CHAPITRE PREMIER LA LUTTE RELIGIEUSE
Les défaillances et les abus affectant au XVIe siècle les organismes catholiques par l'injure du temps et par l'humaine fragilité avaient de toutes parts fait naître le désir avec le besoin d'une réforme. Mais, les premiers efforts tentés en ce sens étant venus se briser à la résistance des uns, à l'inertie des autres, des individus en nombre considérable, même des peuples entiers se rallièrent, sur le nom de l'Evangile, à la conception protestante. Propagée d'abord en secret dans la classe cultivée comme une doctrine de choix, accueillie ensuite par les masses populaires surtout à titre de réaction, elle fut bientôt, par ce dernier fait, imposée avec violence dès que la politique, l'intérêt, les passions se furent glissés à côté du zèle religieux qui animait les premiers réformateurs. Pendant ce temps l'Eglise catholique procédait, dans la force de son unité, à sa propre réforme : en de solennelles assises, elle affirmait et précisait sa doctrine immuable ; par un effort plein de vigueur, elle reconstituait et régénérait ses cadres décimés ou affaiblis ; elle relevait, accroissait, multipliait toutes ses œuvres. Alors de nouveau, selon la parole de son divin fondateur1, sur cet arbre au tronc puissant que les
1 Malth., XIII, 32.
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siècles avaient formé, maintenant paré de frondaisons renouvelées et tout refleurissant de pureté et de ferveur, les oiseaux du ciel, c'est-à-dire les âmes saintes, vinrent se poser ; à son ombre gigantesque grand nombre d'hommes, confiants et dociles, retournèrent s'asseoir.
Le tableau local de cette autre évolution fera l'objet de la présente Etude.