‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 119 sur 198 · CHUTB DE LÀ GIRONDE · texte numérisé non relu

CHUTB DE LÀ GIRONDE

la situation. Le Comité ne pouvait en faire jnge une majorité qni approuvait toujours les actes de la commission, et devait se borner à écarter, autant que possible, les dangers qu'elle ftisait naître. Le comité avait poussé Tabnégation très-loin, car alors que Danton, Tun de ses membres, était dénoncé ; alors que des Girondins avaient pris au sérieux cette invention de leurs amis, plus faiseurs, réussissant à faire croire Tabsurdité à force de la répéter du fiuneux triumvirat de Marat, Danton et Bobespieire, et reproduisaient cette dénonciation en précisant niaisement : « Marat comme chef, Danton et Robespierre j commandant en sous-ordres 2>, alors même, le comité s'était condamné à faire, arrière de Danton, des recherdies et des vérifications qu'il savait inutiles, mais qui le mettaient à l'abri des fureurs des dénonciateurs.

Pourtant, le comité, averti de ce qui se passe dans Paris, voyant les événements grossir et craignant de noiH velles et plus vigoureuses interventions extérieures, plusieurs de ses membres, Lindet, Treilhard, se déterminent à défaut d'autres, à reproduire personnellement, et sans plus de perte de temps, la demande de la suppression immédiate de la commission. Le comité sortit de sa réserve, se détermina à formuler lui-même cette demande et en chargea Barère, l'homme le mieux doué pour effacer les aspérités d'une question difficile.

Barère court à la tribune et fait la proposition du comité. Il est déjà trop tard; pendant qu'il parle, survient une députation du Conseil général, de la Commune et des délégués des sections, qui ne se borne plus à la dissolution de la commission, mais qui demande raison des menaces faites à la ville de Paris et réclame vengeance contre

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Isnard, les siembres de la commission, les plus notables girondins et deux ministres.

La majorité n'a plus ni emportements, ni menaces, ni

colères ; elle commence à comprendre et elle se fait

silencieuse, en présence de telles exigences

Cependant Yergniaud, dernier effort de Fimpuissance, essaie d'entraîner la Convention à se placer sous la protection, on peut (Ure la générosité de la force armée qui l'entoure. Yergniaud et les Girondins sortent, mais la Plaine elle-même ne les suit pas ; elle reste où reste la Montagne, dont la puissance grandit. Les Girondins rentrent bientôt en hommes vaincus, déconsidérés, désespérés Bobespierre en profite pour les accabler et

aller jusqu'à la demande d'un décret d'accusation; mais la Convention ne le suit pas aussi loin, et elle se borne à décréter la suppression de la ccHomission des Douze, la saisie de ses papiers et leur examen sous trois jours, la réquisition permanente de la force armée et l'examen des dénonciations apportées à la barre.

H était nuit. La journée fut célébrée dans Paris, comme une victoire, par des illuminations.

Pourtant, les sections ne se dissimulaient pas que, bien qu'aucun acte n'eût été tenté contre le respect dû à la représentation nationale, leur succès n'était dû qu'à la pression d'une force extérieure considérable qui ne pouvait être mise constamment en mouvement, et que la majorité arrachée aux Girondins pourrait leur revenir, quand la même cause ne produirait plus le même effet; et les sections continuaient à poursuivre les Girondins à moitié renversés. Pour elles, le 31 mai avait besoin d'être continué et complété.

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Le ministre G^at, homme occupé jusqu'alors à prêcher k pacification et à combattre des deux côtés les soupçons et les accusations que les deux fractions de l'Assemblée s'étaient renvoyés réciproquement, crut avoir trouvé^ une

(i) « Toos les ministres étaient présents au Comité. Garât conçut m une idée généreuse qui aurait pu ramener la concorde : « SouTenei- « TOUS, dit-il, des querelles de Thémistocle etd*Aristide Eh

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