‹ Études sur la réforme à MontpellierChapitre 86 sur 110 · II. — Les ministres protestants · texte numérisé non relu

II. — Les ministres protestants

Pénurie de pas leurs, qui dure à Montpellier depuis des années. — Acquisition de Jean Gigord. — Ecart d'âge très sensible entre les ministres; sa cause. — Disette générale de pasteurs. — Leur recrutement tari par l'impopularité croissante qui s'attache à eux. — Une des causes en est due à leur entretien onéreux ; détails à ce sujet.

La pénurie de pasteurs fut un des grands maux de toutes les églises calvinistes françaises vers la fin du XVIe siècle. A Montpellier, quand mourut Claude Formy 3, ses collègues lui cherchèrent de toutes parts un successeur. Ne pouvant obtenir que le prêt pour un semestre de Vilette, ministre à La Salle, ils songèrent à Caillé, laissé sans emploi par la dissipation du groupe lyonnais4. La tentative échoua, mais on put garder Vilette 5. Celui-ci mort, La Place aussi, Payan redoubla

du 12 juin 1590). — Le P. Dubel avait professé la théologie au couvent de Saint-Jacques à Paris et fait ses preuves en Sorbonne (Voir § iv).

1 Originaire de Signe près Marseille (Min. d'Ant. Comte, étude Cornier, reg. de 1G06, f° 881 v°), reçut un canonicat (Délib. du Chap. cathédral des 23 et 30 mai 1594), le vicariat après la retraite de Guitard de Rate (Délib. du Chap. cathédral du 24 octobre 1594), et prêcha près de trois ans (Délib. du Chap. cathédral des 3 novembre 1593, 5 décembre 1594, 20 octobre 1595, 15 et 22 janvier 1596 ; pièces de comptabilité de ces années).

2 Lettre du 24 septembre 1595 (Bibl. publ. de Genève, MFr., 190, f° 3)t

3 11 était mort antérieurement au 5 septembre 1581, date où Tristan d'Azémar, seigneur de Saint-Martin de Cournonterral, avait recueilli une de ses filles (Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Nicolas Talard, reg. 19, f° 238).

4 Bib. publ. de Genève, MFr., 197 aa, Corresp. ecclés. de 1580-1583, f°73.

5 Synode provincial de Sauve du 2 mai 1584.

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ses démarches *. Il reçut enfin pour auxiliaire un personnage dont toute la carrière, fort importante, s'écoulera à Montpellier.

Fils d'un notaire de Béziers, Jean Gigord avait alors dixneuf ans et faisait à Genève ses études, quand il se vit désigné par la Compagnie des pasteurs de cette ville à ceux de Montpellier, comme «un escolier de très grant espérance » et propre à servir sa région. Les pasteurs de Montpellier assurèrent donc, pour se réserver le bénéfice d'un tel sujet, l'entretien du jeune homme, que seule sa santé empêcha d'aller compléter ses études à Heidelberg2. Mais, dès qu'il fut rentré en Languedoc au mois de décembre 1584, le colloque de Pignan le destina à Florensaca, d'où réclamations des Montpelliérains4, leur succès et retenue des gages à Gigord par les protestants de son premier poste 5.

Quel que fût le talent du jeune pasteur, il ne pouvait suffire avec Payan, usé par l'âge, aux besoins d'une ville où l'immigration intense exigeait plus de ministres. En 1588 on y appela Claude Prunier °. et, quand celui-ci fut mort, Bernardin Godur. Originaire de Forcalquier, Codur avait servi dans le Nord, y avait pris femme et, attaché au baron de Cipières, avait suivi longtemps les armées 7. Il consacra à Montpellier ses dernières forces.

Formy, Payan. La Place. Vilette, Cl. Brunier, Bern. Codur, autant de vétérans du calvinisme français, de ceux qu'un de

1 Synode provincial de Ninies du 15 juin 1588.

"2 Bibl. publ. de Genève, MFr., 197 aa, Corresp. ecclés. de 1580-1583, f° 109. Cf. Gaberel (Histoire de VEglise de Genève, t. II, Pièces justif., p. 37) qui a lu Sigord. — Ibid., f° 132. — Gaberel, Op. cit., p. 47.

3 Journal de Louis Charbonneau, éd. Germain, p. 39.

4 Extrait des délib. du Consistoire de Montpellier du 13 décembre 1581 (Bibl. de la Société de l'Histoire du protestantisme français : affaires locales, Languedoc, vol. 5, p. 170).

5 Synodes provinciaux de Nimes du 15 juin 1588 et de Sauve du 11 août 1591.

6 Synode provincial de Nimes du 15 juin 1588.

7 Min. de Bermond de Laval, fonds Léoncini, aux Arch. de l'Hérault, E, reg. de 1590-1598, f° 708. Cf. f° 533. — Bulletin S. P. F., t. XXXIX, p. 130.

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leurs successeurs genevois très prisé dépeint « toussants et crachans et parlant avec mille peines et avec toute la simplicité du monde», et néanmoins écoutés «avecques tant de zèle» *. Et, par contraste, de jeunes, trop jeunes ministres : un Gigord qui commence à vingt ans ; un Bansilion qui propose a dix-huit -; un Rudavel à peine adolescent, au dire de Casaubon 3. Quel écart ! quelle infériorité manifeste devant le clergé catholique, qui se reconstitue et se régénère ! Quel péril proche et d'autant plus grave qu'il est général ! Car, sans vouloir trop dépasser comme documentation la ville où s'enferme cette Etude, il convient, pour montrer que cet état de choses ne lui était ni spécial ni imputable, de regarder ici un peu dans la région environnante. Synodes provinciaux et correspondance échangée avec Genève renseignent à ce sujet très clairement : le recrutement des pasteurs tarissait. On avait déjà connu la disette de ministres aux débuts de l'organisation cultuelle protestante. Mais alors c'était par le fait de la rapide propagation du calvinisme. Quand villes, bourgs, villages réclamaient des pasteurs, il avait été malaisé de trouver ceux-ci en nombre suffisant, il avait fallu en improviser. L'ardeur prosélytique d'une part, de l'autre l'appoint important fourni par les défections dans le clergé catholique y pourvurent. Nécessairement cette dernière ressource ne fut qu'extraordinaire, temporaire, tandis que la normale diminua pour les motifs que je vais exposer. Donc la génération des ministres de la première heure se trouvait, vers la fin du XVIe siècle, épuisée ou sur le point de l'être. Le dévouement ne lui faisait, certes, pas défaut : pour Montpellier en particulier, Formy et La Place exercèrent jusqu'eà leurs derniers jours; etPayan, trahi par les exigences de la tâche, se déclarait prêt encore à desservir un poste approprié à sa faiblesse4. Mais la mort les moissonnait sur le sillon. «Des egli-

1 Michel Le Faucheur, Exhortation à repentance ; Genève, Pierre de La Rovière, 1622, p. 47.

î BulletinS. P. F., t. XXIV, p. 240 et note 1.

3 Lettre à Th. de Bèze du 1er août 1598.

4 Synode provincial de Nimes du 19 mai 1594.

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ses de ce pays, écrivent les pasteurs et colloque de Ni nies, les unes sont du tout destituées, les autres n'en sont guieres loin, nous estans presque tous chargés de beaucoup d'ans, outre ceux qui sont valétudinaires » l. Et la vocation de pasteur se faisait de plus en plus rare.

A première vue, il semble que le mariage des ministres eût suffi presque à assurer l'entretien constant des cadres et, de fait, sans lui la pénurie aurait été encore bien plus grande, car on voit embrasser le ministère : Pierre, fils de Claude Formy 2 ; Brunier dit d'Uzès, fils de Claude 3 ; Siméon et Philippe, fils de Bernardin Codur*, tous de famille nombreuse. Voici pourtant que le fils unique de Payan préfère être magistrat5; que celui de La Place, quoique entretenu aux études dans ce but <\ se fait renvoyer de Genève comme trop mauvais sujet 7 ; que celui de Gigord ne devient pasteur qu'après avoir d'abord choisi une autre carrière8. Les vieux ministres cherchent donc parmi les élèves de cette Université de Médecine qui jadis avait fourni son contingent. Mais leurs efforts y échouent, comme pour « l'escholier de ceste ville qui s'est tellement adonné à Galien que nous n'avons rien peu advancer en son endroit, et ne voyons pas qu'il y ait de ce costé la beaucoup d'espérance, si Dieu ne luy change la volonté. C'est

1 Lettre du 29 mars 1596 (Bibl. publ. de Genève, MFr., 197 aa, Corresp. ecclés. de 1594-1597, f° 70).

s Min. de Pierre Roussel, étude Blain, reg. de 1597, f° 575; min. d'Ant. Comte, étude Cornier, reg. de 1623, f° 162.

3 Synode provincial de Nimes du 15 juin )588.

4 Voir p. 479, note 7.

5 Testament de Jean Payan du 16 janvier 1595 (Min. de Jean Rodil, étude Blain, reg. de 1593-1594, f° 440 v°).

6 Testament de Jean de La Place du 13 février 1588 (Min. d'Antoine Chaugier, étude Blain, reg. de 1586-1588, f° 141).

7 Lettra de la Compagnie des pasteurs de Genève au Consistoire de Montpellier, du 24 décembre 1594 (Bibl. publ. de Genève, MFr., 197 aa, Corresp. ecclés. de 1594-1597, l'° 44).

8 Dans son contrat de mariage du 27 mai 1617, il se qualifie docteur es droits, avocat aux Cours des Aides et du Présidial (Min. de Jean Roussel, étude Blain, reg. de 1617, f° 342).

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le cours du monde », ajoutent-ils, non sans mélaiieolie1. Le même besoin se faisant sentir partout, les jeunes gens bien disposés étaient guettés, accaparés : Jean Discrote réussit à son passage par Montpellierà en décider un pour Is-sur-Tille2; puis, quelques fidèles généreux de Montpellier assurant l'entretien des écoliers, on ne trouve pas de sujet à qui appliquer leurs libéralités3. Gigord, de Béziers, en profite, il est vrai4. Mais plus tard, au scandale du peuple, la Compagnie des pasteurs de Genève affecte cet argent à l'impression des bibles et, parce que celles-ci ne se vendent pas, elle se trouve gênée pour le rembourser5. Car la métropole du calvinisme, à laquelle dans leur détresse les églises françaises recouraient toujours, souffrait des mêmes maux, à savoir fàge et les infirmités des anciens ministres0, la rareté des nouveaux ". Ce dernier fait, si général, d'où provient-il donc ?

1 Voir p. 478, note 4.

2 Lettre de Jean Discrote à Th. de Bèze, écrite de Montpellier même, le 26 mai 1583 (Bibl. publ. de Genève, MFr., 197 aa, Corresp. ecclés. de 1580-1583, f° 120).

:! Lettre du Consistoire de Montpellier à la Compagnie des pasteurs de Genève du 3 mars 1583 (Gaberel, Histoire de l'Eglise de Genève, t. II, pièces justificatives, p. 24).

* Voir p. 479.

5 Brouillard d'une lettre de la Compagnie des pasteurs de Genève au ministre montpelliérain Payan, du 29 novembre 1594 (Bibl. publ. de Genève, MFr., 197 aa, Corresp. ecclés. de 1594-1597, f° 15). — Lettre de la Compagnie des pasteurs de Genève au Consistoire de Montpellier du 24 décembre 1594 {Ibid.,{° U).

6 Brouillard de lettre des pasteurs et professeurs de Genève aux Consuls et Consistoire de Montpellier, du 18 octobre 1595 (Bibl. publ. de Genève, MFr., 190, f° 9).

7 Le 18 octobre 1595 la Compagnie des pasteurs et professeurs de Genève écrivait aux Consuls et Consistoire de Montpellier, en réponse à leur demande d'un ministre : « Nous nous asseurons tant de vostre affection envers ceste Eglise, laquelle désire de servir aux aultres en ce qu'elle pourroit, que, si vous aviez sceu quel est aujourd'huy son estât, non seulement il ne vous seroit point venu en pensée de désirer noz frères que nommez par vos lettres, afin que, se departans de nous, ilz servent vostre Eglise, mais que de tout vostre moyen vous les auriez voulu affermir ici, si, en quelque sorte ilz auroyent branlé pour le regard de s'en départir ». (Bibl. publ. de Genève, MFr., 190, f° 9, brouillard].

Si être pasteur ne tente plus guère, c'est que la défaveur s'est attachée singulièrement à la fonction. Non pas, dans le Bas-Languedoc, la défaveur officielle. A Montpellier, ville d'otage, a Nimes, où la majorité calviniste détient aussi le pouvoir, les ministres sont de véritables personnages officiels i : les affaires même municipales ne se traitent qu'avec l'agrément du Consistoire, du Colloque, du Synode, des assemblées, et les pasteurs donnent à toutes ces réunions leur direction. Mais ce sont les populations qui se désaffectionnent d'eux pour plusieurs motifs, dont les circonstances ou eux-mêmes sont responsables.

Tout d'abord les ministres, sans patrimoine ecclésiastique, coûtent à leurs fidèles. Jamais je n'ai trouvé trace de libéralités privées constituant un fonds de réserve créé à leur inten-

T'n commentaire lumineux est donné à cette lettre par celles qu'adressait aux Nimois, sur des demandes analogues, la même Compagnie :

1° Le 1er juin 1596, à propos du personnel de l'Académie de Genève : « Tant s'en faut que le Seigneur nous donne de quoy faire part aux autres, ainsi que par cy devant il nous avoit faict ceste grâce » (Ibid., MFr , 197 aa, Corresp. ecclés. de 1594-1597, f° 74, brouillard).

2° Le 6 janvier 1597, sur le même sujet pour la même occasion : « Mais, d'autre costé, nous sommes contraincts de vous faire entendre, a nostre très grand regret, qu'au lieu que vous avez estimé que nous avons par deçà des ouvriers a rechange, comme par ci devant le Seigneur nous faisoit ceste grâce, nous ne sommes, au contraire, guieres moins pressés que vous pour le présent, eu égard a nos charges tant ordinaires qu'extraordinaires, estans desià deux, voire des premiers de nostre Compagnie [MM, de Bèze et TrambleJ, contrainctz par leur grand aage de se reposer, et se trouvant fort peu d'escoliers cpii se vueillent employer en la charge, conioincte avec la croix et beaucoup de travaux. Voilà pourquoy (ce que nous vous disons en vérité et en conscience) considerans que vostre demande ne pouvoit vous estre accordée ni a temps ni pour tousiours sans offenser Dieu, en faisant une bresche a ceste Eglise comme irrémédiable, ainsi que l'avons amplement déclaré a celuy que nous avez envoyé et qui s'est, au reste, 1res bien employé a nous faire entendre vostre nécessité, il nous a esté du tout impossible de pourvoir autrement a ce faict, etc. » (Ibid., f° 90).

1 Les Consuls assistèrent officiellement aux obsèques de B. Codur (Arch. mun. de Montpellier, CC, pièces de comptabilité de 1601 : reg. de dépenses, au 27 juillet).

tion, comme il en est mentionné pour les pauvres dans les testaments, ou pour les étudiants par fondations spéciales. Il faut donc, afin de pourvoira leur subsistance, imposer les populations ou traiter avec elles et souvent les presser de payer; ainsi à Florensac pour Gigord i ; h Gignac, ville qui pour ce motif perd son pasteur2 ; à Nimes, dont « le refroidissement de payer MM. Moinier et Ghambrun estant grand, sera encores plus grand pour lad. église, si led. s'' Ferrier ne leur est accordé » 3. Et avec les ministres il faut entretenir la famille du ministre, et non seulement de l'actuel, mais de ses prédécesseurs, ce qui peut aller loin. Aussi, Meyrueis, Uzès. Saint-Hippolyte n'ayant pas satisfait cà cette obligation, le synode les censure, menace de les priver ou les prive de leurs ministres*. Certains pasteurs, époux et pères prévoyants, imaginent bien de passer convention là-dessus avec leurs ouailles : tels Bertrand cà Sommières, qui avait fixé l'année de viduité de sa femme cà deux cents écus, ce qui n'empêcha point que le payement ne traînât deux ans et ne fût exécuté que sous menace de cessation du culte 5 ; Pasquier à Anduze, qui avait assuré par ce mode cinquante écus à chacun de ses enfants". Pour un délai de payement, le mariage de la fille de Pouget est retardé ", et la province doit finir par se charger de la dot des filles de Malgoirés et Maupeau 8.

Or il arrive que les familles de pasteurs se laissent aller souvent à la vanité des habits dans cette province et les autres : les synodes sont obligés de réprimander les ministres trop complaisants sur ce chapitre 9. Aussi l'effet sur le peu-

1 Synodes provinciaux de Nimes de 1588 et de Sauve de 1591.

2 Synode provincial de Sauve de 1597.

3 Synode provincial de Nimes de 1601.

4 Synode provincial de Montpellier de 159(3.

5 Synodes provinciaux de Saint-Germain-de-Calberte de 1599 et de Ximes de 1001.

0 Synode provincial de Nimes de 1001.

7 Synode provincial de Sauve de 1001.

8 Synode provincial d'Uzès de 1600.

:i Roussel, ministre de Gignac, avait osé en appeler du colloque de Florensac, qui avait ordonné « l'abaissement des cheveux de sa femme ». Le synode provincial de Montpellier de 15961e censura pour cela grièvement

pie est déplorable et les collectes donne ni peu '. 11 faut donc recommander une perception rigoureuse des deniers destinés aux veuves de pasteurs et en rendre leurs successeurs responsables sur leur propre bourse -. Les populations font même syndicat «pour diffamer les pasteurs, leur osier ou diminuer le salaire, les chasser ou en requérir d'aultres»3. Et ces constatations des synodes sont illustrées d'exemples : dans la ville d'Alais, on est mécontent de Ferrier, trop souvent appelé à Ni mes pour y aider à combattre l'effet des prédications du P. Cotton, jésuite, et on le lui dit, on le lui prouve, en le renvoyant aux cris : «Que le diable lui rompe les jambes, s'il revient à Alais ! » 4. 11 y retourna pourtant, sur l'intervention du synode; mais ce cuisant souvenir sera peut-être une des causes de sa défection quelques années après. De môme à Mauguio on se désaffectionne du pasteur Massouverain 5, et le dominicain Martin de Lemos, envoyé par l'évêque Guitard de Hâte, pourra y rétablir le culte catholique supprimé depuis trente-huit ans 6. Enfin la sécurité entrevue par les fidèles dans le mariage de leurs chefs religieux est reconnue illusoire par la fréquence croissante des adultères patents de ces derniers".

[/excès sur la vanité des habits et le luxe dans la vie était, dans ce milieu, général, comme l'apprennenl les synodes provinciaux de Nimes de lt'01 et de Saint-Hippolyte de 1604. Même Reboul le pamphlétaire, dont il sera bientôt question, laisse entrevoir pire quand il annonçait (La Cabale des Reformez, p. 222, et Apologie de la Cabale, p. 104) une comédie sous le titre : Les Minislresses, où l'on verrait paraître, avec un chœur de satyres, celles d'Orange, de Bagnols, de Nimes et de Montpellier. L'œuvre, d'ailleurs, ne fut pas imprimée

1 A peine les gages des chambrières, affirme Reboul [La Cabale, etc., p. 123). On a là-dessus le témoignage plus grave et non suspect du pasteur Michel Le Faucheur, se plaignant que les ressources spontanées allaient toujours en diminuant (Exhortation à repevtanee, p. 26).

2 Synode provincial de Sauve de 1597.

3 Synode provincial de Nimes de 1601.

4 Ibidem.

5 Synodes provinciaux d'Uzès de 1600 et de Nimes de 1601.

n Min. d'Ant, Comte, étude Cornier, reg. de 1602, f° 688. — Arch. mun. de Montpellier, GG, reg. 208 bis, f° 52 v°.

7 Consulter à cet égard dans Aymon les rôles des ministres déposés. Les cas augmentent vers 1620.

Désormais les rôles se renversent : l'offensive catholique est prise ; le calvinisme local, réduit à défendre ses positions.

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