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CHAPITRE VII

SURRECriON NORMANDE ET SES CARACTÈRES

!urs historiques commises sous Tétiquette du fédéralisme.

- Dates de l'arrivée des Girondins à Érreux et à Gaen. — d les accuse de fédéralisme. — fiuzot en rerendique Tidée )ur lui seul. — Agitations dans le département de l'Eure, ts le 31 mai accompli. — Réunion à ETreux des délégués s districts. — On délibère en Tue d'un soulèvement. — ;te insurrectionnel de la commune d'Ëvreux. — Aucun rupule pour en assurer le succès. — Comédie jouée par lUX régiments de dragons et de chasseurs. — fiuzot en faite irrète à six kilomètres d'Évreux. — Son entrée presque iomphale dans sa ville. — Il est déclaré sous la protection L département. — Il entre en entier dans l'insurrection.

- Séances qu'il tient dans la cathédrale d'Êvreux. — L'inrrection prend de grandes proportions. — Buxot quitte reux pour Gaen.

oaajorité du Comité de salut public, qui voyait les de la commission des Douze et en redoutait les s, avait apporté une sagesse et une patience sans le à atténuer les uns et à conjurer les autres. Le

avait rencontré une opiniâtreté qui avait fait • successivement les seuls moyens de conciliation

situation présentât. Le dénouement ne le sur- : pas, mais lui faisait entrevoir de nouveaux et fores événements, et Barêre en éprouvait un ressen-

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timent profiind si durable qae, près d*im deminrièdeapièii £1 le manifestait encore oontre Danton. Celni^ luHoni à toataacrifier à oette rérolnticm dont il avait Ait ria» desaviei avait vonlnanacher à sa liberté d'action Iftconsf mission des Donse qni s'employait à désazmer la xéfolatkii devant ses ennemis, et qnand il avait vu aeseftcts impoissants contre la coalition qni fonnait la majorité, il avait probablement ponssé ses dévoués CordelieiB, d'aooord cette fois avec les Jacobins, à contrîboer i 1* cession dn 31 mai, dn véritable 81 mai seulement^; mais il n'avait pas vonln du 2 juin. Tons les bommes prévojanlB dn parti Honti^[nard, et tons cenx d'enfze eox qni pon» saisiit qn'na principe n'avait jamais rien que d'absotn, étaient pins attristés qn'henienx d'un snooès dont ib appcéoiaient le prix. Ceoz-ci trouvaient dans leur inAeiibilité mime une cause légitime de idainto de Im part àm départements privés arbitrairement de leurs représentants, n est de vérité^ en tbàse, que le droit de tooa npote sur le respect du droit de chacun, et que, conséquemmait^ quand la représentation d'un départemeAt est violée, iLrentre toujours dans le droit, et quelquefois dans I devoir de ce département, de s'élever, par un mojen o par un autre, contre les auteurs de l'attentat. Les agente royalistes avaient donc là une excellente occasion, tout à cette époque et dans l'état des esprits, de s'emparer d'une cause sérieuse de résistance. On ne pouvait d'ailleurs attendre des Girondins, et de ceux surtout qui

(i) « Danton, qni n'avait que des moments d'audace et des paroxysmes de résolution, recula devant les désastreuses suites di 31 mai, son ouvrage. »

(Barère, m une note manuscrite, sur U Comité de salut puUic,)

Sr BEA OABAOTàBBtl 12?

venaient de B'éTftder, assez d'abnégation ponr abandonner la suite du système constamment suivi d'excitation des départements contre Paris, pour abandonner également leur projet mis en délibération si récemment parmi eux de provoquer une insurrection provinciale, et pour hésiter on instant à profiter même des mouvements de Ljon^ Marseille et Bordeaux, en concordance si malheureuse ^vec Finsurrection vendéenne.

n n'j a certes pas lieu de s'étonner qu'en général l'histoire, dépourvue de renseignements locaux, ait attrit>né aux Girondins l'insurrection départementale qui a suivi le 31 mai, que des historiens leur en aient fiât un mérite et d'autres un reproche, que d'autres encore, tout en s'abstenant d'appréciations, aient constaté comme un Eût que les Girondins, évadés de Paris, s'étaient dirigés pour la plupart vers la Normandie et y avaient excité le mouvement.

n ne &ut pas s'étonner davantage que œtte insurrec» tàoa ait été appelée l'insurrection du fédéralisme, alors que le Midi avait encore tant de tendances h se croire 3tre une autre France que le Nord; que les Girondins Légers de cette contrée voltigeaient volontiers dans des ^nversations inconséquentes et se prêtant à toutes les nterprétations ; que les Montagnards soupçonneux s'inlignaient contre l'idée du fédéralisme qui ne pouvait JcMB que briser les forces à opposer aux ennemis, et tn^enfin, par tactique aussi, on ne manquait pas de crier ."Ux départemints que c'était au fédéralisme que voulaient ^e mener ceux qui les excitaient contre le gouvernement entrai.

Ce sont là en quelque sorte des vérités acquises pour

L INBCBRECTION NORMASDE

rhiatoire, et pourtant rien n'est moins vr^ I Quand on est trop petit ponr renverser lc« rêcit« de grands historiens, dont les mérites personnels couvrent les erreare produites par des vérifications peu approfondies, on a par cela même aussi moins ù perdre, et par conséquent moine de ménagements iV garder que les grands : dussé-Je doue être accusé de paradoxe, je n'hésite pas à manifester ma conviction et à dire que, s'il est vrai, quant à rÎDsnrrection, que les Girondins ont été les pères de l'idée, ils n'ont certainement pae été les organisateurs du mouvement, et, quant au caractère de cette insurrectioD, qo'elle n'a jamais eu pour objet la formation d'un gouvernement érigé selon le système fédéral ; que le 31 mai, plutwt occasion que cause, a été une arme ramassée incidemment par le royalisme et qu'il a maniée sous uu drapeau trompeur.

Mon cadre ne doit renfermer, heoreaaement pour mcù dont l'insuffisance trouve encore trop de matières, que les évéuements nuxquels Robert Lindet a pris part, et qnï peuvent expliquer ses actes et sa vie politique; je n'ii donc pas à rechercher le caractère des monvem^its dn Midi, mais tout le monde sait que Lyon était atore livré ft l'action des royalistes et des congréganistes; que Har- HÎlle s'agitait sous les entreprises d'esprits taibnlents qui critùent contre ce qu'ils ne voulaient pas, maÎB ne formulaient pas ce qu'ils désiraient ; que Bordeaux, txtr Tullé par cette noblesse équivoque de G^enne, ni<niu logique encore dans ses prétentions que celle du Notd, et par on négoce oublieux de sa propre origine, n'a I(Hig* temps recelé qn'une grande mtyorité royaliste.

C'est pour ce qui concerne la Normandie qae j'ai i

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suivre rinsurrection en même temps que Robert Lindet, et sur ce terrain, où je marcherai escorté de renseignements locaux, enfuit de famille normande, appartenant à une génération qui a fréquenté la génération contemporaine des événements, ayant vécu moi-même dans l'intimité de quelques-uns des acteurs de ces événements, je n'aurai pas à craindre de m'égarer là où d'autres plus éminents et plus habiles pourraient pourtant se perdre.

Sans aucun doute Buzot lui-même, par son projet de garde départementale, les députés du Calvados, par leurs communications toujours alarmantes à leurs amis du département, et tous les Girondins, par leurs recommandations à leurs atnis, avaient probablement semé un germe qui pouvait lever, mais leur action ne s'est pas davantage exercée.

Le premier acte de l'insurrection de l'Eure adressé par le directoire départemental aux administrations des districts ou circonscriptions administratives, connues mahiteuant sous le nom parfois si ridicule d'arrondissements, est une convocation faite, dès le 4 juin, pour appeler des délégués des districts à délibérer sur les moyens de sauver la patrie; l'acte constitutif d'un pouvoir local et insurrectionnel ^, celui qui a servi de signal aux autres départe-

(i) L'assemblée déclare qu'elle est convaincue que l'Assemblée nationale n'est pas libre. Il sera organisé, concurremment avec les citoyens des autres départements, une Force armée pour marcher contre les factieux de Paris, qui ont enchaîné la liberté de la Convention, et réduit au silence les bons citoyens.

Cette force armée sera de quatre mille hommes pour le département de l'Eure.

Il sera établi une correspondance avec tous les départements pour les inviter à se joindre au département de l'Eure.

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