LA OIBOKDE, LA MONTAGNE, LA PLAINE
Comme première impression, des esprits superficiels peuvent se contenter de déplorer une lutte de domination purement personnelle. Néanmoins, il ne faut pas trop s'en désintéresser, car il y a, derrière ces combats qui étonnent plus qu'ils n'éclairent, d'abord le sort et l'avenir d'une 3Révolution qui a été chaque jour en péril depuis sa naissance, et qui peut l'être longtemps encore; le sort et l'avenir aussi d'une nationalité incessamment menacée jpar une coalition européenne.
Il faut bien le dire, c'est une malheureuse question d'influence de groupe ou d'influence d'hommes, peutêtre même l'une et l'autre, qui préside aux premiers débats d'une Assemblée qui avait une bien autre mission à. remplir. Mais, il faut le dire également, ce sont les Grirondins qui ont trop oublié que des ennemis étaient sur les frontières et d'autres aussi à l'intérieur; qui ont tT'op oublié aussi que la nationalité elle-même courait les pins grands dangers; qui se sont montrés les premiers aST^esseurs et qui ont jeté l'agitation des luttes stériles au. milieu de la Convention et au milieu d'une nation probablement étonnée, puis inquiète des entraves qui eu devaient résulter pour la défense du territoire luimême.
^ La plupart des Girondins de la Législative et de la Convention étaient de la race de ces beaux esprits d'Athènes, que l'on a vus suivre sans préférence les traces d'Eschine ou de Démosthène, peut-être aussi chercher quelques inspirations dans les jardins d'Académus; mais ^ui n'auraient jamais empêché la Grèce de devenir la proie d'un Xerxès. H y en avait, parmi eux, qui eussent célébré en de pompeuses périodes les goûts artistiques