AVANT-PROPOS XIII
tieux. Mais à ces études qui étaient simplement mises au point de l'enseignement oral, les loisirs m'ont souvent manqué pour donner la forme qui convient au travail écrit.
D'autres, d'ailleurs, depuis lors, ont repris quelques-unes de ces idées qui, il y a seize ans, paraissaient nouvelles. Certaines d'entre elles sont même passées, pour ainsi dire, dans le domaine commun, et ne feraient plus, aujourd'hui, scandale.
Je ne me donne pas l'illusion de croire qu'une modeste leçon d'ouverture a pu agir, par elle-même, pour modifier la conception que l'on se formait de la Réforme française. Mais, si je n'ai pas écrit, sur l'ensemble de ce phénomène historique, le livre que ce cours semblait annoncer, j'ai pu du moins donner, sur diverses questions, des fragments qui n'ont pas, m'assure-t-on, été inutiles.
Ce sont ces fragments que je rassemble ici. Ils portent spécialement sur deux points : la façon dont s'est constituée la doctrine réformée, la façon dont elle s'est propagée. Sur chacun de ces points, je donne d'abord une étude d'ensemble, où j'ai tâché d'examiner les multiples aspects de la question. J'y joins ensuite, à titre de vérification, divers travaux de détail où cette même question est reprise d'une façon plus concrète. L'étude sur Aimé Maigret, par exemple, est une contribution à l'histoire des doctrines des premiers réformés français, histoire esquissée dans le premier morceau du présent recueil. Les fragments sur la Rebeine, sur le consulat de Nîmes, sur l'Auvergne, complètent et corrigent les vues générales émises dans La Réforme et les classes populaires.
XIV AVANT-PKOPOS
J'ai indiqué, pour chacune de ces études (1), la date de sa première apparition dans une Revue. Je n'ai pas obéi, ce faisant, au désir de revendiquer une vaine priorité. J'ai pensé que le lecteur devait être averti que telle formule représentait l'idée que je me faisais des choses à telle date, d'après les documents que l'on possédait alors. En général, je me suis même interdit de faire subir au texte autre chose que des modifications de pure forme, me réservant d'indiquer en note les découvertes ou les discussions ultérieures. Sur quelques points seulement, j'ai opéré des remaniements plus profonds, parce que j'ai eu à ma disposition des documents qui me manquaient naguère. C'est ainsi qu'une obligeante communication de M. N. Weiss m'a permis de refaire presque complètement la fm de ma Rebeine de Lyon, de transformer en une quasi-certitude ce qui n'était, en 1896, qu'une aventureuse conjecture. De même, en me procurant le texte complet d'une délibération consulaire dont le début seul m'était connu, j'ai pu effacer, dans mon étude sur Nîmes, quelques points d'interrogation.
Je serai heureux si ces quelques nouveautés peuvent accroître pour le lecteur l'intérêt de ces pages, dont quelques-unes sont déjà vieilles.
Septembre 1909.
(1) Sauf, bien eutendu, pour celles qui sont iaédites, sur quelques Petits livres du XVI' siècle.