‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 12 sur 198 · NATIONALES EN FRANCK · texte numérisé non relu

NATIONALES EN FRANCK

Le !ner8-État empruntait d'ailleurs de la circonstance cette importance considérable que, intervenant entre les deux autres ordres, sa détermination devait faire pencher la balance du côté où il se porterait. Le Tiers-État était m œ moment le grand jnge d'une question nationale ocmipliqaée d^une question religieuse.

Son yote a été d'une grande netteté. Saisissant la papauté sur son propre terrain, il déclara que Boniface vni A?ait fidt péché mortel en se posant en souverain du temporel de la France. Le clergé n'avait plus qu'à cesser sa résistance ; son point d'appui lui manquait et il déclara eofin désapprouver aussi les entreprises du pape.

Les États-Grénéraux , saisis de telles questions, n'en étaient certainement pas amoindris, et le Tiers-État luioiSme, si petit qu'il fût, se trouvant incorporé aux wemblées nationales , avait une part de puissance et irait le droit de répéter pour lui-même : Lex fit cansensu popuK et eanstitutiane régis.

Le pouvoir des Assemblées, qui s'était exercé jusqu'à

la déposition des rois, ne s'est pas reproduit depuis dans

une aussi grande étendue, mais il a eu pourtant son

moment d'éclat, sous le règne du roi Jean , alors que la

France semblait ne pouvoir plus être sauvée que par elles

et que les deux premiers ordres semblaient ne plus

attendre eux-mêmes que du troisième le salut de la patrie

commune; situation si vraie d'ailleurs, que tout a été

perdu, irrévocablement perdu tout aussitôt après Tassassi-

Dat d'Etienne Marcel, le prévôt des marchands, le chef

des députés du Tiers, le citoyen intelligent et courageux

qui restera une des grandes et des plus belles figures de la

IwTirgeoisie française, quoique le mensonge se soit efforcé

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de la dégrader auprès d'une bourgeoisie qui s Y est Crop prêtée par sa privation de sens politique*

Notre génération elle-même, si elle se rappelle TeiiMi* gnement des chaires officielles, peut encore constater la douloureuse impression du scandale effroyable d'une bour» geoisie payant des professeurs pour apprendre à set enfants, petits-fils des opprimés du xiv^ siècle, à flétrir la mémoire d'un bourgeois qui, expression courageuse d'im# situation formidable, a essayé tout à la fois d'arracher sa patrie et les plébéiens à l'invasion anglaise, et à un gon^ vemement de débauche, de déprédation et de iyranme. .

U est vrai qu'on a appelé le Bon^ ce Jean qui a donné par fois des signes de férocité. U est vrai aussi que de nos jours mêmes, des historiens ont eu l'audace de biffer dM documents authentiques pour se donner le prétexte dtf mettre dans la bouche du misérable Jean, ce fléau ds lu France, les nobles paroles d'un prisonnier fidèle à xm engagement d'honneur, allant reprendre ses chaînes camin^ un autre Bégulus. Mensonge qtd n'est pas seulement on mensonge historique, mais qui a pour résultat de couvrit les turpitudes^ d'un roi se préoccupant plus de la satisfaatf tion de ses passions, que de la guérison des midheurs dé son pays... car, loin de retourner, en prisonnier, «lî Angleterre, c'est au contraire avec un sauf-conduit du roi Edouard m et accompagné d'une suite pompeuse qu'il f est retourné auprès de la comtesse de Salisbury, la mèma des genoux de qui Edouard s'était relevé, pour inatt'. tuer Tordre de la Jarretière, ce singulier prédécesseur df l'ordre du Bain ^ i

fi> Voir l'Appendice, Note 2.

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n est Trai aîiBsi qne^ sotivenir de cette lamentable bataille de Poitiers où 80.000 français, enveloppant 8.000 Anglais, ont été culbutés, dispersés, les histoires qu'on apprend aux en&nts ont le cynisme d'appeler S<ige le tsjvtày et l'on des principaux auteurs du désastre, cet aatucieux chef d'une, bande de débauchés et de piUards. Oui, ce misérable sera Charles v le Sage^ et son règne eat appelé un lègùe réparateur, probablement parce qu'il est parvenu i force d'(^pression à faire taire les opprimée et, i force d'exactions, à remplir l'escarcelle royale too* joora yidée par une noblesse perdue de dettes et de dâbanches.

Mais c'est merveille que le savoir-fidre des histoires ^'oB pourrait appeler classiques : elles sont foudroyantes qpxoài il s'i^t d'une nation revendiquant ses droits et cherchant son salut ; mais elles sont pleines de circons* pectkm, de retaïue, de sage falsification, quand il s'agit 4e rapporter les actions de la royauté.

Si Charles v, sans l'autorisation des Etats, prélevait des impôts pris sur les produits ordinaires du royaume, il avait aussi recours aux € urbanis exactionibusy > selon l'expression des vieilles chroniques. Cela veut dire, je croia bien, les exactions sur les villes^ mais c'est un trop gros mot i rencontre de ce sage, et il y en a qui en font une chose assez régulière en traduisant le latin par les mots et ridée moderne de Contributions extraordinaires.

Mais laissons ces lâchetés historiques qui nous jette-» raient hors de notre siyct, et reprenons ce qui tient plus exactement au rôle des Assemblées nationales en France*

Nous n'avons même pas à retracer l'histoire des Etats dans une lutte entreprise pour sauver la France et

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