‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 102 sur 198 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA DttPIJTAIlON DB L*BUBB A LA OONVttnCIOII

Loi deux Lindet. » Thomas Undet, oucé et fiaqttf, 4lm érêqoe d'Efieu. » U est le premier éTèqoe oooitta «- Son type comme homme et comme éTéqne. — La déoiap ntfam de 1682. — Catéchisme de Bossuet et eatédUHM de Napoléoii.— Leçon sur le qoatrièmie coiyimandfiiieiit.— > Bln à la GmiTentioii, Tliomas Lindet abdique ses Ihiietkms religjteiises. — Son mariage. » Réilezions sur cet ade dÉ dogé. » Blâme snr tout ce qui fat démonstiatin à eel égard. — Qaelle ^omotion ramoia un cnite oflleieL — > Bemier. — Vote de B. Constant. — Lemaréchal, de B^glH. —Ses démonstrations impies. — Pins tard ses àtauMâOt tiooB pienses. — Ses conceptions habiles an pnll ie Bn|^. — Négociants de Laigle entendus par lindet ^* VaUée. — Béftitation d'erreurs sur lui commises. «— U m réfugie à Erreux. — Topsent, de Quillebeuf. — BouiBerot, receYeur à Beraay. — Ricboux, des Ândelys. — Sayary et Dobusc. — Francastel. — Pourquoi on a dit les élections de l'Eure girondines. — L'élection politique reposait sur les six premiers noms : Buzot, les deux frères Lindet, Richoux, Duroy, Âlbitte aîné. — Laborieux scrutins. — Election des suppléants. — Bnssot, Carra et sa ridicule scène à la Législative, Condorcet. — Nommés ailleurs ils n'acceptent pas l'élection de l'Eure. — Irrégularité commise par Buzot, président de l'assemblée électorale de Bernay. — Grave incident pendant sa présidence. — Réfutation de cet incident. — La députation de l'Eure, assemblage de tous les partis.

En dehors de toute intention purement biographique quelques récits concernant tous les autres conventionnel de l'Eure, si semblables au plus grand nombre des con

Là d^tttation de l'bure a la convention 37

ventionnelB des autres départements, et surtout de Tancienne Normandie, pourront apporter quelque lumière sur la physionomie de la Convention et la conduite politique de ce qu'on pourrait appeler sa masse flottante.

Le nom de Lindet, nom politique déjà dans la Consti-

tasuite, puis dans la Législative, remontait ainsi, comme

celiii de Buzot, à l'origine même de la Révolution. Mais

ce n'est pas Robert Lindet qui a commencé le nom sous

1^ i^pport politique, c'est son frère Thomas Lindet, alors

é de Tune des paroisses de la ville de Bemay. On a

?bis fait la confusion des actes des deux frères,

le dans des documents officiels, parce qu'ils avaient

^^^ prénom commun : l'un s'appelant Robert-Jean-Bap-

*^te Lindet, et l'autre Robert-Thomas Lindet; celui-ci,

^ ancien constituant, devenu évêque d'Evreux, a gardé

*^^ prénom de Thomas, et l'autre, le député à l'Assem-

^l^ l^slative, s'est borné au prénom de Robert.

Thomas Lindet a été l'un des élus du clergé aux Etats- ^énéraux de 1789, et l'un des prêtres nombreux appelant *^ leurs vœux une réformation dans ce clergé, qui avait ^^^^asi son aristocratie avide et oppressive et sa démocratie P^xivre et opprimée.

Pourtant le bas-clergé possédait alors une sorte de ga- ^titie dans une juridiction propre qu'on s'est bien gardé 4« lui restituer, quand, sous le prétexte de lui rétablir un culte qui s'exerçait librement, et en réalité pour se créer un instrumentum regnij on a restitué au clergé un caractère officiel, avantage pour les hommes, détriment pour la ciose.

En 1789, il n'a pas manqué d'évêques, assez abanjonnés de Dieu, pour essayer d'user du pouvoir religieux

i UeôiiMicnoe fintsée nliétiteifliit pas à nnriv imr ^tegé et A M dirtflir Mn Tote.

B eiiflta Anccgé das dodoomte dtoÉ iM^nliy OTOiOM ilitMéeAHratit6|ezclaiiMde tontnigliiHiinl iiMiimilnii, 4ii éfAqp» ie jphigMiit ^ k léiiitiÉn dht fvMHÉ fÉl iHilout fi0ètr iWfeo îiidépeiiMiOi^Oes étApai» ffc'cfc >it» jhmitM «pues m ftnocr aaiis lu^bte bcm las inirir>lh—

•Uiléré^^'iife Bè oompreiiaiaiit pas qm*m êqpériianu aaitt HJtHntip ofoiBiè toiitOTpérieiir4*im aalara 0Kdi% dMnt mk T0to â «m tndbordimaéi eit «i fti^o« liaéiw «il mM d^nm iiMsmtéKm le tgmtm»

- JMKiBtiây éllm évéiftie d*l!n^ Mvfé qne ift pfaQMrt é9 #6É «anfràtea^ a winki m AIm il Jwwtiitt toi "voteB de ttm cLtogA. On peift luft «mm qii*il n'y« tfteâ qu'en partie, pniB^ne Humbm XAdéiI^ dont il répdwaîi; b tttidâditare, et ^'il okatgaait ^flmpréoaUons et de menaeeSy a été néanmoins élo.

On ne peut dire que ce fût, chez Narbonne, parpréfîtion dlBB destinées du curé de Bemay. Or, il est amTé qna Narbonne, ayant refusé le serment et ayant émigré, m fnt tout pséoisément Tfaxxnas Lindet qui fiit éUi ériftque d'Evrenx. L'abbé Lindet a eu pour concarrent TaUbé tterer, eoré de Oonteville, son collègue à la Constituante, en des élus du Tiers-État de 1789, qu'une nouTelle géaératkm a vu s'avancer loin dans la rie, alors qn'ii e/rait quitté les ordces et la politique, pour se réfugier daaas des travaux scientifiques.

Thomas Lindet était donc le prunier évêque constîbitÎMàMl d'Svreu, mais U ne parait pas qu'U ait pu m-

4 LA QO^V^9lfm 30

isoper son BÎége avec wie parfiaite sécarité, qa^mt aux dls>* positions du clergé de 9on diocèse, qui avait demandé, dans son cahier, que la religion catholique fût maintenue religioji d^État, à l'exclusion de toutes autres religions.

CTest ce qui explique probablement la réserve, l'humilité même avec laquelle le nouvel évèque s'adressait à ses Goopérateurs. D'une lettre circulaire qui existe encore de lui, en original autographe, il résulte qu'il s^exeosait auprès d'eux d'avoir ^accepté l'év^hé, sur la nécessité de ^aiQver la vdigioa elle-caême ^.

l^pe de chanoinje heureiix et souriant, Ubicunas Lindet jffftàtj eomme on dit vulgairement, le physique de son entr

(1) • Paris, le 18 mars 1791.

« Je commencerais^ Monsieur, mon apostolat sous des auspices

« bien faTorables, si je pouvais espérer que tous les citoyens aux-

^ ipiels je dois mes soins religieujL fussie^t comme tous les amis de

* la religion, de 1^ Uberté, de la Constitution, de Tordre et de la

* paix. La diversité des affections, le choc des opinions et des pas- ■ sions ou des intérêts, dans cette crise laborieuse de l'État, ne me

* permettent pas une si douce espérance.

» Il fallait quelqu'un sur la brèche pour défendre la religion et

* consolider sa liaison avec la Constitution. On m'a commandé j j'ai

* accepté cet emploi périlleux, parce que j'ai cru qu'il y aurait une

* lâcheté à refuser le devoir lorsque la patrie et la religion sont me-

* nacées; parce que j'ai prévu que les ennemis de la Constitution

* se prévaudraient d'un tel refus ; parce que j'ai compté sur l'en-

* couragement des bons citoyens qui redoutent l'anarchie et tous

* les malheurs dont les contre-révolutionnaires voudraient couvrir ' la France entière, et sur le zèle de mes coopérateurs.

« J'ai l'honneur d'être, avec un attachement aussi sincère que • respectueux, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant ser- « Titeur,

-» + Lindet, évèque du département de l'Eure. »

^Collection fie M, Bagot^ çt'Evrews.J

ft'awwiljiéfcMt bkn AoigM 4« «•« nrtiitw «4 hlwwf iM Ait ap^mira «w f^ito aifiniii Jtanai*

h Ooimaitkni, n'a pas comiilé l<HigtempB ses âmx. tibci

■Miyié «M foDotioD* reHgfeBseg, «t s'étent nCUff «wtft Ttti Ufln de 1703. '. '.•{ '

W tmn* 4b IflW #es devoirs envers notn

il. G'Mt pnmltnmenl pim i9;nf J)lfiQ, ^i crée les empires » lu ilMlAwMM* W fàiml^ W nwi>lW m><re EmpereDr ie d^pi. MltAuu la piix, Mit dast la gowre, l'a étut'i noire souTerain; f'I rm*» mbtbtn de m putoono a( ton imagf mr ja {rrr«. Hodow fli Mrrfr ootris Bmperpnr «(( Ame Aonorer ^ iTtir /JùrFi iiK^nw... . Seeoodement, parce que H. B. I.-G. non a cDsugné Ini-mtnie t^

qne imus âeretta k notre sonTeraia Il t aasri ordwuit de

rendre i César ce qui apptrlieiit à GéMr.

D. fl'f a-t-il pas de moliFs particuliers qui doivent plm fortenol Dona attacher k Napoléon i", noire Einper«ir?

R. Oui, car U est celui qne Dieu a lusdté dans les ciroMutaaw dttciles U est dereno t'oint du Seigneur

D. Que doit-on penser de ceux qui manqueraient k lenr daniir envers notre Empereur?

B. Selon l'^iôtre sûnt Paul, ils résisteraient i Tondre ^fablt de XHfi m&goe, et te remimiént oiones h u D«iiiuTiaa Êrsiumui-

D- iQnatfes sont nos obligations envers nos magistrats? B. Hoffs devons les honorer, les respecter et leur pbiir, ff/iff ^'ils sont 1^ dépositaires ie l'autorité de notre Empvepir- /iCKfrffïtil» l'MitvoR officiait* du catéchitm' annexé au 4tenitAl

A LA CONYZMTION 48

An milieu d'appréciations diTerses des actes deTliûiiiM

Lhidet, j'ai quelquefois entendu rapporter que lapeur^ qm

avait pesé sur l'évéque G-obel, avait exercé son influence

sur révêque lindet^ mais ceci rentre dans le cadre de ces

suppesitions qu'aucun document ne vient ordioaireDi^nt

oonfinner ou détruire. —

Assurémjeat on a le droit d'applaudir aux piéinres et

wx religieux qui, sans bruit, et sans paraître porter un

défi aux convenances sociales, ont profité dies lois de la

Révoloition pour secouer les lourdes chaînes de voeux

inconsidérés et pour constituer dignement une &mille*

On doit croire dans le faux ces règles qui noaintienneni

<leB voeux perpétuels et qui y retiennent, malgré eux, des

jbommes que la vocation entraîne ailleurs; il est hors de

^toute raison, de toute prudence même, d'occasionner ainsi

die biderux désordres, que d'autres dispositions remplace^

:xaient par la constitution de la famille, si le prêtre pouvait

«esser d'^e prêtre. Mais si la cour de Rome a montré

t^u'elle savait oublier ses rigueurs en faveur de grands

personnages, comme Talleyrand, pouvant afficlter toutes

les turpitudes impunément, on ne voit pas qu'elle se

préoccupe beaucoup d'une foule de prêtres qui pourront

se déshonora s'ils le veulent, mais qui resteront rivés à

une règle sans sagesse, alors même qu'on les aura ren^

voyés du sanctuaire.

Qu'on n'élève donc aucune accusation contre l'évoque Lindet, pour avoir abandonné les ordres et s'être marié. Mais la manière dont il Ta fait, avec une si grande publicité, avec une démonstration affectant des formes officielles, ne pouvait pas le rehausser dans l'esprit des hommes de sens et de rigoureuse dignité : faire de ces choses xme

4tt ïsk vÊtmjoms bb Vwsubm

iinoiiitntion pmbliqiie pintt an moiiii Imt d«i oiNÉf»<* mum^ékfpmt dter un exemple, tt ert eertMa 4|*i fJÉ ^hm te advenaixee da deigé rara éptoaté ooome :mm jMffte de sépnlsioiii en ae leptésentant la aoène^eaniKii^. iiaftte de Tévéqne Gebel, afipcMrtant et dépoiavt^ att inaigiieii leligienz enr le bmean de la CkmwmÊlÊm nationàîe» BSn toiztos eea chosee, il est phu aafaa^pMr Feaprit de ne paa admirer de br^jantea démonaÉiatiQatti éi d'a^^plaiidir an oantiaiie an sentiment de l^aallM Cfaeégoiie^ révêqpe eonatitntionnel de Bloiaydent^pelgMia pMolea aimplee montraient la dignité, qnand il r^pnwdait àdeapf0?ooations en déolarant sacrifier Tolôntiers la'tttifc- ♦lânent, mais inToqo» la liberté des cnltea p0ar.BaKder leMtM.

* 'Dn lestsi dans cette réaction violente contie on èittgé qpd avait toigoors pesé>d*nne manière fimeete sij^iea deiM tbéea de la Fiance, il ne fiiUait pas s'attiendre A ne^ple Ié mesore flit exactement gardée par tout le moidli'lll^ft ce que chacan conservftt au milieu de la tourmente nne dignité calme et courageuse.

Pourtant il sentit difficile de croire que Thomas Lindet eût regretté sa mitre épiscopale, qu'il déposa si publiqnement, alors que, présent profitable aux hommes et funeste à la religion, combinaison sacrilège des ambitions, des intrigues et des appétits coalisés, se prépara, sous le prétexte menteur du rétablissement d'un culte qui s'exerçait librement, la restauration du catholicisme dans le titre de culte officiel, et quand Bonaparte, qu'aucun scrupule n'arrêtait dans sa politique si personnelle, eut le triste courage, exécution d'un marché, de faire nommer, malgré les répugnances du pape, évêque de la nouvelle église de

France, cet affirenx Bemîer, dont on a cm parler avec nne extrême modération, quand on a dit de Ini qu'il avait vendu son parti pour un évêclié ^

On peut se rappeler qu'à câté de Buzot, de Lindet et des autres élus aux États-Généraux, Lemaréchal, industriel de Rugles, avait fait partie des Constituants de 1789» Il se retrouva également à côté d'eux au nombre des Conventionnels du département de l'Eure, mais il a dû appartenir à la Plaine.

Au milieu du mouvement contre le Clergé, dont les actions appelaient si bien des représailles, on a pu voir, un jour, le conventionnel Lemaréchai, à la tête d'une troupe de gens trop démonstratifs, se placer sur le pont de Bugles et précipiter à la rivière une statue de

(1) Les plénipotentiaires qui avaient été chargés de discuter et de signer le concordat étaient MM. Joseph Bonaparte, Crétot et l*abbé Bemier. Celui-ci, que j'ai vu quelquefois aux Tuileries, avait été chef de chouans, et il n'y avait rien qui n'y parût. Le premier consul, dans cette conversation dont je viens de rapporter le commencement, s'en- • tretint avec ses deux interlocuteurs (Joseph et Gambacérès) des conférences sur le concordat : < L abbé Bernier, dit le premier consul, c faisait peur aux prélats italiens par la véhémence de sa logique. « On aurait dit qu'il se croyait au temps où il conduisait les Ven- « déens à la charge contre les Bleus. Rien n'était plus singulier que « le contraste de ses manières rudes et disputeuses avec les formes c polies et le ton mielleux des prélats. Le cardinal Gaprara est venu, il « y a deux jours, d'un air effaré, me demander s'il est vrai que l'abbé € Bernier s'est fait pendant la guerre de la Vendée un autel, pour c célébrer la messe, avec des cadavres de républicains. Je lui ai « répondu que je n'en savais rien, mais que cela était possible : « — Général premier œnsul, s'est écrié le cardinal épouvanté, ce n*est « pas OUN chapeau rouge, mais oun bonnet rougêy qu'il faut à cet « homme, — J'ai bien peur, continua le premier consul, que cela ne c nuise à l'abbé Bernier pour la barrette. >

(Constant, Mémoires, /, 129 et 130.)

éè LA D^UTATION DK L^EUBE

^Denis, son patron. Il est yrai qu'à vingt-^leiix am de là, on a pu voir encore Denis Lemaréchal^ rerèta ds son costume fleurdelysé de député à la Chambre inôrtm* 9abley suivre dévotement, un cierge à la main, la procession de la Fête-Dieu passant sur le même pont de fiugles*

Si Ton ne peut pas dire qu'en politique Lemaréchal fîit précisément un de ces hommes à convictions in^ranlablei iifyai la sincérité impose la considération, on peut bien admettre en lui une pénétration commerciale dont ses compatriotes ne doutaient pas. Un moment^ ils se sont peu expliqué que^ dans la question du nuucimuMj agitée sous tant d'aspects à la Convention, il n'eût pas paru se préoccuper de ces nomenclatures qui avaient une si grande importance pour les industries locales. Ils ne se doutaieat pas que leurs intérêts, qui étaient ceux personnels de Lemaréchal, se trouvaient si heureusement servis que, dans l'application, l'industrie de Laigle, la ville voisiney si singulièrement déjà rejetée sur le département de rOme, était atteinte, sans que celle similaire de Rugles le fût également, parce que les produits des usines de Rugles étaient classés dans les marchandises dont la vente restait libre et que ceux des usines de Laigle étaient soumis au tarif du maximum. Il n'y avait plus de concurrence pos*^ sible pour les négociants de Laigle; ils étaient obligés de fermer leurs usines, au grand avantage de leurs confrères de Rugles. Ce n'est pas seulement de nos jours que des intérêts locaux ou individuels se sont glissés au milieu des agitations politiques. Mais le coup qui frappait Laigle était trop rude et d'une portée trop désastreuse, trop dépourvue de justification, pour ne pas provoquer d'ardentes réclamations. Aussi des négociants de Laigle,

a^eoHftts i là Cdfitétition, intfôâoits ttu Comité de Bfidttt publie^ ôbtintent-ild de Bafèré et dé Lindet re:fcaïMii immédiat de la bizarrerie dont Laigle était Tiôtime et des cattôèt qui l'aVaient ptodûite. Lindet ne fat pas longtemps à déeoavi'll' leâ causes et à faire oesâer l'effet. Mais si Von put tétablir sans retard, et justement, l'égalité enlte les deux villes voisines, on ne rechercha p^ <|tiels bénéfioes avaient pu fkire, dans l'intervalle, Lemai:^hftl et ses confrères de Bugles.

A la suite de ces hommes déjà connus daUs k vie politique, et qui rentraient ensemble dans une assemblée nationale, il s'en trouvait d'autres, et en plus graud nombre, appelés pour là première fois à la députation j homm^ nouveaux alors, n'ayant pas tenu une grande place dans la vie politique, les uns rentrés promptement dans la vie privée qu'ils regrettaient, les autres ayant abdiqué leur indépendance dans quelques fonctioUB publiques, où ils n'ont laissé que des souvenirs de peu dt durée, tout-à*fait éteints maintenant.

La reproduction de leur silhouette ne peut servir qu'à se rendre compte des éléments composant une députatiott qui en reflétait tant d'autres à la Convention.

A 1» tête de ces hommes nouveaux sur la scène parle** mentaire, on peut placer Vallée, président du district d'ÉVrttix, quand il a été élu à la Convention ; républicain certainement, ayant rêvé une bonne petite République administrée municipalement par quelques notables, modéré véritable et non de masque, et d'une honnêteté pure dans sa vie politique comme dans ses habitudes privées, étonné et troublé de se trouver au milieu de tempêtes qu'il avait crues conjurées par la déchéance de

48 hk nànwefm dx l'bubs

J^mê zn. n a ftit pirtie des iKâzaBto4niM^ ,<|^ i^ figue une ptotartatUm ocmtre le 31 mai et la 2 jai% dofH tbée iiiMm à reeto toi\jaan seor^ da moiiiaè.iiajpaa Use readne publique, et d<mt le bot xéd n*a jaBMp4Mé Uaa détonaini. On sait que la OonTentim a pwaoprf Taipiiliioii et la détentioii de» signataîxea de largr^twÉH fioas mais Yallé^ ayant la prndeaoe éveillée p» ]p dieees inattenduee pour lui qui s*âaittit panées' aee yeux, et Tenant d'apprendre par haflaid, dana vaa ^bi^airie dn Palais-Boyal, le vote du décret qmkiiD|if|N|ii^ taomra la fiiite pins sage que remprisonnennent» el^fjM fbnraat les cbanoes d*ane mise bors la loi| tiiiI; pa i4|fttgier à ÈnmXf dans une maison amie^ o& il astfcsidiit ISntres jonrsy sans aYoir été autrement redbM^ >.., . .YaUée^ qiii ne devait pss s'y attendre, a eu eneqm.f|||a| tiBdl, en 1816, de mauvais jours à passor; quoiqull af«|| pas voté la oondamnation à mort dans le pœoli^jli Louis zvi, on a prétendu le frapper «i yertu da kitlsi appelée si dériBoirement loi d'amnistie, et, quand fl fbt parvenu à en esquiver l'application, chacune de ses actions était interprétée de telle sorte qu'il a failli se trouver compromis avec Dupont de TEure dans une partie de pêche à trois, jugée séditieuse et attentatoire au trône des Bourbons.

En commettant un anachronisme qui ôte sa physionomie à l'insurrection normande, dont Évreux a été d'abord le chef-lieu, on a imprimé que Vallée, qui n'y fut pour rien, a organisé la résistance dans son département, a reçu, dans sa maison à Evreux, les Girondins en fuite, ^ est arrivé à Evreux avec Buzot, Pétion, Barbaroux, ïiouvet, qui n'y sont pas même venus ensemble. Toutes

ces erreurs tombent devant ce fait que Bnzot, arrivant dans sa ville insurgée, qui Tacclamait, n'avait nul besoin de se cacher, et n'avait qu'à se rendre tranquillement dans sa propre maison; et devant cet autre fait que la déclaration d'insurrection, à Evreux, est du mois de juin, tandis que le décret par suite duquel Vallée s'est sauvé de Paris est du 3 octobre, alors que l'insurrection normande était dispersée depuis près de trois mois.

Parmi les Conventionnels de l'Eure, se trouvait Topsent, de Quillebeuf, capitaine de navire, remarqué à la Convention par cette singularité qu'il s'était toujours trouvé malade, et n'avait pu voter dans aucune des phases de la mise en jugement et du jugement lui-même de Louis xvi; Topsent a fait partie plus tard du Conseil des Anciens, et il est sorti de la vie parlementaire en 1798, pour devenir capitaine de frégate; on n'a pas dit si c'est précisément par suite de sa complète abstention dans le procès de Louis XVI, que Topsent a été, en 1814, un des premiers chevaliers de Saint-Louis qu'ait nommés Louis xvra, en rentrant en France.

BouiUerot, receveur du district de Bernay a pris place à la Convention parmi les Montagnards, et a disparu de la vie officielle en même temps que ses amis.

Richoux, président du district des Andelys, a voté dans le sens le plus favorable à Louis xvi, sur toutes les questions du procès. Il ne paraissait faire partie d'aucun groupe, et ne pas même vouloir épouser leur querelle dans là protestation des soixante-treize. Il se mettait à l'écart et semblait étranger à l'action même de sa ville, les Andelys, dans l'insurrection de l'Eure. Mais, silencieux et inactif en apparence, Richoux, membre sans si- Tome II. — 4

50 LA DJÉPUTAÏION DJE; l'eURE

gftificfttio]) da comité des secours, fœaaentait rinracr^otion, et il ui^a pas tenu à sa correspondance ei à aes e^citatiooâ auprès de ses amis et de ses compatriotea qu6 «a yiUe et rarrondissement n'apportassent leur conoouiB ai^ iKK>&ye«ci^nt organiaé à Evreux.

Savar; et Pubu3c, tous deux membres di^ Fadimmsinr»* tion départementale de TEure^ avaîeat des préfireiwei monarchiquQSi. Le directoire de leur admuûsÉratbB £E^sait partie des trente-trois directoires de dépacteanent SQJT le concours desquels la cour, dans ses oombinaîsoai^ avait fondé des espérances, que le 10 août avait ren^ersoM

4nssi Savary fit->il partie des soixante-treize, maûi, rentré à la Convention, avec ses coll^gues^ il n'y apporta pas les mêmes fureurs. Il prit un prétexte de santé pov 90 retirer de la Convention et ne pas rester solidaire di la hiideuso exploitation des journées de praûrîal et. de rimmolorf^on à laquelle elles ont servi de préte:s:te. B reparut aux Cinq-Cent^,, puis au Corps l^islatif, où il montra un assez grand dévouement au nouvel ordre de choses pour devenir sénateur et obtenir le titre de che* valier de la quatorzième cohorte de la Légion d'honneur.

Francastel, que l'on a vu député de l'Eure à la Convention, qui a été l'un de ses commissaires et dont la mission a été vivement attaquée, comme presque toutes, dans la réaction thermidorienne, n'avait été élu que suppléant, et n'est arrivé au sein de la célèbre assemblée qu en remplacement de Buzot.

Entraînement peut-être d'une préoccupation, on a écrit que les élections de FEure avaient été des élections girondines. On l'a induit de Télection de Buzot, quoique Robert Lindet eût obtenu plus de voix que Buzot ; on l'a

A LA OONVENTIOISF 51

induit aussi des éleotions de Brissot, de Carra éb de Ooo^ doroet^ d'abord élus dans l^nre par de^ somtinB' da second tonr ou de ballottage, quoique Albitte aîné y eftt été iMxmmé à on premier tour de sorutm avant ew^

n est phis croyable que Téiection à la Oonv^eitiaa n'A

pris dans l'Eure aucune couleur ni favorable ni hostile wê

parti gîfondin« Il n'y avait de candidats possibles que

panfd les approbateurs du &it accompli du 10 août;

Toilà le seul caractère de ces élections, dans lesquelles, âé

^l'assentiment de Bnzot, paraît-il, la question politique^

3khi8 nette ou début, est descendue évidenmient aux que»^

ions de personnes, des candidats de même nuance ayani

té parfok concurrents dans un même scrutin.

L'élection vraiment politique s'est faite sur les six

remiers êha, les seuls qui aient été nommés à un pre^

ier toor de st^utin. On sait déjà que c'étai< Buzot, dont

^rit ardent et intraitable n'admettait guère en ce

oment deS' tempéraments avec les obstacles à la Bévo-'

ition; que c'était l'abbé Lindet et Robert Lindet^ deux

adversaires irréconciliables de la monarchie; que c'était

^choux, au double rôle duquel personne n'aurait cmM

^ors; qiïe c'était aussi Duroy, chez lequel tête et cœur

étaient peuple; que c'était enfin Albitte aîné, l'un des^

députés les plus nettement révolutionnaires de la Seine-

[ Inférieure, cet avocat qui devait feire un commissaire

( aux armées aussi brave que le plus intrépide soldat et

aussi habile qu'un vieux général, qui, montagnard con-

yaincu, devait sentir rôder autour de lui les fouines de la»

réaction thermidorienne, et devoir plus tard à un petit

ineident de la vie le bonheur de soustraire sa tête aux

foreurs systématiques de la hideuse majorité de prairial.

52 LA DâPUTATION DE l'eURE

mais pour aller plus tard encore^ ordonnateur de Tarmée^ périr de froid et de faim dans l'épouvantable retraite de Bnssie.

Toutefois Albitte aîné, déjà élu dans son département, le fit savoir à l'assemblée électorale de l'Eare, en refusant son mandat par ce motif; celle-ci procéda à l'élection d'un autre député en remplacement de celui non acceptant, et alors commença pour cette assemblée de laborieux scrutins qui se sont continués pendant neuf jours; ce ne fut qu'à un troisième tour de scrutin, et au ballottage, que, par 346 voix sur 520 votants, Bouillerot, un montagnard, fut élu contre Crochon, de Pont-Audemer, qu'on retrouvera plus tard aux Cinq-Cents.

Ce fut dans un de ces scrutins, si difficiles de résultat, que, personne n'ayant pu obtenir la majorité, on se reporta sur Brissot, élu par 306 voix sur 583 votants.

Une tentative fut alors faite sur le nom du journaliste Carra, qui trouva Lemaréchal, de Rugles, pour concurrent, et ce fut Lemaréchal qui obtint l'élection, au second tour, par 353 voix sur 569 votants. La tentative a été renouvelée à l'élection du député suivantj Topsent, qui l'a emporté enfin, au ballottage ou troisième tour, par 332 voix sur 563 votants.

Ceux qui, peut-être pour mettre d'accord des électeurs qui ne s'entendaient pas sur le choix à faire parmi leurs compatriotes, présentaient des candidatures étrangères au département, reproduisirent encore une fois la candidature de Carra, et enfin il fut élu contre Crochon, à un scrutin de ballottage, par 340 voix sur 570 votants.

Quant à Condorcet, dont le nom célèbre fut ensuite produit, il ne passa pas lui-même au premier tour. Les

suppléants eux-mêmes n'ont été nommés les uns qu'au second tour de scrutin, les autres qu'au scrutin de ballottage même.

C'est l'élection de Brissot, de Carra et de Condorcet qui a autorisé à donner aux élections de l'Eure la couleur fausse d* élections fftrondines; de même aussi, très-probablement, et parce qu'on donne aux Girondins la couleur fausse du parti de la modération, on a cru pouvoir supposer que la bataille à coups de scrutins s'était engagée sur le terrain de l'exagération ou de la modération. Assurément Brissot n'était pas un modéré, on le verra bien d'ailleurs; quant à Carra, le patriote Carra, comme l'appelait Brissot, c'était un homme à ne pas reculer devant ces démonstrations publiques que les hommes de bonne tenue ne font jamais. C'est lui qui, ayant dédié un ouvrage au roi de Prusse, et en ayant reçu une tabatière et une lettre autographe quelques années avant la Révolution, fit à la barre de l'Assemblée législative le don de ce cadeau pour les frais de la guerre; mais, ne se contentant pas du sacrifice d'un objet auquel il devait tenir, il y ajouta la scène indécente de la lacération publique de la signature et de la lettre du roi : démonstration à la hauteur du patriote Carra. Condorcet doit être, lui, laissé par tout le monde dans la haute sphère d'un grand esprit et d'un grand caractère, qui n'ont rien de commun avec

l'esprit et le caractère des Brissot et des Carra

Revenons à l'élection, et disons qu'on n'avait pas encore terminé l'élection des suppléants, lorsque vint la nouvelle que Brissot, Carra et Condorcet, nommés ailleurs, n'acceptaient pas leur élection dans l'Eure; mais, au lieu de procéder à l'élection de trois autres députés

ÉitiiifuiflB, oMPme on venait de le fiim p»iiv AUnltep m iroavift ^w oemmode^ probablamwt apoiB ^iMm fam^' Utéj de déclarer députés titolaireB Vallée, SavMj 0^ Ihk bqsOy 9H n'ftTiieot été élus 9119 mippléaid»» CTétiil me gnro îrségdmté que Biusoti le pvéBîdeiit de rmiffliM6i élecÉoidi, u'aocait peat^tre pu nnynmiiw> pi YiUé^ fiivivjr et Daboso ayaient porté oiiifaiege 4 wm mptit iQiipçoiuieQx. Maie la CkAYentioii, plaoée m pœat d» ifro de l'gmn^oteiice abwdne dee aeBembléeB éleolonleay n'a pii vpnlu evaininer la régularité de leurs prpeédéa» ^ wt été reocnniui députée tom» eeiq: proQ}i|oiéB t^ fp wienw^ KUa éleebBiale.

liiiBy «?wtï de m*^ edlQ de Venigr, ptéw^é^^piif Bniwt» S pw( ft'^ pw pûew d» raqiepff à «» vitav HM iiibim4io& 4fnB lAqi:^e il ee dqme ip nâlo oqpfi* luJiUy U eiat yiiai, ixi^is dans bqueUeil r<VPWN 90» Sflit d*«]M wtiA pcftée 909 oelle exacte.

Si Ton Wiiit r^¥eipé le trâne, i)Qn»pIioe da V^<>MKWr qui envahissait la France, c'était bien snrtout poiir recourir aux moyens d'organiser la défense di; territoire* I^e principal et le premier devoir du nouveau pouyoùr eï^écutif, alors que lB,p(Urie était déclarée m dançerp était bien aussi d'exciter le patriotisme et de b&ter la le^ée ^ volontaires qui devftient marcher à l'ennemi. Il airait, sana perte de temps, envoyé des commissaires spécii^m^ dans tputes les directions en France, et, pendant les opé* rations électorales de l'Eure, deux de ces oommissaireu se trouvaient à Bemay, ville désignée pour la réunion des électeurs du département. L'un de ces commissairea s'ap* pelait Momoro, et, à l'importance du récit, au soin que Brissot' a d'en fidre l'application, on peut croire que

A hh CK^mCNTION 66

<3'e8t le mâme Momoro, de Paris, qtd a étà présideût de la section dn Théàtre^Françaig, et Vun des plus atdeûts ao^ imsâteors des Girondins»

Il est admissible qu'à une époque révolutionnaire^ et alors snrtont qne le poutoir^ qui à pont mission dé sauver une nation menacée par nne coalition étrangère, &it appel é toutes les ardeurs de cette nation, les commissaireë chargés de jeter partout le cri Auis armes f et de former des bataillons de volontaires, ne sont pas les hommes les pla6 firoids, les pins méthodiques et les mieux disposés à ne pas troubler la digestion des casaniers d*une petite ville. ... On peut admettre aussi que Momoro, fût^od un autre que celui que nous supposons, et son compagnon ont tenu à Bernay un langage trop révolutionnaire^ ou qne ce langage a été envenimé non pas par la ville de Bernay, qui était très-révolutionnaire elle^mème^ on en aura la preuve, mais par ces hommes d'ancien régime, par ces anciens employés d'un ordre de choses renversé, peut-être aussi par les nouveaux fonctionnaires de 1790, que le 10 août venait déranger; peut-être également par ces municipalités non encore remplacées, qui avaient cru i une simple substitution de personnes ou de classes, et qui voulaient continuer à leur tour les traditions suran*nées des hommes et du régime qu'elles avaient remplacés. Quoi qu'il en soit, il y a eu à l'assemblée électorale de l'Eure à Bernay un incident rentrant dans l'ordre de l'une de ces idées. Buzot, dans ses Mémoires, en a rendu compte ainsi : a II est vrai que des missionnaires de Paris c avaient jeté Valarme dans les départements après la <t journée du 10 août, en y prêchant, sur les propriétés et € la sûreté des personnes, a peu près les mêmes idées

56 LA D^rUÏATION DK L'EURE

€ qyHon a depuis rédigées en lois. Pour mon compte, ^''^wc péchai deux commissaires de cette trempe d'être pendus € par le peuple à Bemay, pendant que j'y présidais Tas- € semblée électorale, tant je craignais toute occasion de € discorde et de division entre les départements et Paris. € On dissipa, non sans beaucoup de peine, les inquié- € tudes que les prédicants de Paris avaient jetées dans € Pâme des propriétaires et des citoyens paisibles. € Notre assemblée exigea même de tous les députés le € serment de ne consentir jamais qu'il/ût porté la moindre € atteinte à ces deux bases /ondamentales de la société:

€ SVKKTÉ DES PERSONNES ET SUBETÉ DES PROPRléT& ;

« pour avoir tenu mon serment, on voit ce qui m'en est « revenu ^ d

Quand on a étudié un peu la Révolution, on sent immédiatement, dans ce passage, un trait quelque peu venimeux à l'adresse de Paris, qui n'avait pourtant envoyé alors aucun missionnaire d'alarme en province, et on sait immédiatement aussi que la perte de Buzot n'est pas due à sa fidélité au serment, réminiscence du Jeu de paume sans doute, qu'il dit avoir prêté au sein d'une assemblée électorale et par suite de l'exigence de cette assemblée.

Mais quand on est quelque peu renseigné sur l'esprit de la ville de Bernay, du peuple de Bernay, — puisque c'est le peuple, selon son exi)re8Bion, que Buzot charge avec une assurance vraiment trop grande d'un projet de pendaison qui ne pouvait entrer ni dans l'esprit modéré, non modéré comme l'entendent les politiques qui prennent

(1) Buzot, Mémoires, page 88.

une étiquette, mais vraiment modéré d'une ville honnête et patriote, ni dans Topinion fermement révolutionnaire de cette ville, — on cherche si le Girondin n'a pas voulu aussi lancer un trait sur une ville qu'il a vue, toujours calme mais ferme, condamner nettement les Girondins et leur politique.

Quoi qu'il en soit, et recherches faites, l'assertion de Bozot et les accessoires dont il l'a ornée se réduisent à ceci, qu'il faut écarter ce projet de pendaison arbitraire que la ville de Bernay de 1792 n'eût certainement laissé commettre par personne sur des inculpés d'exagération révolutionnaire ; qu'il n'en faut admettre que ceci : c'est que le corps municipal, mécontent de la distribution ^un imprimé qui pouvait porter atteinte à V ordre publie^ ne s'est pas adressé à l'autorité publique de la ville, mais a essayé d'engager dans la question l'assemblée électorale de l'Eure, qui n'avait aucun droit à exercer à cet égard ; que Buzot, le président, à défaut d'autre moyen d'action, s'est donné la satisfaction de faire descendre une réprimande du haut de son fauteuil ; que c'est tout, absolument tout, et que l'assemblée électorale a passé à l'ordre du jour, la seule chose qu'elle eût à faire. Il y a loin de là au récit imagé par Buzot et à la scène ridicule du serment, mais il en reste pour enseignement la nécessité de toujours contrôler les assertions intéressées que renferment les mémoires. Le contrôle n'est pas toujours aussi facile qu'au cas présent, où un document officiel, signé de Buzot lui-même, fait tomber son récit des hauteurs où il a essayé de l'élever, en vue non pas seulement de sa personne et d'un rôle qu'elle n'a pas rempli, mais d'attaques indirectes contre Momoro, qu'il devait détester ; contre Paris, dont, on

U rÊÊMy il foidtit Fentiêie deitrwtiiXDy «I; oottln

fpd véoittait les Gmmdiitt K

'- >I>tfluIi«a de ees âéteik letoork k certifarib fM

(Hi|iut6g d» rBnre, en a*anpsraiit to» de Icnr

wi 10 eaftt» <mt donné à leor éleeticiii isingififtailiou

IntioiiiiAue d*im asseatiment yiaimeiit naiionriâ

ili1s<be;iiMQB'<qQe^daikBledjépartemeii^ JS

eel question ici, ^Mlles qne ibasent lee rartrietioM

liles de qndq«ee-«ns dee élnSy aneon d'eux n^^

«fM une étiquette eignifloetive de girondm* In^

fmà le flÉte eram, la réalité le leponsea»

On peot mdme dire, de tons œs élw à la CtottfeBti«| qjsm n^en avait que qndqnee-^mie qui easteot jfÊimi 1m htàm qii allaient «'engager, TétendM de tm luttas et kl tnqpMea dans lesqnellea ik allaient ee tiouver ettvahfpptê. La plupart aentaint bien que k mintedi k OonvaatiM était de sauver k Fiance de riamsiom

(1) Â l'instant, le corps municipal a demandé à être introduit a?ee deux citoyens se disant de Paris et commissaires du pouroir exécutif pour presser la levée des 300.000 hommes, sur la mission desquels il avait conçu des soupçons. Le corps municipal entré avec les deux particuliers, le sieur Momoro, l'un d*eux, qui s'était la ffHUe présenté à l'assemblée, a remis sur le bureau ses passe-ports et commissions, qui constatent que lui et l'autre particulier, le sieur Dufour, étaient en effet commissaires du pouvoir exécutif; et, sur ce qui^a été dit et prouvé que le sieur Momoro avait distribué un imprimé qui powvaU porter atteinte à Tordre public, le président la invité de se comporter avec circonspection et de se livrer uniquement à Tobjet de sa mission. L'assemblée a arrêté au surplus dépasser à V ordre du iowTy et, TU qu'il est plus de deux heures après midi, la séance a été lefée et renvoyée à quatre heures. Ce qui a été signé après lecture : F.-N.-L. Buzot, président ; Duroy, secrétaire.

(Procès-verbal de la séance de l'assemblée électorale de l'Eure du 8 septembre i79t. ÀroMoes départementales dé VEnre.)

gère avant d'installer un gouvernement républicain, mais peu d'entre eux apercevaient à quel prix on y parviendrait.

On voit déjà que, dans le cadre restreint de la députation d'un seul département, ces quelques élus reproduisent pourtant toutes les opinions, tous les partis, toutes les ardeurs qui vont se trouver en présence dans l'assemblée.

C'est là qu'on doit les suivre, pour retrouver les grandes jibtabilités dont le nom est attaché aux événements d'une époque plus grande que les hommes, et qui a grandi ses 2)rincipaux acteurs.

il;

Page 1