquées, exacerbées des questions de personnes. Chacun ayant mis dans la mêlée ses intérêts et ses ambitions, ses ressentiments ou ses craintes, en un mot son tempérament propre, le jeu contraire de tant de mobiles individuels avait certainement augmenté les difficultés générales de la situation. Mais, à ce point

de vue. le temps, qui amortit les passions, réduit à merci les volontés les plus opiniâtres et dévore les existences humaines, ne pouvait qu'accentuer la détente. Que de protagonistes, eu effat, sont disparus â l'époque où nous arrivons !

Autoritaire et magnifique, mais persécuté et dépouillé, et pour cela réclamant justice, Guillaume Pellicier n'est pins. Le successeur du prélat ', le doux et pieux Subjet, qui n'a rien à pardonner encore, entre respecté dans une cité catholique- ; il a donc peu à y souhaiter. Conciliant par nature, comment ne le resterait-il pas? De fait, on le verra toujours tel qu'un trait le peint avant son arrivée, cet évêquequi n'arme point, mais négocie. De Paris, le 14 avril 1573, il donne procuration à Orner de Girard, docteur es droits, pour arrenter les prieurés de Tréviers. de Guculles, de Cazevieille et le moulin de Lafoux. A la merci des calvinistes établis aux châteaux de Montlaur et de La Roquette, ces bénéfices ne donnent rien, maisSubjet sait faire la part du feu, et surtout a un souci plus haut. Son mandataire impose donc au fermier de « composer et accorder avec ceulx de la nouvelle oppinion qui sont dé présent en garnison aux chasteaux de La Roquete et Montlaur ou Montaud, pourtant les armes contre la magesté du roy, et leur donner jusques a cinquante cestiers de bled, les olives et quinse escus, aux fins que led. rentier puisse plus payer le 3 terme de sorid. arrentement et lever et recouvrer des mains desd. de la nouvelle oppinion les [prebstres ?]4 faisans l'office divin en l'esglise de S1 Estienne de Casesvielhes, lesquelz ils détiennent et occupent les fous batis-

1 En réalité, le successeur immédiat de Guillaume Pellicier fut un diacre de l'église de Paris nommé Pierre de Rouille, lequel fut bien pourvu de révêché de Maguelone ou Montpellier, le 19 juillet 1570 (Arch. Vatic, indice 497 Aescovi)> pp. 779-780) et, par lettre datée du 11 février 1571, se mettait en rapports avec le Chapitre (Délib. du Chap. cathédral des 8 et 19 mars 1571) ; mais on n'a de lui aucun acte effectif. Aussi n'est-il pas compté parmi les évêques du siège.

- Le 29 octobre 1573 [Citron, et Doc, p. 161).

3 Mot en blanc.

1 Mot disparu par l'usure du papier.

malles»4. Et il arrive ainsi à ses fins : le 28 mars 1574, le moulin de Lafoux est récupéré et donné en garde à quatre soldats -.

Quant au Chapitre cathédral, la mort a éclairci singulièrement ses rangs. Par là ramené au chiffre de son statut légal de 1536, il est plus homogène et autrement uni d'opinions que jadis : les hommes nouveaux qu'il compte presque exclusivement, regrettant moins une splendeur dont ils n'ont pas joui; sauront mieux s'accommoder aux circonstances.

Etat d'âme analogue chez les ministres. Jean de la Chasse, qui alla jusqu'à prétendre se substituer à l'évèque, a pour toujours quitté Montpellier, dont on l'accuse, même chez ses coreligionnaires, d'avoir causé tous les malheurs. Des anciens il ne reste que Formy, enfant de la ville, désireux d'y rentrer, La Place, maladif et affligé, Payan, constamment sous le coup d'un rappel de son église de Valence3. Comparés à ceux d'antan, apôtres venus de Genève ou ardentes recrues du pays, on les sent assagis, effacés, d'ambitions modestes.

Les autorités civiles ont été également renouvelées. Le vieux Pierre de Bourdic ï, personnage si souvent bafoué, reste influent auprès de Damville5, mais il vient de résigner sa charge de gouverneur. Comme le choix de son successeur décèle tout un plan de concentration des pouvoirs chez une même famille, il faut s'y arrêter quelque peu.

(Testa Villeveyrac, petit village des environs de Montpellier, que naquit Simon Fizes,;. Sa famille était des moindres : en 1606 encore, un de ses membres est simple charpentier à

1 Min. de Pierre de Nemause, étnde Grollier, reg. de 1573, f° 5?."). •2 Ibid , f° 707.

3 Synode provincial de Nimes du 27 juin 1571.

4 En 1571, dans leurs doléances à Charles IX, les religionnaires mettaient en avant son grand âge (Air h. mun. de Montpellier, EE, Histoire de l'Edit de Nantes, f°59).

5 Chroniques et Documents, p. 160.

6 De nombreux actes montrent la famille originaire du lieu, alors nommé Villemagne (Min. de Jean Portai, étude Blain, reg. de 1507, f° 443 ; d'Ant. Comte, étude Cornier, reg. de 1570-1582, f° 002 v", et de 1598-1599, f° 717 ; de Tandon, étude Cornier, reg. de 1597-1003, f° 509, etc.).

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Montpellier '; mais elle profitera singulièrement de sa fortune. A la Cour on n'ignorait pas ces origines obscures, même on s'y serait répété les débuts comme laquais du premier secrétaire d'Etat-. Par quels moyens autres que sa réelle capacité perça-t-il et monta-t-il si bout? Brantôme3 assure que son premier protecteur fut In languedocien Bertrand, garde des sceaux de France, dont Fizes, ceci est certain, était en 1553 1e secrétaire1. De Bèze ajoute qu'il dut aux Guises son avancement5. Sur ces appuis s'en greffa un autre, quand il eut épousé la belle Charlotte de Beaune, cette fille d'honneur de Catherine de Médicis vraiment trop de fois célèbre dans les fastes galants de l'époque 6. Toujours eut-il une carrière rapide et comblée.

Grâce à ses charges à la Cour", à son titre de baron de Sauve s, le petit villageois d'antan (Hait devenu un gros personnage et particulièrement influent h Montpellier, lorsqu'il en fut, le 2 janvier 1573, nommé gouverneur'-1. Au lendemain de la Saint-Barthélémy, ce ministre de Charles IX ne pouvait professer que le catholicisme. Mais toute sa famille était calviniste, et l'on a vu quel moyen il avait pris, en août 1572,

1 Min. d'Ant. Comte, étude Cornier, reg. de 1006, f° 927 v°.

- (( Led. Fizes s'appelloit M. de Sauves ; quelques ungz disent qu'il estoit de maison si inconneue qu'il avoil en sa jeunesse esté laquais » (Bibl. Nat.., l'r. 4.805, note marginale de l'édil du 1er décembre 1576 contresigné : Fizes).

■■ Tome III, p. 309.

■'< Bibl. Nat., fr. 4.591, f° 170 v°.

5 Histoire ecclésiastique, t. Ier, p. 858.

i; Voir sur elle : P. G. J. Niel, Portraits des personnages français les plus illustres du XVIe siècle; 2e série. Madame de Sauves.

' Bibl. Nat., fr. 4.591, fos 170 v°, 81, 82.

* Par acquisition sur l'Evêché de Montpellier (Arch. Nat., G**, 1330, cahier A, art. 57. — Arch. de l'Hérault, <i. Chapitre cathédral, cass. 22. — Arch. du Pari, de Toulouse, chambre civile, reg. 59, f° 382. — Pièces fugitives d'Aubais, t. II, p. 91. — Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Jean Garnier, reg. 107, f° 38).

'•' Arch. du Pari, de Toulouse, Edits, etc., reg. 1908, f° 09 ; cf. reg. 10, f° 09 v°. — Fi/es fut autorisé à l'ester gouverneur sans résider [lbid., reg. 70, f° 215).

pour la préserver du danger. Cette famille directe se composait de trois sœurs déjà richement et grandement mariées : Madeleine à Jean des Ursières, seigneur de Castelnau lez Montpellier * ; Mingette h François de Bellican, lieutenantparticulier au gouvernement de Montpellier2; Barlhélemine à Antoine du Cayla, seigneur d'Espondeillan 3. Les deux aînées furent cohéritières de Simon Fizes, dont la succession, ouverte le 27 novembre 1079*, comprenait les immeubles de Montpellier5 et une maison près du Louvre, qu'acheta ensuite le comte du Bouchage0; puis Mingette fit Madeleine son héritière7. Par naissance et par mariage, cette Madeleine, qui restera toujours la plus grande dame de Montpellier, se trouvait être le lieu entre tous les principaux officiers du moment: son frère, gouverneur pour la justice; un de ses beaux-frères, Pierre des Ursières, gouverneur pour les armes; un autre, Louis de Bucelli, premier consul de 1573, en attendant que son propre mari.Jean des Ursières, succède à Bucelli l'année suivante. Une telle coïncidence, qui n'avait rien de fortuit8, faisait converger l'action de tous les pouvoirs civils vers une entente.

La magistrature était animée du même esprit, car la plupart de ses membres, — et l'un d'eux en a laissé percé sa mélancolie9, — avaient abjuré le calvinisme afin de garder leurs états ; mais leurs dispositions intimes lui restaient favorables. Le seul que son passé vouât cà l'intransigeance, Pierre de la Coste, était alors exilé 10. De même le lieutenant-crimi-

1 Min. d'Ant. Comte, étude Cornier, reg. do 1583-1580, f° 331.

- Min. do Noël Planque, étude Blain, reg. de 1594, f° 990 v°.

;1 Arch. de l'Hérault, 0, not. du Clergé : Dominique du Puy, reg. 80, f° 03 v°.

• Bibl. Nat., fr. 4.591, f° 82.

1 C'est-à-dire l'hôtel de Lunarel et une maison, rue Jacques-Cœur, aujourd'hui fondue dans l'immeuble occupé par les Nouvelles-Galeries.

6 Annexes d'Ant. Comte, étude Cornier, reg.de 1583-1580, fos 197 et 231.

7 Testament du 7 septembre 1594 (Voir note 2).

s On verra plus loin (p. 396) le rôle de Fi/es dans le maintien de Louis de Bucelli.

9 Chroniques et Doonneiits, p. 11.

10 Tbid., p. 153.

Soc. Arch. de Montpei.i iea 05

nel Charles de Barges, cet ardent calviniste, était mort et son office, d'abord échu à Jacques de Montaigne, désormais assagi, fut par celui-ci vendu à Alexandre Baranton d, un de ces hommes nouveaux, effacés, comme on en voit apparaître maintenant partout.

Quant au peuple, il a rendu son verdict : avant tout, c'est la paix qu'il veut pour vivre, cultiver la terre, exercer les métiers. Il suivra qui la lui assure complète et stable. Foncièrement ce peuple montpelliérain était et il est demeuré catholique. Trop de preuves en existent pour que le doute soit possible. Il ne faudrait pas, en effet, se laisser égarer par une impression première en lisant le rôle des calvinistes taxés par Villars2, et il convient de distinguer l'indigène de l'étranger. Après avoir compulsé tant de documents locaux de celte époque, je puis dire ceci. On chercherait en vain dans les compoix ou rôles d'impositions foncières, dans les contrats notariés de mariage, d'achats ou d'échanges, les noms des cardeurs, des cordonniers qui abondent dans la liste de 1560. C'étaient bien là ces artisans embauchés à dessein, dont le nombre s'est multiplié jusqu'à effrayer l'administration municipale f, étrangers qui ont pillé, saccagé aux journées de destruction*, et qui entraînaient, en laterrorisant, la population à partager leurs excès5. Les terriens, ceux qui possèdent ou, à côté d'eux, ceux qui simplement cultivent, ont manifesté, parfois vivement, leurs sentiments catholiques 6.

Il faut aussi, pour la supputation des masses populaires à ranger dans l'un ou l'autre culte, tenir compte de leur doci-

2 Ibid., pp. 346 et suivantes.

3 Délib. du Conseil de Ville des 14 octobre 1560, 18 mai 1561 etpassim. — Voir aussi pp. 329 et 333.

4 Voir pp. 198 et suivantes.

5 d Comme il depposant [me Pierre Martin, notaire royal] vit pour lors, estant en la présent ville, et faisoict aller les habitans de lad. ville par force a lad. démolition » (Enquête du 3 août 1568. Voir p. 361 et sa note 1).

6 Voir pp. 173 et suivantes.

lité au prosélytisme des dirigeants. Une remarque constante, qu'on peut faire en parcourant les registres de baptêmes protestants, c'est la proportion considérable d'enfants du peuple présentés par des gens riches : ne faut-il pas voir un calcul des parents clans le choix de tels parrains, et chez ceux-ci le souci d'opérer des recrues ? Faire partager sa conviction sera toujours naturel. Mais le procédé de propagande par les parrains devient plus frappant à la suite du coup de force des religionnaires le 1er octobre 15G7. Voici, en quelques jours, une dizaine d'enfants dans le cas de la petite Marthe, fille d'Andrieu Gerveiron, laboureur «étant de la religion Romaine (s'etant publiquement demis du droit d'enseigner son enfant et l'ayant remis au parrin) », lequel est ici un simple laboureur. Bertrand Caizergues1. On reconstitue la scène : l'enfant venu au monde au moment où le culte catholique est aboli ; on est religieux, le baptême s'impose ; un ami, un camarade du père conduit au minisire, qui confère le sacrement. Au fond, l'enfant sera ce que l'éducation le fera, et cette éducation va dépendre du sort même de la ville au point de vue confessionnel. Car il faut un culte à ces hommes religieux d'instinct, de traditions et, quand l'un est supprimé, c'est à l'autre que beaucoup d'entre eux se portent. On l'a vu, en 1562 et en 1567-156S, au profit du calvinisme ; puis, en 1508, à l'avantage du "catholicisme, lorsque les protestants, c( veu l'audace du peuple », sentirent eux-mêmes « qu'il ne failloit pour l'heure estriver contre l'aguillon » -. L'expérience tout à fait concluante ne pourrait être faite que sous un régime de liberté réciproque, et cà la condition de posséder à la fois les registres catholiques et les protestants, ce qui n'est pas.

A défaut de tels éléments d'appréciation, en voici quelques autres. Le 27 juillet 1508, il sort de Montpellier de 1.200 à 1.500 protestants 3, dont il ne rentre ensuite que la moitié i : lors de

1 Arch. niim. do Montpellier, GG, 314, foa 160 à 169.

- Cfironiques et Documents, p. 135.

3 Voir p. 347, note 1.

4 Voir p. 370.

la Saint-Barthélémy, le notaire Richard, relatant l'emprisonnement fait de ses coreligionnaires notoires, les évalue à 400 ou 500 ', chiffres qui s'accorderaient approximativement et n'accusent pas la majorité. Et, de fait, après une vingtaine d'années du régime d'infiltration, d'immigration protestante qui sera décrit, un esprit cultivé et ohservateur, le bâlois Thomas Flatter, constatera que presque la moitié de Montpellier, est encore catholique, principalement le petit peuple et celui de la campagne 2, tandis que les consuls protestants confieront à de Bèze l'aveu du « grand nombre » des catholiques3. Les lieux de culte sont aussi une indication : même au plus fort de la domination calviniste, quand le prêche était imposé par la force et que les religionnaires pouvaient disposer delà totalité des églises, ils n'en occupèrent jamais que trois4. Mais, dès la restauration catholique, toutes furent remises en état et desservies5. Enfin, parce que le peuplé veut que Montpellier reste catholique, il s'émeut facilement, cruellement même, des tentatives pour faire retomber la ville au pouvoir des calvinistes °.

Pourtant, ce peuple catholique a soif de paix surtout. Et dès lors qui ne se rend compte que, de tous côtés, la voie est ouverte, vers 1573, à quelque accommodement : non la capitulation d'un culte devant l'autre, non l'accord définitif, que ce coin de royaume ne peut prétendre conclure pour la France entière, encore que Montmorency tende la main à ceux qui pensent ailleurs comme lui, mais enfin le modns Vivendi local, permettant de vivre côte a ente sans se heurter, en concitoyens, en parents qu'on si1 sent être plutôt qu'enne-

1 Voir p. 374, note.

- »( Denn noch heutigs Tags zu Montpelier vasl der halbo Theîl papistlich ist, sœnderlich vom gemeinem Mann - und Landtvolck, dass. (sic) nach Montpelier zur Kirchen kompft » {Thomas Platters 's Reisebaclt, copie de la Bibliothèque de la Ville de Montpellier, p. 52. Cf. Félix et Thomas Platter à Montpellier, p. 185 .

:i Lettre du 17 octobre 1595 (Histoire de Languedoc, t. XII, c. 1530';.

4 Voir pp. 225, 283 et 291.

5 Voir pp. 311 et suivantes.

8 Voir p. 350 et, pour l'affaire de Jacques de Farges, pp. 358 et suiv.

mis. Ce rapprochement, d'ailleurs, ne pouvait être et ne fut point l'œuvre d'un jour. Ceux qui le négociaient, durent à plusieurs reprises temporiser devant les répugnances ou les exigences des uns et des autres, compter avec des entraves inattendues, avancer avec prudence. Serviteurs de l'ordre par fonction et préoccupés plus que jamais de le remettre dans les villes, dans l'Etat, ils reçurent justement le nom de Politiques. Néanmoins, il ne serait pas exact, je crois, d'estimer avec Gâches que désormais, après les « guerres qui ont esté faites pour la Religion » jusqu'à ce moment, il faille « changer de sujet », pour parler des «guerres d'Estat démenées en cette province [de Languedoc], qu'on a appelées guerres de l'Union ou des Politiques »'. La question religieuse, au moins pour les protestants, restait bien au fond de tout, et le but principal. Mais les moyens changeaient. La violence faisait place aux calculs, aux négociations, qui mèneraient aux compromis, aux accords.

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