‹ Études sur la Réforme françaiseChapitre 5 sur 17 · AVANT-PROPOS XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XI

si elle exerce la moindre action sur les campagnes. S'il en a toujours été ainsi, c'est un problème que nous ne pouvons que poser aujourd'hui....

« Si nous voulons voir clair dans cette grosse question, nous devrons sans doute faire appel à la chronologie, et distinguer dans cette histoire plusieurs périodes : 1" une période préliilhérienne, ou tout au plus contemporaine de Luther. C'est l'époque où les croyances nouvelles se cherchent et s'ignorent encore.... — 2" Après les premières persécutions, vers 152.5, commence une période que j'appellerai précalvinienne ; c'est l'époque des hésitations du roi, de la polémique entre les écrivains du parti et la Sorbonne. — 3° L'affaire des placards en L534 fait du protestantisme une religion de rebelles et prépare les voies à la royauté de Calvin ; sous l'influence de GLenève^ partoiit^ s'organiseut les églises. — 4° La Réforme, après Henri II, réclame le droit à la vie, lorsque le massacre de Vass y, ouvre une période nouvelle, toute politique et militaire, où le protestantisme, caplé pur les princes, devient une affaire d'Etat.

" Je ne peux aujourd'hui que mentionner en passant deux autres questions capitales. — Quel a été le rôle de la royauté française dans la Réforme française ? Tout d'abord François I»', sous l'influence de sa sœur, a ouvertement protégé les novateurs, au grand scandale de la dévote Sorbonne. Non seulement il fit élargir à deux reprises l'un des plus fameux parmi les hérétiques', Louis de Berquin ; mais même après que son Parlement eut livré cette victime aux théologiens de Paris et aux politiques de Rome, il fut sur le point de cimenter son alliance avec les princes luthériens d'Allemagne en faisant venir à Paris l'illustre et savant Mélanchthon. A la lin de 1534, le chef du parti papiste à la Sorbonne, le syndic Noël Béda, exilé en 1533, est emprisonné. Déjà les réformés crient victoire. Or. quelques mois plus tard, le 21 janvier 1535,1e roi. publiquement, dans une réunion solennelle, en présence de toutes les autorités parisiennes et des ambassadeurs étrangers, déclare que, si l'un de ses fils était huguenot, il en ferait le sacrifice à Dieu. Comment s'expliquer ce subit et décisif revirement ? Et,'sijmême^'aucune main téméraire n'avait apposé les placards sur la Messe jusque sur les murs de son propre château d'Amboise, doit-on croire que le roi très chrétien aurait pu devenir un roi protestant ? Question dramatique s'il en fût, puisque le choix fait par François I" acheva de donner sa forme à la monarchie absolue et détermina j)our trois siècles l'orientation de l'histoire de France.

u De même on doit se demander quels ont été les rapports entre l'humanisme et la Réforme. — Etroitement confondus

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