RÔLE DES ASSEMBLEES
de TAnglaîs , ennemi extérieur y et de la conr , ennemi intérieur.
Noos n^avons qu'à appeler l'attention snr les institutions sorties de cette lutte, les ordonnances de 1355 et 1356 et les instructions des États sur la levée des subsides. C'était presque 1789 dans le xrv^ siècle, et Lally-ToUendaleût eu raison en ce cas d'appeler ces actes trop pea connus aujourd'hui : la grande Charte des Français^ qui n'a été, dans la triste réalité des choses, qu'une parodie dérisoire pour la France.
n est difficile de faire saisir toute la portée d'actes aussi importants et aussi longs dans une simple analyse. Essayons pourtant d'en reproduire les traits principaux^.
On sait que toutes ces dispositions, qui devaient si' naturellement servir de point de départ à la régénération' de la France abattue et ruinée et à une organisation plus juste et plus régulière, ont été renversées par le prinoe lâche et débauché, fourbe et rapace, que des historiens ont' eu la malheureuse idée d'appeler le Sage.
Mais la double faute dés États, c'est d'avoir laissé trop restreinte à leurs mains l'action législative, et d'avoir procédé par la méthode des remontrances, converties en ordonnances, que le prince s'est donné la facilité de révoquer sans le concours des États ; c'est aussi celle de la France, ayant devant elle une monarchie pernicieuse, d'avoir conservé cette monarchie au pouvoir et de lui avoir donné le moyen de détruire les garanties nationales.
Mais on n'en fera jamais résulter le principe d'une monarchie de droit absolu. — La destruction par la
(1) Voir rAprendice, Note 3.
kâhonales EN fbakce 63
Donaifehie, presque immédiatement, des actes législatifs de 13d5 et de 1356, n^a pas même fait disparaître entièrem^it dans les esprits tous les principes que ces ictes reconnaissaient, puisque à un siècle de là, à une époque où diaprés nos aperçus nous pouvons croire pour k plupart que de telles idées étaient entièrement oubliées, Gommines, Tami et le confident de Louis xi, écrivait au contraire, conoime chose incontestable, toute naturelle, tonte simple, que c'était un des principes de la nation française, qu'aucun impôt ne devait être perçu sans p'elle Feût voté.
Le rôle principal, considérable, rempli par le Tiers-État à cette époque et d'une manière courageuse, alors même fa'il se voyait abandonné des deux autres ordres, montrait pour la première fois l'importance de son entrée sur la icèiie politique, mais s'évanouissait bientôt sous la Téiction royale pour ne se reproduire que quelques siècles ^ tard.
La Noblesse et le Clergé des États, entraînés par la grandeur du péril, avaient bien pu marcher alors sur un pied d'égalité avec le troisième ordre, mais ils ne devaient pas être imités par leurs successeurs et on peut s'attendre à Tamoindrissement et à l'humiliation des plébéiens des Etats futurs, comme s'étaient constatés l'amoindrissement et l'humiliation des plébéiens des États précédents, élément nouveau venu, qui avait introduit des intrus que les malheurs des circonstances avaient rendus utiles, indispensables en un moment donné.
Ce qui est vrai, c'est que ce nouveau venu, cet élément îni n'avait pas de nom, auquel on se garda bien de dooner celui qui lui appartenait, qu'on laissa innomé et
M Afttfe DES AfiStiHliLâSB
^q'oii m eontoitft d't^peler, par ik>û nmnétùy le iroudAtlé ofdre, le Tiers-Ordre, le Tiers-État^ a été tenu dans mtë grande condition d'infériorité. Ce n'était mdme fflk^â pmaux que son orateur pouvait parler, là oà les orateUff des deux autres ordres avaient le privilège dé pésiâif debout. Puisque le vilain, le pauvre, dont où vodsié pourtant obtenir l'argent,* se trouvait appelé dans I^ÉCat^ il semblait bon même d'amoindrir les institotiiûM auxquelles il allait participer.
Précédemment, la Noblesse, logique ea cela comme ott peut l'être quand on opprime, avait reconnu à peine qui les descendants des Gktulois dépouillés fussent devetius kamnies ; mais elle avait maintenu que les pens du plat pays ou les pauvres^ de race différoEite que les habxtsnttf des hauieurSy nobles au riches^ les uns et les autres amsi appelés par synonymie, ne devaient pas sortir de léttf condition ; et alors que la NoUesse voyait s'élaigîr \xà assemblées du Champ de mai en États- GéjiérauâPj oA té trouvait le troisième ordre, elle avait soin de r«iduire eea États à n'être que des assemblées ayant p&ur 6at eé eenchmcn de tirer argent du peuple et le clergé f aidait bien.
Au nombre des documents pouvant repreduirer li physionomie, les aspirations et les impressions de eêttè époque, on a signalé le manuscrit du Renard^e^-Cef^ttefai^ dont le journal VEwtepéen a analysé l'un des contes 3 y a plus de trente-cinq ans. C'est un document que bîM des peuples auraient intérêt à étudier^.
A une ^)oque moins éloignée de nous, on pouvïât
(!) Voir TAppendice, Note 4.
morgae à une noblesse déjà ssou anthsntictté, qui né poaTbit plus attester sa ûliatioQ Sno les eonqn^asta, ^ dont queiqaea membres ne se iKiawiit dasoeadanti dal CiDÛêe que pur une filiation saapecie là du haaumjttààt uns port^ sérieuse.
Ponrtant on la voit encore, liBotûc et niAine Tnttoitj se servir d'an langage fort aoosntaé, Un de» £tet»» Généniaz de 1614, aJors que leTûn-Efait iéd»Diait MB droit à être qmlque chose. 11 ropri-Hnlaii hanAteniMit qKa i « le£ truÎK ordres étaient frt^rcs, eoftsU de la mène ooma rnone, la France ; le premier qai étùt le dergV. ^fnt
< obtenu droit d'aînesse ; que la ÏToUeufl éteit le potaéf
< et le Tiers-Etat le cadet, n La prétention était modCsU» et de fort petite importance, ai l'oit sa reporto i lacenditîoD des cadët« â cette époque. -^
^'ésuIaoinâ, les nobles riipli^naieBt amo ûurifltu» I « qo'U d'7 avait aucune fniteroité entre enx et It Tien^ « qa'ilfl ne voulaient pas que des eniaotâ de cordonoiers
< et de savetiers les appelassent frères, et qu'il y avait
< aatant de différence entre eux et le Tiers, comme entre c le maître et le valet ^ >
n £uit bien le reconnaître, l'inaugaration des Etats* Généraux, c'est-àrdire l'introduction de l'élément popae daiu les Âasemblées nationales, avait paru lui donner t destinée de n'ètie quelque cbose dans la nation que ^Mjne fois que la monarctùe avait mis la France sur la Wd de l'abîme, on dévoré sa fortune. C'est là ce qui, ^ ipte trois sièdea d'expériences, a semblé donner raison
U) BupiD, lUUtiûn ia Étati de 16U.
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à cet autre mot d'Etienne Pasqnier : a: c'est presque le but et conclusion de telles assemblées de tirer argent du peuple, ]b mot plein de découragement, reposant plus sur les misères passées et présentes que sur la prévoyance de l'avenir. La monarchie ne pourrait pas toujours procéder par exactions, ni même fausser toutes les mesures. Quand les gouvernements aliènent toutes les ressources, et n'ont plus que des dettes, arrive toujours à une date plus ou Lins rapprochée, liais certaine, le moment où la nation met la main dans ses affaires, et punit les gouvernements.
La réunion des Assemblées, quelles qu'elles soient, amène nécessairement la délibération, et l'esprit délibé* ratif finit toujours par entraîner avec lui la revendication du droit.
La France l'avait bien vu déjà, lors des Etats dits du roi Jean. A quoi avait-il tenu que l'égalité des trois ordres s'établit, et que la nation marchât régulièrement dans ses voies primitives, qui constituaient bien ce que vons pourriez appeler, dans le langage moderne, un gouverne» ment monarchique parlementaire?
C'était le droit, le droit constitutionnel des vieux Francks, qui a pu être altéré par défaut d'exercice, mais qui est resté le droit, parce que rien ne l'a détruit ni remplacé.
Il y a loin de là, on le voit, au prétendu droit traditionnel, sur lequel on a essayé, en bégayant des mots sans valeur, d'asseoir des origines de pouvoir absolu an profit de la monarchie, et de faire passer ses usurpations pour l'application de la tradition française.
On voit donc ainsi sommairement, mais d'une manière certaine, que, sous le rapport des institutions mom^r*