‹ Études sur la réforme à MontpellierChapitre 77 sur 110 · IV. — La rupture · texte numérisé non relu

IV. — La rupture

Sacrifices faits pour la paix : libertés municipales violées ; exil des catholiques non unis. — Prise et sac d'Aiguesmortes-, un de leurs refuges. — Mécontentement des calvinistes avancés. ■ — L'influence protestante domi)ie dans l'Union, se heurte aux progrès catholiques. — Inévitable rupture. — Sa date. — Surprise de Montpellier par les religionnaires. — Dernière tentative pour maintenir le régime de l'Union. — Son échec ; colère de Dainville.

11 convient de présenter maintenant le revers du régime,

1 Voir p. 402, note 6.

- Cartulaire de l'Université de Montpellier, 1. II, pp. 100 et suivantes. — .1. Calmette, Quatre thèses de 1574 (Montpellier Médirai, t. XXV, 1907).

3 A citer, comme personnage plus intéressant, celui du secrétaire de Damville, Mathurin Charretier, sieur de Saint-Benoit, avec Françoise de Convers, fille de Pierre, maître aux Comptes (Min. de P. de Xemause, étude Grollier, reg. de 1574, f° 510, contrat du 5 mai).

4 Chroniques et Documents, pp. 178 et 179. 1 Ibid., p. 17-1.

en disant ce qu'avait conté l'Union, ce qui la menaçait et la ruina.

Tout y avait été sacrifié à un intense vouloir de la paix. Eu premier lieu, les libertés municipales, Damville ayant, de peur d'une surprise, substitué au recrutement démocratique, si barmonieusement combiné et consacré parles siècles, son bon plaisir personnel, le fait du prince. En second lieu, le respect des opinions et des personnes, car systématiquement d'aucuns se voyaient des deux côtés évincés de l'administration. C'étaient les intransigeants. Surtout les catholiques furent dessaisis du pouvoir, de l'influence, même des moyens de se défendre. Parce que Pézenas et Sommières n'acceptaient point l'Union, les religionnaires, dit Philippi, « entrant en quelque jalozie et doubte des catholiques a Montpellier, les font desarmer, dont commencèrent plusieurs a s'en aller». Même il ajoute qu'il y eut des exécutions capitales. se rapportant aux complots contre le Maréchal 1. Que ce départ ait été un exil plutôt qu'un exode, c'est ce que dit Gariel - et ce que nombre de documents laissent entrevoir.

D'abord la plainte des catholiques eux-mêmes, sous forme de remontrances des Etats de Languedoc au roi, afin d'échapper aux conséquences judiciaires d'une telle situation3.

1 Chroniques cl Documents, p. 108.

- Idée de In ville de Montpellier, pari. II, p. 44.

'•' « XXII. — Jacoit que les catholicques et fidelles subieetz de Vostre Magesté n'ayent a présent auleun accez en la ville de Monlpeillier, comme esi notoire, si esse (sic) que les generaulx de vous Aydes y establiz ne ressent de d muer plusieurs jugemens et arrestz contre iceulx catholicques, lesquelz, en vertu d'iceulx, sont ordinairement exécutez et molestez. A ceste cause sera le lion plaisir de Vostre Magesté de, pendant et durant lad. occupation, attribuer la cognoissance de vosd. aydes a la Court de Parlement de Tholose et declairer lesd. arrëstz et jugementz et. tout ce que s'en est ensuyvy de nul effet et valeur. » — « Est content, durant l'occupation de Montpellier, attribuer la cognoissance des aydes au Parlement de Tholose ; et cotteronl les supplians les jugementz que ont esté donnez despuys lad. détention, pour après y pourvoir. »

•< XXIII. — Aussi plairra declairer tous jugementz et sentences données par le Gouverneur dudict Montpeillier, Seneschal de Beaucaire et autres juges establis es villes et lieux occupez de nid effect, et ordonner que

Ensuite ce qui se passa en janvier 1575, lors de la prise ■d'Aiguesmortes. Beaucoup de catholiques mohtpelliérains s'étaient réfugiés avec des richesses dans cette ville. Le 12, elle tomba par surprise entre les mains des religionnaires et des catholiques dits unis. Aussitôt les églises y furent saccagées, ainsi que les maisons des catholiques, surtout des montpelliérains, et les capitaines se partagèrent ceux-ci, les mettant à rançon. Damville, quand il arriva quelques jours après pour calquer l'administration sur celle de Montpellier ', donna sa sanction à ces actes de guerre, en fixant lui-même le chiffre du rachat de certains prisonniers : pour Pierre de Gonvers, maître à la Chambre des Comptes, beau-père pourtant de Charretier, le secrétaire de Damville, 3.000 livres -; pour Jean de Clerc, conseiller au Présidial, 1.500 livres3; pour Guillaume Puech, marchand, 100 ëcus *. Traitement fait pour laisser aux victimes d'amers souvenirs ou ressentiments !

Ces impressions étaient analogues chez d'autres, réfugiés ailleurs. Jean Ghristol, riche marchand, qui avait choisi Marseille pour asile depuis la mesure d'ostracisme prise en 1572 5, y vivait avec sa fdle Isabeau, les yeux et le cœur tournés vers sa ville natale, gardant aux religieux et aux pauvres de celle-ci le meilleur de ses libéralités, surtout

telles jurisdictions et court/, seront transférées ez villes de vostre obeyssance plus a propos pour le soulaigement et seureté de vous bons el obeyssans subiectz dud. pays. » — « Entend Sa Magesté que les jugementz donnez es villes rebelles contre les absens soient nuls ; et, pour le regard de la translation de la jurisdiction, il sera pourveu comme il semblera estre plus expédient pour le bien de ses subiectz. » (Arch. du Parlement de Toulouse, Edits, lettres, etc., reg. 1907, f° 139 : remontrances des États de Languedoc, avec réponses du roi du 9 janvier 1575. Cf., au f° 142 v°, lettres-patentes sur cet objet).

1 Chroniques et Documents, pp. 170 ci 171.

* Min. de P. de Nemause, étude Grollier, reg. de 1575, fos 68 v°, 81 r° et v°.

a Ibid , f°* 83 et 119.

4 Ibid., f° 192.

5 Chroniques el Documents) pp. 152 et 241.

manifestant l'horreur «le l'hérésie dans sa famille '. Guillaume Alpharon se disait, le 20 février 1575, << habitant de la ville de Montpellier, a présent absent d'icelle a occasion de l'occupation d'icelled. ville », et ceci le montre victime du système de l'Union, qui l'obligeait a vivre à Frontignan2. De même encore le tabellion du Consulat, Pierre Martin, qui. le 30 septembre 1574, effrayé des « troubles que sont a présent a ladicte ville de Montpellier et lieux circumvoisins », s'empressait de rédiger son testament et quitta ensuite la ville pour n'y revenir que bien après la paix ;t. Enfin le clergé régulier, remis après la seconde guerre, se voyait troublé, parfois empêché de vivre en communauté1.

Du coté calviniste il y avait aussi des mécontents. Tels ce capitaine Grémian, qui se plaignait que la politique prévalut sur la franche affirmation de la foi huguenote, et criait à la tronlperie de ceux avec qui on négociait'5 ; et aussi tous les militants du début qui vivaient encore, mais qu'on voit écartés de la scène politique : Nicolas Talard 6, Didier Bandier", Guillaume de Contour8, Jacques David surtout, qui jouera encore son rôle quelques années après11. Ils n'étaient pas, vraisemblablement, partisans de l'Union, parce qu'elle faisait une place aux catholiques, quelle tendance protestante qui en réalité y prédominât.

1 Comme en témoigne son testament du 10 mai 1575 (Arch. de l'Hérault, H, FF. Prêcheurs de Montpellier).

- Min. de Noël Planque, étude Blain, reg. de 1575, f° 1. :t Ibid., reg. de 1574, f° 268, et de 1576, f° 23 v°.

4 Le prieur des Carmes, Pierre Fiolon, note discrètement : « Computavimus ab huius anni 1575 primo mense ad finem usque, et, quoniam multa nobis occurrerunt impedimenta propter tumultus bellicos, non fuit concessum libère exiguem nostram communitatem in unum congregare » (Arch. de l'Hérault, H, Carmes du Palais : reg. de comptes).

5 Ménard, Histoire de Nismes, t. V, preuves, p. 103.

H Le 6 octobre 1578 il libelle une quittance (pièce volante insérée aux minutes de P. de Nemause, étude Grollier, reg. de 1578).

: Contrat du 5 septembre 1577 (Min. de P. de Nemause, étude (boîtier, reg. de 1577, f°s 405 et 407).

8 Contrat du 6 septembre 1577 (Ibid., f° 409 v°).

y II fut consul en 1581 (Chron. el Doc, p. 406).

Do ceux, on effet, qui adhérèrent à ce système, la majorité so trouvait calviniste ou de nom ou de fait, les uns parce que, grâce à lui, ils avaient pu conserver leur culte, les autres parce, qu'au temps où ils n'auraient su le faire sans détriment pour leurs intérêts, ils s'étaient inscrits catholi" ques, tout en conservant leurs aspirations premières. Et maintenant qu'on province du moins la liberté du culte protestant était reconquise par l'édit, certains d'entre eux levaient leur masque. Evidemment il ne s'agit pas. sans des preuves sûres, de jeter le soupçon sur toutes les abjurations de protestants qui avaient eu lieu pendant la réaction catholique. Mais que penser de ce receveur Glauzel, catholique uni en 1575 et, deux ans après, calviniste sous la domination protestante • ; de Jean des Ursières, réputé catholique et affirmant que sa femme l'est aussi, quand il constate la suspicion qui le gênerait pour devenir en 1574 premier consul -, et qui. le 21 décembre 1576, se fait recevoir protestant 3 ; de Louis do Bucolli, qui n'a pu exercer en 1573 la même fonction que sous le même couvert religieux ? Très probablement on a ainsi l'explication des cinquante-quatre réceptions a l'église réformée de Montpellier que j'ai comptées, après la paix de Monsieur, du 28 octobre 1570 à la surprise de la ville par les protestants1. Emanant de gens obscurs, ces adhésions n'auraient pas do signification bien précise à ce point de vue. mais celles de Jean des Ursières et de Charles de Ghâtillon, fils de l'amiral Coligny, qu'on y trouve mêlées, leur on donnent une.

Avec un tel état d'esprit, il n'est donc point surprenant que les instructions, les démarches, les demandes dos délégués do l'Union pour traiter avec la Cour des conditions de la paix aient visé le seul intérêt des calvinistes : dès 1575, Montpellier est par eux réclamé pour ville de sûreté et pour siège d'une Chambre de justice mi-partie, équivalente à un

1 Comme l'indiquenl les listes «lu Conseil de Ville de ces deux années-là.

2 Le l'élit Thalamus de Montpellier, ]>. 564.

3 Arrh. mun. de Montpellier, GG, 310, fos lL'l et suivants.

4 Ibidem.

LES GUERRES DE RELIGION 'll3

Parlement '. Si la première demande est rejetée, la seconde est accordée2. La ville sera donc un centre tout désigné d'attraction pour les réformés de la province.

Or, en sens inverse, les œuvres catholiques, on l'a vu. s'y restaurent, y progressent ; les manifestations extérieures y affirment la vitalité de la vieille foi ; des hommes à convictions, à idées intransigeantes y reviennent3. Alors, et parce qu'on ne se sent plus avoir hesoin les uns des autres, chacun pouvant se réclamer de la paix et de la liberté légale, les deux partis se retrouvent, avec leurs défiances, avec leurs répugnances mutuelles, sur leurs positions de jadis. Le résultat est naturel. Comme, vingt mois auparavant, la guerre partout avait mené à la paix ou mieux a la trêve circonscrite de l'Union, de la paix, générale à cette heure, va renaître la guerre locale, car l'alliance devient désormais sans objet.

A quelle date faire remonter la rupture de l'Union î Communément on la met après les événements de Bëziers et de Montpellier, c'est-à-dire vers la mi-février 1577 ; mais un notaire montpelliérain me semble donner, à ce moment, la note juste : « En ce jour [10 février] l'Unyon rompue partout»4. Déjà l'insécurité était à Montpellier grande en janvier5, et le désaccord remontait plus haut encore que la défection du capitaine Luynes à Aiguesmorles en décembre6, « la rupture de lad. Union » étant mise par deux de ses fonctionnaires en juin 1576 \ c'est-à-dire au lendemain même de

1 Histoire de Languedoc, t. XII, c. 1112.

:1 Tel Jean de Teinturier, soigneur de Montmaur et Boutonot (Min. de P. de Nemause, étude Grollier, reg. de 1577, f° 117, 6 février 1577).

4 Min. de Jean Portai, étude Blain, reg. de 1577, f° 77, note marginale.

5 Dès le 5 de ce mois le prieur des Dominicains annulait le prix-fait de la reconstruction du couvent, laquelle devait être achevée à Pâques, et cela « pour raison et a cause de l'eminent dangier des guerres civiles et (pie, s'il parachevoit led. pris faict estant les guerres enflammées, seroict en dangier de ruyne » (Min. de Th. Degan, étude Grollier, reg. de 1576- 1577, f» 339).

6 Chroniques et Documents, p. 181.

" Règlement de comptes du 9 septembre 1610 (Min. d'Ant. Comte, étude Cornier, reg. de 1610, f° 694 .

/li'l I.A RÉFORME A MONTPELLIER

la paix do Monsieur. Voilà qui confirme les remarques précédentes.

De longtemps la Cour travaillait Dâmville ', afin de le détacher de l'alliance avec les protestants, mais il y demeura fidèle, et ce sont eux; qui brusquèrent les choses par leur tentative sur Béziers et la surprise de Montpellier, incidents connexes. J'ai eu l'occasion, d'après des documents inédits, de raconter l'affaire de Béziers2. Les mêmes acteurs se retrouvant à Montpellier, le plan paraît concerté.

Venant après le refus qu'avait, de son côté, opposé le Maréchal aux injonctions du roi et des Etats de Blois, résolus à révoquer les édits de tolérance, cette conduite lui était particulièrement amère. Elle s'aggrava de la coïncidence entre la déclaration par laquelle il couvrait à Béziers Saint- Bomain et les protestants, et la révolte que ces derniers excitaient contre lui à Montpellier. Il était ainsi joué aux yeux de toute l'Union et de sa propre armée. On va en juger parle récit de l'événement.

Dès le 18 février 1577, Jean de Saint-Chamond, cet ancien archevêque d'Aix passé à la Béforme, Jean de Folley, seigneur de La Madeleine et maître de l'artillerie de Dâmville, le capitaine Senglar et le ministre Michel Béraud quittèrent en hâte et en secret la ville de Béziers, où était venu le Maréchal, et gagnèrent celle de Montpellier. Là, par leurs récits, et avant que tout contrôle en fût possible, ils firent naître une surexcitation extrême. Pourtant il ne faut pas conclure à une sédition populaire toute spontanée. Gâches 3 et Philippi 4, chroniqueurs des partis opposés, s'accordent à représenter Charles de Châtillon, fils de l'amiral Coligny, comme le chef des protestants ; or, on l'a vu dès le mois de

1 Principalement par la Maréchale, qui y était allée.

- L. Guiraïul, Un incident des guerres de religion à Béziers (Bulletin de la Société Archéologique, scientifique et littéraire de Béziers, 3e série, t. VIII, 2e livraison, pp. 167 et suivantes).

3 Mémoires de Jacques Gâches, pp. 241 et suivantes.

* Chroniques et Documents, pp. 183 et suivantes.

décembre 1576 reçu dans l'église réformée de Montpellier. Sur son initiative, on tint un conseil des principaux religion-; naires, et le plan de conduite y fut arrêté. Le lendemain 19, les portes de la ville furent closes, les catholiques non unis emprisonnés, les autres, en vertu d'une proclamation, tenus à demeurer dans leurs maisons. On avait fermé toutes les boutiques. Le mouvement était nettement confessionnel : l'église Notre-Dame fut usurpée et le Saint-Sacrement dérobé1 ; les religieux furent chassés - ; même il y eut des excès commis sur la personne d'ecclésiastiques3. Mais il était dirigé également contre Damville. La Maréchale était alors avec ses enfants au Palais, servant de citadelle. On l'y assiégea véritablement, il fallut l'intervention, sur sa demande, de quelques notables pour apaiser le peuple et obtenir un délai. Pendant ce temps les délégués soit de ces amis de ITnion soit de Châtillon se rendirent auprès de Damville. On négocia et, dès leur retour le 3 mars, la Maréchale put sortir librement de Montpellier, avec sa famille, sa suite et ses effets. Alors la citadelle fut rasée, ainsi que sa chapelle. De ce même jour 3 mars datent les négociations du gouverneur de Languedoc avec la Cour1.

Cependant les partisans de l'Union ne désespéraient point encore de renouer l'accord. Ils tirent une tentative suprême à l'assemblée de Montagnac, qui dura du 25 mars au 17 avril. Entre elle et le Maréchal, logé à Pézenas, avait lieu un échange de vues, une discussion d'articles. La question

1 « Ordonné que l'office divin ne sera poinct faict a l'esglise Nre. Dame île Tables, veu la volerie que a esté faicte de lad. esglise, niesmes du Sainct Sacrement, joinct l'escandalle que s'en pourroyt suyvre pour la compagnie qu'est a présent en garnison sur la Loge, et que par ung préalable ne s'est faict sommaire apprise de Testât de lad. esglise » (Délib, du Chap. cathédral du 5 avril 1577).

2 La cloche de la miison « ou soulloient demeurer les Observantins », fut enlevée et portée à l'Hùtel-de-Ville (Arch. mun. de Montpellier, CC, Comptes de 1577, f° 26, et Command. de 1577, f° 9).

3 Philippi assimile même ces « petitz excès » à ceux des premiers troubles [Chron. et Doc., p. 183).

A Histoire de Languedoc, t. XI, p. (341, note 1.

essentielle et délicate était celle, du rétablissement du culte catholique. A ce sujet, je dois noter le refus du Chapitre cathédral de le reprendre à Notre-Dame, tant à cause des profanations commises que de la présence d'une compagnie à la Loge ou à la place devant l'édifice, ce qui fut considéré comme une cause de scandale possible1. Péniblement l'Union fut confirmée ; mais, quand le Maréchal crut ren- * trer dans Montpellier, l'entrée lui en fut refusée. Tout de suite alors on vit « le divorce ouvert » entre Damville et les religionnaires, lesquels prirent pour chef son frère Thoré. Une déclaration publiée par eux en avril 1577 -, un manifeste du Maréchal du 13 mai ;) exposèrent les griefs réciproques, et l'on s'arma des deux côtés.

Damville n'avait point caché son intention de venger l'offense qu'il avait subie des montpelliérains. Dès qu'il eut rassemblé des forces et opéré sa jonction avec celles de Joyeuse, il vint assiéger la ville, qui s'était mise en état de défense.

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