‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 106 sur 198 · LA GIBOKBE^ LA MONTAGNE, LA PLAINS · texte numérisé non relu

LA GIBOKBE^ LA MONTAGNE, LA PLAINS

saperficiels pour saisir une situation dangereuse et compliquée, qui a plus besoin du dévouement et de l'abnégation des hommes publics que de joutes oratoires agitant la discorde; républicains doux et contemplatifs qui ne comprenaient rien aux mouvements tumultueux d'une nation qui se croit perdue, et qui veut être sauvée à tout prix; constitutionnels de 1791, oubliant les dangers et les embûches, dont les institutions qu'ils aiment ont été l'objet, et qui en ont causé la chute; feuillants révisionnistes, qui avaient voulu sacrifier plus ou moins nsûivement les institutions à la cour ; royalistes rattachés à l'ancien régime par leurs intérêts et donnant leur concours à tout ce qui fait obstacle à un régime nouveau; amis ou agents des princes et de l'émigration.

Toutes ces forces si diverses se trouvaient réunies pour former un ensemble sans constituer un parti véritable, et c'est pour cela qu'un tel groupe n'a pas laissé derrière lui une seule formule pour exprimer une idée politique pouvant servir de programme ; mais c'est pour cela aussi qu'en dehors même des procédés, et en dehors des questions de sentiment, une question capitale se posait dans l'esprit des hommes de raisonnement, quand ils étaient placés dans l'alternative de décider si les Montagnards ou les Girondins seraient chargés d'assurer l'avenir de la Révolution et de la République, devenues inséparables.

Pour rester dans la saine appréciation des hommes et des faits, écartons donc ces mots qui sont dans notre sujet vides de tout sens : opinion des Girondins j parti des GiroTtrdins et autres mots de même valeur utilisés trop volontiers.

Répétons, au contraire, que les Girondins de la Con-

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yention n'étaient dans leur enfiemble qn'one coalition

d'intérêts divers. I ^

I ^ Us affectaient pourtant Timportanoe d'an parti et en 1

voulaient la domination. Quand pesait sur eux le plQB I ^

durement, conmie dans le procès de Louis xvi, la nécessité

de la tactique politique, il leur arrivait d*acheter le<^

influence par des dissimulations et des inconséquent

et ils subissaient une direction pour se donner rapparen<

de l'avoir imprimée.

Us devaient bien supposer que les adversaires qu'ils créaient avaient l'intelligence de cette situation et saisif saient l'occasion d'en profiter, et il devait en résulter poii-^^' les Girondins, tels que nous pouvons les concevoir, de^-^^* ressentiments et une amertume qui obscurcissaient davao-- ^* tage dans leur esprit la saine compréhension des hommes '^ et des choses, de l'actualité et de ses besoins.

Les événements postérieurs, les révélations des contempondus, les documents historiques ont bien suffisamment conservé la physionomie propre et Faction différente d( Marat, de Robespierre et de Danton, pour qu'on ne puisse voir même de l'habileté chez les Girondins s'efforçant d'enfler leur voix pour appeler leurs adversaires des Maratistes. Ce n'était qu'un grossier mensonge dont les auteurs ne recueillaient que la colère des Montagnards et l'incrédulité des désintéressés.

Quand ils arrivaient ainsi, par un si déplorable artifice, à attaquer le Triumvirat, qu'ils avaient imaginé, de Marat, de Robespierre et de Danton, alors qu'il était notoire qu'aucune relation n'existait et ne pouvait même exister entre les deux antipathiques Marat et Robespierre, qui ne se sont parlé qu'une seule fois, suffisante pour tous deux;

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alors aussi qu'ils entendaient Danton appeler Marat nn enragé, et qu'ils Tentendaient dans on discours de tribun qualifier Marat le Royou des républicainSy ce qui n'était pas peu dire; quand les Girondins, au milieu d'une Assemblée qui en savait autant qu'eux-mêmes à cet égard, persistaient dans des attaques et des exagérations absurdes, ils avaient bien peu d'intelligence politique, s'ils ne comprenaient pas qu'au lieu de se rattacher davantage cette Assemblée qu'ils voulaient dominer, et sur laquelle leur talent pouvait exercer un si grand prestige, ils éloignaient d'eux au contraire tous ses membres désintéressés dans la querelle.

Que de beaux rhéteurs, enivrés par la mélodie de leurs

phrases, se soient aventurés, au grand dommage de la

chose publique, sur un terrain aussi mouvant, on peut le

déplorer, en le rejetant sur les infirmités humaines; mais

qu'un homme comme Buzot, homme d'afiaires, homme

pratique, sans affectation personnelle, doué d'une gravité

en rapport avec sa position et sa valeur, se soit élancé un

des premiers dans cette lutte désastreuse, c'est ce qui ne

peut s'expliquer que par les excitations dangereuses d'une

ame qu'a ulcérée quelque impression non avouée ou par

une arrière-pensée (mais en quel moment !) de détruire ce

qui était, pour y substituer ce qu'il désirait.

Mais dans les débats ardents soulevés avec empressement non pas tant à l'occasion qu'au sujet des massacres de Septembre, Buzot devait se sentir plus à l'aise que les Girondins de la Législative, car il était encore éloigné de Paris et du gouvernement au commencement de septembre, et il pouvait aller jusqu'aux exagérations elles-mêmes et jusqu'aux plus injustes inculpations individuelles, sans

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avoir ù ru(i(>at«r, pour »a perâoune, Us rudes rL-crunioadoo* qui |H)uvaieiit si bieo B'tulreeser à ses umis.

Néanmoina, cettu 8oU(ltirit<; qui lie les liommes d'à même groupe devait bieutOt l'atteindre lui-même, et, g'L^"^ n'était pas liomiue à la récuser, les Moutagnarda, dont it * ftitimf*^*"*'*' l*adTflmire, n'étaient pas honmiM» 4» ImmV* •fttf^àlalniâpttgner.

f < - FlMT «ox, a l'agimit d'one gnent ftite i la S UM phi qoB da gonvanumint, sa mâunkantiiii peamir aatiaaIfbiietHmuatBrfleiiié0iode,l*«l,im'fl

nt la hitte, comme le soldat maidie à ift I |iMr,diftwln le teiritoim oontre reonainî qai ■% g><rttOBe|itiauMiiiMfaégitaaMitotttei h

dt ^ilit de goerm, lacbant qa'ili a^Bvaient à a léamadrenainB ni Mre ni marai, et ee ptnrawH— tjjpif t da n'aooardar ni izire ni marai, JDi^*ft M fÉVp tfcabatbitoat M qni u dreauitflontMlaB6val«Éil% oampniinettra le sort. ;!-'>}»-

''f^M KontigiUKb, lùcB epi'ik ponant Mm Mqpgnîarfb dÉiMoAn dm lesti taaga qDdfOee nob de 3PÛ^pp|K âgatttié, qui siégeait Im-tnème parmi eux, avaioit «■ avantage conaidérable en polltiqae sor les Girondine; Paria ne pouvait Be faire illasiou aor le sort qa'il aniait «apporté, si lea (girondins avaient été assez mattrea de la •itaatioQ pour abandonner Paris à rinvaeion, ni sur le sort de la France elle-même, si de si tristes politiques sraient pu pousser assez loin l'expénence d'nne oapitala, qui est le oœnr de sa nation, ooonpée par on antre gonvarnsmant et des armées étrangères. Ces Girondins ne t mAme pas (c'était apparemment trop proaaiqtie

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pour eux) que la nationalité française se défend à tout prix, à la frontière, et même en ponssant la guerre snr le Bol des envahisseurs.

n Mlait que Paris, que la France (et ainsi s'expliquera l'abandon dans lequel les ont laissés plus tard les départements sur lesquels ils comptaient le plus), le comprissent pour eux, mais le pays tout entier, amis ou ennemis de la Révolution, comprenait bien aussi que les Montagnards personnifiaient la Révolution et la République. On n'avait pas à étudier la valeur plus ou moins bonne de leurs procédés, mais on savait ee qu'ils voulaient, on ne doutait pas de leur sincérité : <i Les

< bonnes gens ! dit Buzot, qui croient à la République,

< conmie ils croyaient autrefois aux plus inexplicables

< mystères du papisme ! d

Ne pas répondre aux attaques de la coalition girondine; laisser cette coalition maîtresse des afifaires; se laisser accabler par elle, au lieu de lui enlever sa majorité, c'était en vérité trahir la République, et il faut rendre cette justice aux Montagnards que si, selon le point de vue auquel on se place quand on étudie leur marche politique, on peut les accuser parfois d'avoir compromis la République, on ne pourra jamais de bonne foi les accuser de l'avoir trahie. Sous ce rapport, ils avaient bien légitimement la confiance de ces bonnes gens dont parle Buzot avec un si grand sentiment de dépit.

On peut regretter que le conflit entre la Montagne et la Gironde n'ait pas été évité; on verra que le reproche en doit retomber sur les Girondins.

Mais, si l'impartialité la plus exacte force à condamner presque en toutes circoostanoes, et presque dans tous ses

LA aaoaOBy la. ho)<taùne, la pluhs

hommes, ce séduisant groupe girondin auquel on voudrai"^* trouverautantdeqaalitéssolidesquedequaiiti'S brillantes - i il fuut bien aussi faire la part d'une autre fraction quÉ^ -^ a trop profit* des complaisances de l'histoire, et que l'oi^c:^ oublie trop souveut quand on suit les actes de la Con — - — vention.

On sait en effet (|n'il y avait dons la Convention une ^^ fraction trop peu nombreuse pour constituer par elle- ^ même une majorit</, mais assez importante, par son ' npi>oint, pour ajjporter la majarîté au côt« avec lequel elle ' voluit. Avec de liv dignité dans sa conduite, de la justice et de la fermeté dans ses résolutions, elle pouvait imposer se» conditions, se faire respecter de tous et devenir une puissance modératrice dont les déterminations eussent été souvent salutaires.

Sieyès, par ses services originaires et par dea talents qu'on lui reconnaissait supérieurs ii ceux qu'il possédait réellement: qui n'avait pii^i a^sez d'esprit, mais avait UBB- ' Ame trop égoïste et trop cupide pour vivre convenablemeot Bar Bon pamphlet resté si justement célèbre; Sieyès, qu'on a appelé avec tant de raison \a/ouz7te de la Révolution, était l'intermédiaire de cette fraction avec la Montagne, oomme le girondin Dacos, avec nn caractère et plus attrayant et plus honorable, avait patriotîquement essayé de se fiùie l'intermédiaire de la Grironde avec la Montagne.

Cette même fraction renfermait d'antres hommes que Sieyès qui étaient inânents dans ses rangs, et parmi eux on voyait Boissy d'Ânglas, ancien attaché à la maison dn ctonte de Frovence, Moksieub, frère da roi. Comme son patron, Boissy d'Ânglas avait professé à l'origine de la

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