‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 123 sur 198 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

PDlnl^ tflt^fi jflin (;7|I3) # pon du 1 3, comme on fa j^ 4 ^$po^ n'uft ÊrrM «^*|^^8, non À Erreux, ma» #|Ç|| î» flWPpP** ^'l^TFffff »*J arrêtant jiar precantion BQflirf'ifffi^Mr^^Bq^seiMtaitdans Evreux même. BffV*rtSoWH»W(!itB»W» h protection d'un mourejHgf l4#l flfNi'éi ^ Wtfe ig^V [leut dire que, daua le IPJHifn Ml'M 4° d^>>^kDtVtiie l'Eure, Bazotjccrtsine- «gilfpt }e {% n^POtaUe <|e8 <^udins comme orgauifwi^fa\ftff^;pnii^ a^ dÙMf^ 4'fl ^ mouTement, n'en b pns ^ yifflrtiyW^, 4 9*^ m !»>*>? qu'à Eon développement. . ]Pfmr leR ^ (Wnoenf Qlpl^ «'«st dans la nuit du 30 au SSsJm^tffJtirt ft»™ .BW "^ce qu'on pi.arroit conai- (fffrof ^b^ oonnny qp #pta de l^tion. L'insurrection pu* l^qi^ 9fl|f!Îell« ai qiUliW *ofP^, <ii^i^ <1^ If^ déclaration 'proeliiiiéedaiiBlwciiiqBeotionBâclaville,le 7 juin, et de .yipfp|lifHtini> .4b ^ 4ff^K)tHivi 4n mouremeat. Le 9, s été p^ Vffpq^ dùftQMfnt dei| (niBwe publiques eo àvaa de l^nilpiwotioD, H ç'wi fft id^lA seulement qae les deux preotierB OiiondiDS qui aient para & Caen, Geinw et Çeori Larivière, y sont arriTés. Sa ne furent doup pfl« fien, absolument, ni dans les ezcitatîona, ni datw la révr îiBAtioo du piouyement.

Il sera enroyé une adresse à toulcs les commtiDes <!u départeinait pour (lemaDiter leur pdhésioo «ui mesures conteuues iuxa le pr^weat Vrèté.

It Bcra envoyé des commissaires dans les départementa du Cld1•^ dos, d'Ëurc-et-Loir et de l'Orne, pour concerter ensemble les moytU d'eiéculion.

Il est ordonné aui municipalités d'arrêter ceux qui prêcheraient U doctrine de l'anarchie, le meurtre cl le pillage.

lOiliàfration de l'auembU» iiuurreclionnelle d'Évrtu», du 6 juin 1793.)

Qaant attt antres, ils n'y arrivèt^nt que plus tard encore, et successivement : Salles (de la Menrthe) et Lesagé (d'Eure-et-Loir), le 12 juin, avec Buzot; Barbaroux, Bergoing (de la Gironde), Duval et Labaye (de la Seine- Inférieure), le 15; de Cussy (du Calvados), le 18; PétioÀj le 28, et Lanjuinais, le 30 ; Kervélégan (du Finistère)^ Mollevault (de la Meurthe) et Duchâtel (des Deux- Sèvres), les 2, 4 et 10 juillet. On a pu supposer que Isàrn de Valady (de l'Aveyron) et Meillan (des Bassés-Pyténées) sont arrivés à Caen vers la fin de juin.

Dans un récit que, avec trop de réserve peut-être, on s'est borné à appeler romanesque, et qui fourmille d'inexactitudes, Louvet s'est donné la satisfaction d'élargir l'action des Girondins dans l'insurrection, maià Ini-inème n'est arrivé à Caen que le 26 juin, àveé GKiâdet, (Jti'il avait rencontré à Evreux, le 24, dit-il, en glur^on tapissier.

îl ne serait pas raisonnable de supposer que, les Girondins s'étant sauvés de Paris plus ou moins tôt, qui d'une manière, qui d'une autre, arrivés soit à Evreux, Boit à Caen, à des dates différentes, les uns alors même que les autres en étaient repartis, se fussent concertés, et eussent eu un plan ou une marche arrêtés. Il paraît certain que Buzot, alors qu'il croyait son département assuré à l'insurrection, ne s'est rendu à Caen, ou n'y a été entraîné que dans des vues insurrectionnelles, ne se proposant d'y faire qu'un séjour très-court, et avec ridée d'un prompt retour à Evreux, puisque, très-soîgiieux de sa mise personnelle, il n'a pas même emporté un seul objet de lingerie; mais quant aux autres Girondins que l'on a vus à Caen, ils n'y sont venus qu'à la

qoimlle du Hoalârcanent, et ooaan» des pwMito^jipB ijSijgeiit nttOMllemeot lenn pu Ten In liMB^^k-fll çnîiBnt tnniTsr des éjéipfliitt as raeoèt ponf kviflriÉriii^ 09 dw ^MttoeB de uhit pour enz-mtaaes. Cîebt «e fi%ir j|Rn« d'uUeon «n homme qm pantt «mrir pM Mk ^SBUU iwuviiinble, ^ qm fut le ptemiflr «■ date^iil ifpvxés da Cthidoe *; mi/i&j;^, mais non im^Midbii ,,• î«es Qùoiidiiu, on qnelqaes-iau d'entre eux, ont fait à pW prda ce qs'il ftlkit poqr qnc ceux dont on savait rt^pinion répidtUcsme ftiuent Boopçonnés de fédérslisme. Q& Iw • TU, ches H** Bolaçd, former ce qa'elle ^dle le pr^ eenditiomi^ li'une république daTu le J^'*. BtrbaMHiz, befbo dieeor, Bgn'able i>r>âte, totré- 1^ MU^ DMÙ inoonaUtant^ bhqb valenr politique, qai m^;^KpA pourtant pas £tn flatté quand sou ami Valady ^t^iit derant Ini : c Barboroux, c'est im étourdi sublime, c qui, daoa dix ans, sera on grand homme, > Barbaronx |}tait bien Baibanmx de Maneille, et croyait trop facilement à la possibilité pour lui de disposer & son gré des destinées da Midi. Gnadet, dans sa vanité personnelle et son ardear provocante, était bien uu vrai G-irondin de la véritable Œronde; il avait saisi sans autre esamea et avait imposé à sou esprit l'idée vagae d'une répnbliqne méridionale, ayant ees limites à la Loire, mais il ne paraissait pas qu'il eût pensé même au côté pratique de

(1) • Les proscrits du 3t mai et ceux qui pouvaient s'attendre à ■ l'être encore après eux crurenl voir dans cel événement (l'iDinirrec- • tion) uue cliancc de salut offerte h leurs espérances, et prirent I ausailât le parti de se jeter parmi nous. ■ ' (Vaultier.annoléparMancel, Sûuwnirïdei'tnjurrecdonnomiofid».)

(3) Madame Roland, Portraits et anecdotes.

ST SES CARACTâBES 133

la question. Louvet, républicain par sentiment bien plus que par raisonnement, tenait à la forme républicaine; mais son imagination prodigue en fantômes, ses ressentiments contre Eobespierre dont il était devenu l'ardent antagoniste, sa colère contre une grande république qui divise, toujours fort heureusement, les influences personnelles, son désespoir de ne pouvoir dominer Paris, lui faisaient préférer en théorie des petites républiques où chacun pourrait faire plus facilement son petit ménage.

Ils sont les seuls pourtant, en exceptant Buzot, parmi ceux mis en position de donner une couleur à l'insurrection normande, qui auraient pu lui imprimer une signification fédéraliste, et on voit à quoi se borne leur fédéralisme. Les renseignements résultant de leurs conversations intimes, pendant toute la durée de rinsurrection, n'apprennent pas d'ailleurs une seule manifestation en ce sens : Wimpfen lui-même, homme à la parole toujours suspecte, qui ment quelquefois sans nécessité pour lui, ne reproduit que comme une supposition ou une appréciation personnelle, peut-être sans fondement, leurs vues de démembrement de la France méridionale ^

Ce n'est pas un projet de république fédérale qu'eût formé Lanjuinais à Caen, alors même qu'il y eût séjourné plus longtemps qu'il ne l'a fait. D'une physionomie bien éloignée de celle de ses plus notables compagnons de

(1) « Louvet, Barbaroux, Guadet, eussent transigé, si l'on eût Toulu leur céder la partie de la France de l'autre côté de la Loire, pour en faire une république à leur mode. Ils comptaient beaucoup sur les petites puissances de l'Italie, avec lesquelles ils feraient des traités offensifs et défensifs. >

(Wimpfen, Récits reproduits dans Vaultier.)

te, 3 aonble vrâi roula l

ÇB Ê'QixgDMut d'eux, «o B'Afltea— t de ] à lans oAtés, u nuliai d'âne inaamcàtm An le MO iDte^idit>- penanndle loi wigaMt n vUe, fjmpsUiîet le lui araifst aa&û indti|w^ ùdtfé titaSf prubaljlenteiit avec niaoci, nwniBr ■■ ie jauêtiicte attardé, qui s'eât voola poor la VniM les liHiDec aévC-reii, mab arUlocraSqnes, de» ÎBvtiti- ■DgiaiaM, il n'arait riea de commiui ni «ne Ve^B^ !i4i les tendance* méridioDales, aï avec ks pMaetaM àt Vnaâen régime.

Poor Qonuus, qui, arriré Tas des deux pramien & Chot y r€*ta jtuqa'au déDooemeot, Q n'aimait pas à dimionet l'importance qa'ÎI §e crojraît, aussi se muoti&it-il parf(Û9 hanli en prcjets: mais ce n'est pas l'esprit du fédéraliaiiK qu'il aurait porté on Xonua&die, si l'on eu croit Wimpféii '. Qoissu n'utinùl pas même porté son esprit &«««e huai, <x qui n'éUiit pue difficile, pour comprendre qu'eu se nOb chant â la mon:u-f:hie, nn an»! lie la Révolution ne derûl remettre cette Bévolntion qn'à une dynastie noovdb^ intéressée par son origine même et par la lutte des coibf< pétitions à la conservation du principe révolutitHinaire de 89; il aurait penclié pour l'enfant devenu lliénjîa direct et la personnification de l'ancien régime.

Si ce que dît Wimpfen est vrai, Gtoreas était sur son terrain, car, j'en suis convaincu du moins, là où l'on apercevait du fédéralisme se trouvait au fond l'esprit royaliste, l'action royaliste.

(1}Gorsu penchail pour le petit DauptdQ, ouU bien enteiulnq«'«a n'en ijçqdrait.là qu'à U dernière extréiwl^, (Witupren, Ibid.i

^ SBS CABÂGTÈB£S 13Ô

Quant aux GironduiB en général, ils désavotiaient tonte sombiiàais^n tendant an fédéralisme, et ils étaient sincères ; l^idée qn'on lenr attribuait avait pu être exploitée, mais 3'eôt tout comme une fausse monnaie mise on cir'éulation Ewi milieu de quelques populations dont on voulait flatter les passions locales et capter l'esprit provincial.

Pourtant il y avait un fédéraliste, un vrai et ëeul fédéraliste panni les Girondins, et c'était Buzot. Mais il dédare nettement que son opinion sur le fédéralisme appaf^ ^ient à kà seul. H admet bien qu'il est dans les possibilités qàe ses amis eussent médité sur la même question, nais c'e&t tout; et c'est pour lui-même, pour lui seul, qu'il revendique l'idée du fédéralisme en homme ferme' et côn- \rainca, qu'il l'établit, là discute, examine la question d'une capitale pour un Etat, semblé à cet égferd se rattacher ati système de déplacement successif suivi alorë en Smsse, applaudit quant au reste au système aniéticaîn et en fait l'application à la France ^

(i) € Le reproché qu'on nous fait d'être fédéralistes doit bieii

étonner les américains Le fédéralisme est-ii donc un monstre

qui doive révolter? Est-ce donc un crime que de chérir un gouvernement sous lequel l'Amérique vit heureuse et libre? Pauvres gens ! ils ne savent pas ce que c'est, et vont toujours ifeur train, comme s'ils en savaient quelque chose! Le fédéralisme est peut-être pour les vastes pays où l'on veut réunir les avantages d'une liberté bien ordonnée dans l'intérieur avec ceux d'une réunion puissante de toutes les forces de l'État à l'extérieur, le mode de gouvernement qui convient le mieux à un grand peuple. »

(Buzot, Mémoires, page 49.) • J'ai dit ouvertement ce que je pensais de la forme du gouvernement républicain qui pouvait convenir à la France, mais j'ai averti déjà que cette opinion ne pouvait être imputée à aucun de mes

amis la mienne est à moi seul, et je ne la donne que -pour

cela. » (Buzot, Ibid., page 495.)

TlOlir BOBKANDie

n feut avouer que «m fâirraUsme «tait bien inopporttiii; personne, je pense^Ce niem que jamai» aucune nation n'a en plus besoin d'one forte centrnlistitiou qnc lu France encore mal sondée Je 179i! et 1703. Il Inî fallait une grande unitii- pour rkigter efficacement aux événements formidables qui s'amnioelnieot si dangereux pour In natioiialitfi elle-même.

Mais il est certnin qoe, l'esprit préoccupt' de l'histoire de la dévolution nn^huae, le r^pnblicanismesoup<^nnoiii de Bazot entrevoyait d^à le fantôme de quelque nouveao Crorawell, Il le dit d'ailleurs, et c'est Ini qui a eignalw li' danger pour la République de conserver dans eon seiu la famille de Phi lippe- Egalité.

On serait inexact d'ailleurs ei on l'accusait d'avoir jeté son fédéralisme même dans les événements de l'insoi' rection normande. El s'en défend et il dit vrai ', ctur cens nit'mes que l'on a vu plus tard rejeter sur lui la responsabilité dont on k' chargeait dans hri ''véiirmcnta delà Normandie, ont fixé le sens de ses actions et de hr paroles, sans que rien décelât nue inspiration fédénliBte^

(1) • Moi-même, je ne croyais pas le temps bien favorable pmr

■ mw manirester la mienne (son Ofiinion sur la Forme du gouveme- I ment républicoia) et je me seraiti pcut-âlre contenté d'un i pen I près, en attendant de meilleures circonstances que l'expérience

■ n'ebt pas manqué d'amener, iin un mot, il ne faut pas confondre t noa opinions iadividuellea avec nos projets ; ce!les-li sont indé- 1 peadantes du temps et des obstacles... ceiii-ci se modîtlcnt

■ suivant les circonstances et les préjugés du moment. •

(Buiot, Mémoirts. page 194.)

(2) < ArriTèrenl {k Evreui) Buzot, Salles, Bei^oing, dépalés

■ fugitifs qui par leurs discours acbevëreul de soulever le peuple,

■ eu lui diMDt que la GouTention âlail dans le plus t^rand danger ;

ET SES caractIbes 137

On doit donc, pour rester dans les bornes de la vérité, ne considérer l'opinion fédéraliste de Buzot qu'au point de vue de la théorie ; mais, sous ce rapport, les hommes d'étude et d'examen sans préjugés pourront trouver dans ce qu'il a laissé des passages dignes d'être médités.

Sans aucun doute, on ne saurait trop le répéter comme vérité certaine d'une situation exceptionnelle, la question du fédéralisme, soulevée réellement en 1793, n'aurait pu entraîner qu'une catastrophe irréparable. Mais c'est en elle-même, en dehors des circonstances, une question qui, sous un autre nom peut-être, dans un temps ou dans un autre, dans son ensemble ou dans ses transitions, se montrera sous un jour nouveau à l'esprit des penseurs et amènera au moins des transactions entre eux. H doit être évident déjà, pour les moins clairvoyants, qu'un aventurier, heureux dans son crime, qui usurperait le pouvoir aux Etats-Unis d'Amérique ou dans la Confédération helvétique, ne réussirait à régner quelques instants qu'à Washington ou à Berne. Dans un pays de grande centralisation au contraire, quoi que l'on fasse, tout gouvernement, quel qu'il soit, établi seulement quelques heures dans la capitale, a son succès assuré sur toute la surface du pays.

Aussi, toul en jugeant non le fédéralisme des Girondins, dont les visées d'ailleurs n'allaient pas fort haut, mais le fédéralisme de Buzot lui-même, et tout en réservant la question d'opportunité, montrerait-on une certaine

t qu'une faction soudoyée par Pitt cherchait à la dissoudre ; que la « République était perdue si l'on n'arrêtait le coup fatal qu'on vouc lait lui porter. »

(Gardembas, Précis des événements qui ont eu lieu à Evreux,)

If^gùreté d'intelligence politique, bî on le condamnait sans plus d'examen.

Ceat tout aimplement A ce qui précède que se rédnisent en rt.'alit»Ia participation des Girondins à la naissance de l'insnirection normande et le caractère de cette insurrection. Ce n'est pas dire que ses principaux auteurs aient été plus ou moine coupables, selon que l'insurrection fut ou fédéraliste ou royaliste, car elle étaiti, dans un cas comme dans l'autre, tout au moins comme résultat, nne diversiou favorable A l'étranger qui menaçait la patrie et qui trouvait dés auxiliaires que leur drapeau, quel qu'il fût, ne pouvait escuBer,

Quant aux insurgés eux-mêmes, ils se sont bien (édérée pour une action commune, dans un temps donné, et pouvaient bien s'appeler par suite des fAdérés; mais de là à la revendication d'un système d'organisation politique et d'une forme républicaine, ayant le fëdéraliatne pour principe, il y a une tn^'a-grande distance d'idées et d'action» qui n'a jamais' été francHie.

Néanmoins, et sous peine de parler une langue sAtA' qne la langue oonnne et généralement comprisse je' eettâ' obligé' d'appeler fédéralistes des bommes et dèB dioWA' qui resteront pour moi, en sous-entendu, des Girondins OU' des royalistes, des Girondins comme drftpean, des rt^slîstes comme pensée et combat.

Ceat à ce point de vue que je replacerai encore en prtisence les deux plus grandes célébrités de la députàtion' de l'Eure à la Convention ; l'une des deux, Buzot, entrant avec énergie et résolution dans le mouvement qni a pool' but de faire de la Normandie le centre d'un gouvernement opposa axu goQvememiBnt de la Convention; l'antïe,

Robert Jindet, dirigeant avee; une. sagesse peu coiomane Vaction politique et la force publique qu'il est chargé de faire servir i. rattacher la Normandie au gouvernement central.

On sait déjà, que l'administration départementalie da VEure était alors, comptée au nombre des trente-trois ^duûnistrations que Topinion publique supposait acquise en France au parti royaliste ; elle avait à sa tête, poui^ président^ l'abbé Lecerf, dernier titulaire du. prieuré de VHôtel-Dieu d'Svieux, et que l'on vit plus tard l'un des candidats et des élus désignés paf le comité central royar liste djB Paris.. Pourtant, et en parcourant la liste des Qiembres de l'administratiou de l'Eure, en tenant compte des souvenirs et des traditions de famiUe même, il est difficile d'admettre que la minorité, la grande majorité de ces administrateurs éprouvât de la sympathie pour l'ancien régime*. Des rares survivants que j'ai connus d'entre ces hommes,, un seul peut-être eût accepté l'absolutisme. Us ^ient bien plutôt des hommes de 1791, de la Constitution de 1791, qui n'auraient pas élevé l'échafaud de Louis XVI, mais qui devaient être plus indifférents à son sort, qu'au sort d'une Constitution convenant à une fraction mitoyenne entre le haut tiers et la masse de la nation^

Tout d'abord, l'action royaliste ne se montrait pas ouvertement au chef-lieu de l'Eure, et, dirigée par un homme fort habile, légiste plébéien, qui fut aussi plus tard un élu royaliste à nos grandes assemblées délibé^ rantes, cette action prudente se borna à fomenter sour*' dément la colère, à cause de l'expulsion des députés que leurs électeurs avaient nommés dans la plénitude de leurs droits, et à un titre égal à celui des autres départements.

140 l'insurrection normande

n fallait rétablir sur leurs sièges les députés qui en avaient été expulsés ; telle était l'idée fixe, unique, suggérée ou non, qui s'^nparait de la majorité de la population sans que personne parlât de fédéralisme ou de royalisme. En vain quelques personnes essayaient-elles de faire envisager la question sous d'autres rapports, on ne discutait même pas avec elles : a: Les têtes étaient parties, t> m'a répété souvent pour toute explication nn vieillard qui avait pris part à ce mouvement, en avait été l'un des enrôlés volontaires et me racontait en riant ce qu'il appelait Véquipée de Brécourt ^.

L'administration départementale, et surtout ceux qni la dirigeaient avaient une thèse toute préparée et un terrain déjà déblayé, tout aussitôt que serait reçue la nouvelle de la séance de la Convention du 2 juin.

Us ne perdirent aucun temps, car c'était à onze heures du soir que cette séance s'était terminée, et que le» membres de l'Assemblée, toujours cernés jusque-là, avaient pu enfin être libres de communiquer avec le dehors. Eu égard à l'état des communications alors, la nouvelle de ce qui s'était passé à la Convention ne pouvait être transmise de Paris que le 3, et n'arriver à Evreux que le 4. Pourtant, c'est le 4 môme que l'administration, appelée dès alors Conseil général, se trouvait réunie, et délibérait au nombre de vingt-cinq membres venus de différentes communes. Une action préparée en vue d'un soulèvement s'était probablement exercée pour cette réunion.

Quoi qu'il en soit, c'est bien dès le 4 juin qu'a été prise

(1) M. Noret.

BT 8ES OARACTitRSS 141

la délibération dans laquelle le Conseil général, en se déclarant instruit, tant par les papiers publics que par des nouvelles particulières, des événements des 31 mai, 1^ et 2 juin, ordonna la convocation de deux membres de chaque administration de district pour se concerter dans une assemblée générale sur les moyens de sauver la patrie. Moins de quarante-huit heures après, dès le 6, les délégués des districts se trouvaient arrivés à Evreux, et délibéraient avec les membres du Conseil général; cette assemblée ayant voulu engager dans son action le corps municipal de la ville d'Evreux, le chef-lieu de l'Eure réclama deux de ses membres pour entrer dans la composition de rassemblée générale qui venait de se constituer. Immédiatement, ayant été sans aucun doute convoqué à Tavance, le conseil municipal nomma deux délégués dont faisait partie Gtardembas» membre du district d'Evreux, ami de Buzot, et qui est l'auteur d'un Précis, rédigé bientôt après pour expliquer et atténuer les actes, et destiné aux commissaires de la Convention. Il est vrai néanmoins, comme l'énonce Gardembas, que le conseil municipal, soupçonneux ou prudent, tout en consentant à envoyer deux délégués, leur avait enjoint de ne souscrire à rien autre chose a: qu'à une République une et indivisible, j> mais l'Assemblée générale n'y vit peut-être qu'une précaution de langage.

Quoi qu'il en soit, l'insurrection fut officiellement déclarée, peut-on dire, par l'Assemblée générale, en un arrêté mis sous le nom de l'administration dé])artementale de l'Eure, portant la date de ce jour, 6 juin, et ne contenant pourtant que vingt-cinq signatures, sur trente-six membres qui composaient l'administration.

S4& L'nmmtBsonoK i^rmânde

Oet arrêté, en Forme d'acte d'an pouvoir s'empan^t de là puissance législative et gouvernementale, déclare que des communications seront établies avec les autres départe^ ments de France, pour lever une armée et marcher sur Fiaris. Il ordonne une armée de 4.000 hommes devant former le contingent de l'Eure ; il prescrit Tenvoi îm*médiat des commissaires dans trois départements voisiiis, rOme, le Calvados et l'Eure-et-Loir, pour concerter leê moyens d'exécution. Il prescrit aussi l'arrestation deô prédicateurs d'anarchie dans toutes les communes.

Cet acte si important, acte d'insurrection envoyé aux départements, et qui a été en France le signal de l'insur'^ reclion appelée insurrection du fédéralisme, a éti prte accidentellement en présence de neuf délégués Caenais^ qui, arrivés à Paris le 2 juin, à onze heures du Soît, pOf^ teurs d'une adresse à la Convention, en étaient repartie le 5, et retournaient à Caen, emportant de leurs dépdtéfi des instructions qui n'ont jamais été bien définies, TMûê qui avaient probablement un but insurrectionnel.

Parmi eux se trouvaient : Lenormand, administrateur du Calvados, président aussi de la société des Carabots, un ancien bénédictin ; et Caille, que Gardembas a peint comme un homme d'une grande vigueur d'esprit et d'une éloquence entraînante ; puis René Lenormand, qui sera plus tard élu aux Cinq-Cents.

Ils s'étaient arrêtés à Evreux et, introduits dans l'assemblée générale, ils avaient fait le tableau du mouvement de Paris et avaient parlé du siège de la Convention <t par 100.000 brigands, la ])lupart étrangers. ^ Ils avaient assuré que le peuple de Paris attendait avec impatience « les républicains de tous les départements, pour

vif WB cA^èxn^im» 148

41 venger l'outrage &it à la Ccmyeation nationale et lui ^ rendre la liberté. > La question posée en œs termes, le corps municipal d'Ëvreux recevait une satisfiustioa apparentai et la formule de Tinsurrection était trouvée.

Bourtanty et dau^ jours après, tout en approuvant l'ar* rêté départemental, la municipalité intimidée, qui n'osait faire une exposition directe, demandait que Texécation de cet arrêté fût subordonnée à la sanction des huit cents communes du département, ce qui était demander la guerre civile dans la guerre civile elle-même.

La conscription avaif} été un des éléments de succès de rinsurrection vendéenne contre un gouvernement central et organisé ; un gouvernement local et insurrectionnel ne pouvait espérer l'approbation des communes auxquelles il ae révélait par la levée forcée de 4.000 hommes.

n Ta bien senti, car il ne parait pas que cette partie de Tarrêté ait été mise à exécution. On chercha un autre mode de se constituer une force et de se créer des ressources.

L'assemblée générale, divisée d'ailleurs en six comités spéciaux, ne négligea aucun moyen de succès. Elle ne manqua pas de mettre la main sur les caisses publiques du département, et de s'emparer ainsi de ce qu'on a appelé avec tant de raison le nerf de la guerre. Elle saisit les subsistances du département ou en passage dans le département, et destinées à l'approvisionnement de Paris; elle s'empara des magasins de l'Etat, des approvisionnements et des armes ; elle confisqua, dans les établissements où ils se fabriquaient sur le territoire de . l'arrondissement d'Evreux, les boulets que le ministère de la guerre y faisait faire, et qui étaient probablement

3il l'qwpimbbhqs nôrîusdk

iié oÉlflmmo qoatn pièoeB de canou que ]e département iniîfcaclMtéMf'tOQtpréaitéDaent à k veille des événement», fMtqoft 1» Tilla eât Ht cuioa».

.Hf wiit enoemomeiittD foimatioD à Evreux, coToioe A>^BigwBS,<'«PBUBe à Cherbourg et sur les d^tee de Is IfaoolUfdaaziégiueQtsde chasseurB, chasseurs àcheral ■( liiiMCiiiiii i pied, poatnig dùjà de leur artillerie, à lOBts oaDma et euiOBBi^K, eelou l'orgaaiBatioD et U lÉl^l^-de l'époque. Ces dta^^seurs eu formation, det^tini'» à l'atmée r^^otièie, étaient tous enfiiat» du département Od borfit&iie.ftoaemeiit défection sous Texcitation ^^ iMin ooaipatriotee) de leurs amis et de leurs pareuts ; i^^ BsrilMDt, MBS obosger de nom ni de lieu, une force ^e gaarcmemeot inenneotioniiel.

n j «mt lOBBÎj'w deetiliatioD d'une organisation dotit H«i» dit nu mot i pnpos de WimpfeD, des d^tacbe- ■UBte de dngQBR, ' s/ppdès dragons de la Mauclie. H Aat ^e nmoMiatement, pour n'uvnir pue à y revenir, que leu commandants de ces détachements, tout en n> faisant rien pour maintenir la ville an gouvernement, Ht paraissaient pas précisément laisser leurs troupes à la disposition du pouvoir insurrectionnel qui ne déaeapénût pas de s'en rendre maître, et les maintenir dans une sorte d'indifférence à la disposition du ministère de la gnerre. Celni-ci, voulant les attirer au dehors, ât parvenir l'ordre de sortir d'Evreux et de se rendre à Versailles ; cet ordre ayant été connu dans la ville avant son exécution, les sections se sont réunies, et sous la présidence du procnteur de la Commune, nommé de Neuville, qui ne pnt rien empêcher, elles arrêtèrent de faire une démarche auprès des commandante, pour les engager à ne pas obéir, et an

BT SES OABACri^BSS 145

besoin de s'opposer par la force au départ des troupes.

En calomniant audacieusement la société civile, on a fidt d'un mensonge insolent une sorte de vérité acquise, et des niais ont répété à la suite qu'à cette époque V honneur français s^ était réfugié aux armées^ comme si la société civile d'alors, composée de nos pères qui nous valaient bien au moins, n'avait pas donné dans son ensemble, au milieu des périls et du plus pénible enfiintement d'une grande révolution, un exemple du patriotisme, de l'abnégation et des hautes vertus dont on chercherait vainement la réunion à une même époque ailleurs en Europe ; avec plus de raison, on a reproché au Comité de salut public et à la Convention d'avoir trop écouté les plaintes des volontaires de cette époque, qui ne pouvaient pas essuyer un échec sans crier à la trahison I On eût dû aussi, pour être tout-à-fait juste, mettre en regard l'aveu de cette triste vérité que, par des causes mêmes qui ne sont pas à développer ici, le corps des officiers de l'armée, en 1793, fourmillait encore non pas seulement d'hommes de mauvais vouloir, mais de véritables traîtres.

Ici encore, il y avait de ces gens-là parmi les officiers des troupes qui se trouvaient à Evreux; la démarche au moins insolite faite auprès d'eux ne paraît pas avoir effarouché leurs scrupules, et on parut comprendre qu'ils désiraient une douce violence^ selon l'expression qui fut employée. Un homme bien posé pour savoir à cet égard, et désintéressé sur cette question, Grardembas, en parle à peu près dans les mêmes termes ^.

(i) t On engagea les commandants à différer leur départ. Ils « répondirent qu'ils étaient obligés d'obéir au ministre ; qu'en con-

Tomell.— 10

146 L*INSUBBSCnON KOBUAKDE

n s'agissait donc si non de réaliser, dans ce qu'elle avait de formidable, la seconde partie de la délibération des sections, du moins de faire la douce violence qni devait empêcher la force armée d'exécuter les ordres du ministre de la gnerre.

Pour mieux dire, ce dernier moyen lui-même ficit inutile pour les dragons et les chasseurs à cheval, qui n'essayèrent pas de quitter Evreux, mais il fut pratiqué vis-à-vis des chasseurs à pied dont on savait à l'avance le moment du départ et qui devait s'effectuer par la route de Paris. A ce moment, la garde nationale banait la route avec deux pièces de canon, et son commandant répon^t au commandant de chasseurs qui lui demandait en vertu de quels ordres il s'opposait au départ : c Ben* irez dam nos murs et on vous les montrera ; t^ puis les officiers de chasseurs faisaient rentrer leurs hommes à leur caserne, c où la plupart des soldats avaient laissé lenn bagages », dit Qardembas. Il est vrai aussi que quelquesuns des soldats jugèrent la situation à un autre point de vue : dès la nuit suivante, un détachement s'en aUa par la route de Vernon, quelques heures plus tard, 120 autres, logés en ville chez les particuliers, s'étaient aussi évadés, et tous se retrouvèrent à Versailles, d'où ils envoyèrent une députation à la Convention.

Le restant des chasseurs fut incorporé par l'administration insurrectionnelle, partie dans une compagnie de canonniers qu'elle formait, et partie dans les dragons qui lui restaient définitivement, et dont la défection eut

€ séquence, ils partiraient, si on ne prenait des moyens pour les en « empêcher. » (Gardembas, Précis des événements ^ etc)

JBI 8E8 0ABA0TIbE8 147

un retentiBsement que les insurgés eurent soin de ne pas amoindrir.

C^est pendant que ces événements se passaient dans sa ville, que Buzot, en arrestation, non en prison, mais chez lui, avait réussi à tromper la surveillance de ses gardes, et s'était évadé de Paris. H dirigea ses pas vers Evreux, mais ignorant si complètement l'état des choses, qu'il ne crut pas prudent de s'approcher trop de la ville ; il s'ar* réta sur le plateau qui domine la vallée de l'Iton, à une petite distance de la route de Paris, au milieu de la campagne, et il se rendit chez l'abbé Vallée, firère de son colique à la Cionvention, et curé constitutionnel d'une petite commune appelée le Yieil-Svreux, à 6 kilomètres d'Evreux ; c'est là que, la nouvelle de son arrivée ayant été portée à Evreux même, les membres du Directoire départemental vinrent le prendre pour l'amener chez lui, à la ville; il y fut immédiatement déclaré sous la protection du département.

H était enfin dans sa ville natale qu'il aimait, et où il avait une incontestable popularité au sein d'une insurrection qui répondait parfaitement à ses desseins, quels qu'ils fassent, et à ses colères qui étaient vives. Un homme comme lui n'était pas d'une médiocre importance dans une telle entreprise, et il était évident, pour ceux qui le connaissaient, qu'il n'épargnerait pas sa personne dans les luttes de l'insurrection.

Sa présence seule n'aura pas été sans influence, puisque ce n'est qu'après son arrivée que le tribunal criminel de l'Eure et le tribunal civil d'Evreux apportèrent leur adhésion officielle aux arrêtés du département, dans une séance solennelle et publique.

148 l'insubrection normande

n comprit bien que cette insurrection, résultat de la colère excitée dans la population, et qui n'avait pas, pour se soutenir, les sentiments fSEmatiques de la Vendée, n'avait de chances que dans l'appel à la passion, et non dans des raisonnements toujours trop froids pour mener les hommes aux batailles.

n fit bien un travail destiné aux autorités, aux fonctionnaires, aux hommes des professions libérales, aaz hommes d'étude et de raisonnement, sous le titre de : Relation des événements des 31 mai et 2 juin 1793; c'est une sorte de long manifeste, au nom de Va^ssemblée générale des autorités constituées et des citayeits d^Eoreu» réunis au département ; mais il fit plus et mieux : il tint des séances dans la cathédrale d'Evreux, il y assembla la population, et avec son langage passionné, agressif arec des épithètes toujours accentuées, il appela la vengeance publique sur la tête de ses adversaires. Malheureusem^t pour sa propre dignité, compromettant même par ses exagérations sa cause dans l'esprit des auditeurs qui réservaient leur propre jugement, il en revint à cette accusation contre la Montagne d'être une faction soudoyée par Pitt. Par les apparences, la plus simple réflexion portait à retourner bien plutôt l'inculpation contre ceux mêmes que leurs diversions de guerre civile rendaient propices à l'invasion étrangère, et c'est précisément cette réflexion qui faisait des Girondins un véritable objet de répulsion, partout où l'insurrection n'exerçait pas sa pression, et un mot de Buzot montre bien qu'il le savait lui-même ^

(1) « Il n'est pas un département, pas une ville, pas un misérable • club, qui ne nous traite de royalistes et de fédéralistes. »

(Buzot, Mémoires y page 47.)

BT SES OABAdàBBS 149

Bnzot fht rejoint bientôt par Salles (de la Menrthe), par Lesage (d'Eure-et-Loir), qni ne paraissait pas s'occuper de son département pourtant si voisin, et par Bergoing (de la Gironde), tous trois fugitifs comme lui.

On a rapporté que Pétion, Barbaroux et Louvet rayaient également rejoint à Evreux, et 7 avaient aussi prêché l'insurrection. C'est douteux pour ce qui concerne Barbaroux, parce qu'il serait peu explicable qu'il n'eût pas accompagné Buzot dans son voyage, le 12 juin, à Caen, où Barbaroux n'est arrivé que trois jours après; quant à Pétion et Louvet, ce n'est qu'à la fin de juin, l'on le 26 et l'autre le 28, qu'ils sont apparus sur le théâtre de l'insurrection.

Quand il quittait Evreux, probablement à regret, quoiqu'il y crût l'insurrection solidement assise, Buzot ne le fidsait pas sans esprit de retour. H était entraîné à Caen par ses amis qui comptaient sur une forte organisation dans le Calvados où se constituait d'ailleurs l'assemblée centrale, qui allait eflFacer bientôt celle d'Evreux et s'emparer du rôle principal.

Buzot avait à Evreux un ami particulier, un pharmacien du nom de Letellier, qui ne pensait pas plus au fédéralisme qu'à l'émigration; selon les apparences, un constitutionnel de 1791, homme d'ailleurs estimable et estimé, qui avait été le premier maire électif et constitutionnel nommé, en 1790, par les sections de la ville. C'est à cet ami qu'en quittant Evreux, pour se rendre à Caen, Buzot confia des papiers, que je ne sais quelle tradition annonce avoir compris udc correspondance de M°^® Roland. Letellier mis plus tard en arrestation se tua d'un coup de pistolet, et nul n'a pu découvrir depuis la trace

des papiers de Buzot. probablement détmits par Letellier Ini-ninme '.

Bnzot en allant à Caen laissait Evreux en pleine in- Burrection, et rinsurrectioD organisée, dirigée.

Le directoire de l'Enre avait bien éprouvé un échec auprès du directoire de l'Orac qui manifestait au vaom de riicsitation; il en avait éprouvé un autre plus grsnd, par les conHéquences nianqnéea, de la part du dépwt^ ment d'Enre-et^Loir : deux voisins refusaient leur concours, le dernier aprèe des luttes ardentes, maïs celui-ci d'une haute importance, car il comprend snr son territoire et cca plaines de la Beance, et cette halle de Uhartrea, qu'on a appelées les greniers de Paris; un tel département entraîné dans rinsnrrection pouvait jeter Paris et le gouvernement dans les embarras définitivement sans ressources de la question des subsistance^ d^A ei grosse d'événements.

Hais, d'un autre c6té, les forces insurrectionnell» s'étaient angmentMs de chasseurs, appelés Chasseurs à la Brefèckc, du nom de leur colonel, qui s'étaient joinW «nx autres défectionnairca. La garde nationale apportait son concours, et on avait ouvert dans ses rangs M rôle de volontaires qui devaient participer à la campagne sur Paris. En outre les ressources provenant des caisse» publiques étaient assez considérables pour permettre on

(1) I Un twn ami ipic j'ai à Evreni a dans ses mains un manoicrit précieui, que je le prie de rcmellre, liaiis deui ou trois sm, à la jpune fille lie la personne qui en élail l'auteur, si moi je ne suis [iIds. Les ledres tju'il possède encore, il faudra les jeler aai flauuues, à»as ce cas seulement ; cl je Jui Sais ptéseai du po/tnit, comme gage de mon unitié pour lui. >

(Biuol, Mémoirtt.)

BT SES OABAOTÈRKS 151

enrôlement d'antres volontaires, gratifiés d'nne hante paie de denx francs par jonr.

Ancnn obstacle, ancnne opposition ne ponvait pins s'élever contre l'insnrrection, et on n'y essayait même pas, depnis qne l'un des onze membres du conseil général, qni n'avait pas signé l'acte insurrectionnel du 6 juin, avait été obligé de prendre la ftiite, et qu'il avait été imité par le maire d'Evreux et par le procureur de la Commune.

C'est ainsi que, encouragée par une colère locale, qui n'avait vu, qui n'avait voulu voir dans l'expulsion des députés de leurs sièges, que la mise hors la loi en quelque sorte des départements qui les avaient nommés; fomentée tout naturellement par des menées sourdes de partis hostiles à la forme actuelle du gouvernement ; se produisant avec la vigueur, la menace et l'intimidation, allant jusqu'à l'emprisonnement des récalcitrants ; provoquée officiellement par les administrateurs du département et dirigée par des hommes qui avaient en main l'action publique; assise dès le début dans la puissance qui résultait pour elle et de l'autorité administrative qui fonctionnait par les voies ordinaires, et de la ressource résultant des canons, armes et approvisionnements captarés, et de la ressource aussi des caisses publiques confisquées, l'insurrection de l'Eure avait pris immédiatement de larges proportions, grandissait chaque jour par la régularisation de son action et semblait présenter l'aspect imposant d'un département tout entier soulevé touti-coup et spontanément, sous un même horizon, comme nn seul homme, pour la revendication d'un droit essentiel manifestement violé.

GHAPITRS VIII

atHXB P8. L'iNBUBKBCriON NORMANDE

Omi devtait la emtic do mnTement InBuirecKonnel. —

, L'Civitt rtrolatioaMln n'ctrt pas toujours le but de toute

InnireetiOB. — Sdge da eUteaii de Caeo par les écoliers

Sa h' VlBs. — M. dé Bdiaue. ~ Le fédéralisme en prépa-

ntlM dipolB kMgteapi à Cmh . — Société des Carabots.

— BAoenuDldelIgat^uUaiale. — MaDifesles citraiipntl dl Caindu à la CtmTSntiDn . — Les administrateurs dd dépntaMnt eitnnt en pMse Tnic insurrectionnelle. —

' I«i QlnadlH totappnmOBt. — Ils aident à désorganiser b B^^obUflie.— WlmphDrtBoncoraRiandemcnt des côtes delklbadw.— Tona 1m moyenud'cxcilalion à l'insurrection Mai cOployét. ^ RegMiw miverls dans chaque district fMT llualptiaidMi TâoatairM . — Envoi de commissaires à la CouTenlion. —Population caeoaise esdlée par hb conseil général et les Carabots. — Le 31 mai déchaîne l'explosion, — Cbâtry-La fosse, Caille, Bougon de Longnis.

— L'insorrectiou caenaise officie Uement proclamée.

La direction générale dn monTement normand, que l'administration de l'Ënre ne paraît pas avoir cherché à retenir, est bientôt passée d'Evreux à Caen ; Evreux rederiendra bien le quartier général des forces insnirectionnelles, mais l'existence propre de son inannection, qni avait servi d'exemple, s'est confondue avec l'inanTrection normande, qoi s'est développée k son tour dans une pins large action, rattachant la Bretagne et la Normandie

SUITE DE L'mSURBEOnOK NOBICÂKDS 153

sons le nom qni Ini a été appliqué d'insurrection du fédéralisme.

n y a obligation de suivre ce mouvement sur le principal terrain qu'il va occuper : Caen. On y trouvera l'occasion au moins d'étudier le caractère du mouvement, qui parait avoir été dénaturé par des apparences trompeuses, que les véritables instigateurs avaient intérêt à envelopper de confusion.

Du reste, on a trop l'habitude de juger de pareils événements par leur caractère apparent, et c'est souvent le seul qui survive dans les documents publics. Barement même peut-on les apprécier par l'esprit de la génération qui y a concouru, parce que, tactique ou précaution, elle a en un langage de convention en rapport avec les nécessités du moment, et servant de couverture au but final qa'elle se proposait. Nous en avons eu un exemple dans les hommes politiques de 1848, qui s'appelaient publiquement des réptiblicains honnêtes et modérés^ dont beaucoup, il faut le dire, n'avaient aucune de ces trois qualités, et à la sincérité républicaine desquels la génération qui nous remplacera pourra croire, si elle se borne à lire leur étiquette.

ParfoLi aussi des incidents dont les causes échappent dirigent l'esprit dans des voies trompeuses, et les occasions d'erreur ne me paraissent pas avoir manqué pour produire bien des jugements erronés, divers et quelquefois contraires sur l'esprit politique lui-même de la ville de Oaen.

A la veille de la révolution, une émeute de jeunes gens et d'écoliers à la tête chaude, produit naturel du pays, avait attaqué la garnison, en avait eu raison, l'avait

UU ami m i'nraintBKTioii notatAsam

ftéeés A as ntraucher dans le châtean, et l'y arait bloqaée n étroitement que, privùe de pain, la garnison avait dt tÊÊptahut >k M Bonmettre à sortir da chète&n sans ses ttsàBÊf 'qiB dénient lui ^tre traiiRmîsee en dehors de la , viBl^^pWk aobsentait A quitter. Esprit r^olotionaûre, MnijuécuiMUl d'un renversement gonveraetnentat, pen- W»t on;BMM il n'y avait là, tout aimplement, tfa'u.n esprit de Intime défense des brotalités des soldata OITKI 1m ^ooUerR. Les directeurs d'nn collège, que qneltpM MaTBBÏn font croire s'être appelé alors collège tla JémàÊBf fteiait intervenus vainement auprès des officien ^^ rïnmt dee drôleries de leurs soldats. Mais enfin, les rés d'être taquioéa, ponroliassés et rossés, fc llieitti^t excités, et, soutenus par le« jeanef ^m de Kr' TÎHi, tone, avec leurs tètes de caenais, Ton- Ismt IMHT ileur tour; le nombre et l'entrain leur don- Bnt de» ftreai doublées par la col<^e de blessures reçues, 3i miMBtenfln raison des soudards, aux grands applaadiaeements de la ville entière.

Dans cette émeute, aussi heureuse que légitime, il J avait si peu de ce qu'on a appelé l'esprit révolntionaaini que, des trois jeunes gens qui composaient rétat-BU}or des émeatiers, l'nn s'est montré plus tard, daoa lee innées qui ont suivi la Révolution, royaliste si ardent qn'oa ft vu, avooat de talent et au cceur chaud, courir devant dei juridictions diverses et quelquefois fort loin, une tm même devant la commission militaire de Tours, pour J défendre non pas les soldats d'un Bonchamp, mtùe même des gens accusés de chouannerie véritable ; l'autre a ét£ présidait d'une cour prévôtale en 1816, et quantantiMwdme, qui ne tat pas, il est vrai, un admirateur du eonp

emm os L'iNBtJBBxonoN nobmâkds 165

de main de brumaire, il avait des opinions qui s'arrangeaient très-bien de la Constitution de Tan m.

n est certain que le meurtre de Belzunce a servi de sujet aux incriminations des royalistes qui y ont vu Toccasion de phrases à effet, et qui ne se sont pas inquiétés de rechercher si, en peignant la ville de Caen comme un foyer de révolutionnaires féroces, ils ne tiraient pas sur leurs propres amis, et si la mort de Belzunce appartenait bien à xme cause révolutionnaire et n'aurait pu se produire de même, à tonte autre occasion, un siècle ou deux auparavant.

Celui qui écrit ces lignes a entendu, à Caen, des contemporains de ce malheur, royalistes et dévots, parler de Bekunce et de ses extravagances en termes qui n'étaient pas tout-à-fait charitables pour sa triste fin. H est de vérité qui paraissait acquise dans les vieilles familles caenaises, que Belzunce s'était montré plus que compromettant et que les provocations incessantes et violentes de ce malheureux, qui s'était posé en exterminateur au milieu d'une population aux têtes vives et ardentes, avaient seules amené lés scènes dans lesquelles il avait fini par perdre la vie.

Dans cette ville, dont la population infime était entièrement assujétie aux liens d'une dévotion mal éclairée, dont la classe élevée avait des instincts tout autant féodaux que royalistes, dont la partie lettrée, nombreuse, cela se conçoit, à un siège universitaire, affichait des prétentions ridicules à la noblesse, se donnait des particules et prenait des snmoms tirés de noms de hameaux, de masures, de champs, de clos ou pâturages, la Eévolution n'a trouvé «t n'a pu trouver un appui de peu de durée que dans la

IM «mi

jttà» boaigeoûîe, dioiiKle bientôt dominée par les maitaoB ariitcKnttqaea, et patini les petits marchands et jtoiflMiti, feamitteon Uettttt tombés à la discrétion dfli MMBon^ pea tolfaintai qui les faisaient virre.

Un aumple de oatte preMkm sur les rares amis de la Bindittion à GbOk MTetioore dans une publication modoF&e, dont raupotatoar^aftOiftig distingué, mort tropt^t, faiblÎQthétnttede orttenllfl, «o&nt d'une famille caenaise qm était, je orrai, alliée mteie à l'une des familles rojalii^ coBuproaàaM daiu l'insiirrection, a dû avoir des traditicsis qnî l'ont empêché de e'égarer d^is les erreurs del'UftoiKi.

Fou les hniDliw da sotra génération qui ont coudd «nallamept lei 00Dteii^<ntùnB et les acteurs de l'in-

-(I) LH.jMnM geu de Own qtd apparleDsienl à l'arislocntie ■itodlflon rËglemculée sous le titre At t. ■ Leur bal, disaient-ils, était de protcger s Bt In propriétés et de réclamer l'exéculioa desloii^

■ chaque Instant violées >

> DanB le caa où les antorilés se taisent, la toIz de rhoanenrâoil

• se liûre entendre, et c'est aux gentilshommes à professer ce pii-

■ cipe souTerain, Ils avaient déjà désigné, pour cliaque quartier de

■ la Tille, nn chef qai devait garder une liste de tons les /lontUbi

• gent de son arrondissement, afin que ceux-ci, au premier i{fiel,

• pussent se réunir autour de lui. Ce chef devait avoir une lista dei

• patriotes et des cluhistes, aBn de lenirceux-là sous une sarveiUinee

■ continuelle. Tous les assoéiés devaient être armés et av<Ardes « moyens de ralliement; ils s'obligeaient â se prêter un secoon

• mutuel, • si quelque hostilité particulière nécessitait l'usage deU

• force publique, ou si l'émotion était considérable et pouvait être

• susceptible de quelque suite inquiétante (/tulructton doi membm < del'initilution).' Dèslemois d'octobre 1791, des bsndes de mécon-

■ tents, tantdt à pied, tantût faisant des cavalcades, p&rcou raient la

■ ville et les environs. Elles semblaient par leur arrogance, leurs

• menaces, leur* propos, annoncer des projets hostUcB; elles accom-

SUITB DB L'mSUBBEOnOK NOBMANDB 167

snrrection, qui ont aussi appartena, comme moi, à Tmie de oea ^Eonilles royalistes engagées dans ce mouvement, on écrira tout ce qu'on voudra sur Topinion politique de la ville de Caen, sur le caractère de son insurrection, sur la portée de ce qu'on a appelé le fédéralisme, on ne fera pas que l'insurrection de cette ville royaliste n'ait pas été préparée, fomentée, provoquée par des royalistes qui avaient les yeux fixés constamment sur les événements et n'étaient pas assez absurdes pour ne pas désirer qu'il en sortit un état de choses plus en rapport avec leurs aspirations.

En France, on a appelé cela le fédéralisme, parce qu'on s'est laissé tromper par un mot jeté dans la circulation, parce qu'on a attaché l'épithète de fédéralistes à ceux des Oirondins qu'on ne disait pas royalistes, parce qu'on a cm qu'ils étaient pour beaucoup dans im mouvement au milieu duquel ils ont apparu, qui s'est organisé de longue main, a éclaté avant leur arrivée et s'est développé sans eux, arrière d'eux, sans leur avis \ auquel ils ont pu servir un instant de drapeau et dans lequel on est arrivé en définitive, mais logiquement, à faire auprès d'eux des tentatives pour les entraîner plus directement vers une cause étrangère à la plupart d'entre eux.

« pagnaient les prêtres insermentés dans les églises, et s'efforçaient « de mortifier par leurs actes et leurs paroles les prêtres constitu- I tionnels. Au milieu d'elles, on rencontrait souvent des hommes

• porteurs de pistolets et d'autres armes •

(G. Mancel. Note sur Vaultier. Souvenirs de Vinsurrection normande, page 278).

(1) « Us ne surent tirer aucun parti des circonstances et restèrent « nuls au milieu d'un mouvement qu'on paralysa sous leurs yeux, m sans qu'ils parussent en avoir le moindre soupçon. »

(Vaultier, Souvenirs de l'insurrection normande j page 5.)

Le moaTement, éclos k la faveur du 31 mai, à qui il doit ea formule insurrectionnelle, était depuis longtemps en préparation dans cette ville de Caen, dont on n'a pas assez recherché l'eaprit. Toutes les accusations, même les plus absurdes, contre les amis de la Révolution, qaeh qu'ils fussent, devaient y trouver crédit, et on n'y laissa pas perdre l'allégation inventée par les Girondins d'un triumvirat : Uarat, Danton et Robespierre, dont Marat était le chef et dont Robespierre et Danton étaient les commandants en sous-ordres. Tout révolutionnaire était un Maratiste. Si niais que cela fût, Marat était devenu, de par intervention girondine, la personnification et la clef de voûte du gouvernement actuel. Cet ordre d'idées que l'on maintenait soigneusement dans les esprits, à Caeu, explique peut-être mieux que tous les raisonnements auxquels ou s'est livré, pourquoi le coutc-au si inintelligent de Charlotte Corday est allé chercher de préférence le cœur de Marat.

Les mesures extrêmes, les résolutions exagérées étaient &ciles à produire sur un pareil terrain, où Les tèfaes irdentes s'y prêtaient d'ailleurs si bien.

Si Caen avait ses sociétés populaires comme les antm TÎHes, elles ne faisaient pas là, comme aillenrs asMi soavent,uu contre-poids à l'action coutre-révolatioimBiTe.

La célèbre société des Jacobins de Paris, dont os €•- Baierait difBcilement de fixer l'opinion vraie, a snbi de nombreuses transformations; celle de Caen a Boiri le courant d'opinions an milieu desquelles elle se tnmrat, et s marqué son action en faveur de l'insurrection.

Une antre société organisée militairement, ayant son uniftmue et ses anoes, qu'on avait appelée d'abord déri-

SUIIB DB l'INBURBEOTION NOBliANDK 150

Boirement et qui s'appelait elle-même sérieuBement société des CarabotSy n'était qne l'anxiliaire des hommes qui allaient se servir de leurs fonctions pour détruire la puissance nationale. Mancel nous apprend que le drapeau de cette société, composé d'une étoffe blanche, montrait,

< peinte de chaque côté, une tête de mort se détachant en

< nodr au-dessus de deux fémurs croisés et surmontée de c l'inscription : L'ExiounoN db la loi ou la. » Ce rébus était reproduit sur les brassards des membres de l'association, qui ne manqua pas pourtant de grandir promptement en importance ^

Avec cette organisation à la disposition des hauts fonctionnaires qui n'avaient jamais applaudi au régime nouveau, on effaçait jusqu'au râle naturel de la garde nationale dont la majorité ne paraissait pas redoutable, mais qui renfermait pourtant dans ses rangs bien des citoyens de la classe moyenne qui ne regrettaient pas précisément l'ancien régime. On était ainsi à l'abri même des mouvements populaires que de véritables accidents exceptionnels avaient produits, et pouvaient reproduire, et encore mieux à l'abri des manifestations qui pourraient contrarier la marche que l'on voulait imprimer à Faction contrerévolutionnaire, de même qu'on se constituait im moyen de pression et d'appui en faveur des manifestations qu'on allait faire de nouveau.

Déjà la proposition des Girondins de former une garde départementale avait été l'occasion, pour le directoire du Calvados, de marquer son intervention bruyante dans la

(1) « Un des administrateurs, Lenormand, devint président des « Carabots.,... Ils eurent des affiliés dans les Tilles Toisines, les « officiers et les soas^officiers de la garde nationale. •

■>Xi'aitrRRECTION MOKMANDE

'^MTiilla da 1» Moirtggne et de la Gironde. Vue adresse de 'Oe directoire, préuatét; le 20 octobre 1793, appuyait la ||l«|imiMiii ta tanuea qui ne pouvaient que eoulever des «igaSy OK eDe oontouit^ elle aussi, une insolente affiravkiaa de tcnBoriret, cpii devait exciter la colère de la Moatagn^ pea dûçoeée tvec rtûson à accepter répithète i» TÊÊttlâxte. .Oomme l»en des chaj-latans politiques, les ■dllliiiilllllllliilii ilii flelieiTii i ne mauquaicut pas d'ôtre les itÊm, et de signaler ïm ■mcclutvis. a Des vampires, di- «;MÎSDt>-ik, dont IcenHOB font reSroi des Français et vont c derenir l'c^jsobre de la postérité, calculent encore, à <> b'bb pM doBtw, dau le silence do crime, la vie et b «.MOtt'doi dtoyeDe. » Fuis, moyen devenu banal à force d!Mn eB^lt^ ib iWenient contre Paris, le menaçaient dlK.62 aidlM d^wrtemeuts de la France, se plaignant, CBE^.de régtâme dee factions, déclarant ne vouloir 4onitex.(tBttlai loie : c Quiconque, ajoutaient les CalvacdoÙBOB, ne uaià pu les respecter, doit trouver àm € Boévola, s'ils ne rencontrent pas les faisceaux des préc teuTB. Législateurs, à Paris, soyez des Caton; ici,iu»B < serons des Bmtas. >

ÂBsarément aujoordtiai, avec nos idées saines de i^larité dans les grandes assemblées délibérantes, de prépondérance de ces assemblées, d'ordre et de hiérarchie dans les fonctions publiques, sans lesquelles disparaisBent la définition et la division des pouvoirs, nous pouvons noua demander si les Qirondius qui excitaient et soutenaient de tels écarts, non de pétitionnaires ou de sectionnairu, citoyens libres, mais d'une administration départementale, vis-à-vis de la représentation nationale, avaient, û pea que ce fût, l'esprit de gouvernement

SUrrS DE L'mStJBBECTIOK NOBMAKDS 161

n est vrai que les Girondins avaient hésité à déposer immédiatement sur le bureau de la Convention ce premier manifeste du Calvados, mais seulement par une raison d'opportunité qui se rapportait au choix du moment. C'est Buzoty G^nsonné et Barbaroux, alors secrétaires de l'Assemblée, qui avaient cru <c qu'il était impor- € tant de £aire connaître sans délai les principes vrais et € les mâles énergies qu'il exprimait. »

Ce premier manifeste du Calvados avait jeté la Convention dans un grand trouble, les Girondins demandant à grands cris, selon l'expression de Philippe Dumont, député girondin du Calvados, l'impression et l'envoi aux 83 départements. Quoiqu'ils eussent alors une majorité marquée dans l'Assemblée, ils n'obtinrent pas l'impression et l'envoi qui devaient créer des imitateurs; mais Dumont nous apprend que les Girondins n'étaient probablement pas assez scrupuleux sur des procédés de tricherie et de fedsification des résolutions de l'Assemblée, qui venait de refuser leur demande. Il est malheureux que le grave et austère Buzot ait été du nombre des auteurs de si déplorables procédés ^

Le projet d'une garde départementale, composée bien certainement d'hommes soigneusement choisis, avait souri aux calvadosiens, auxquels d'ailleurs leurs députés faisaient entrevoir l'objet secret de leur projet, en termes

(i) « Au reste, citoyen administrateur, votre adresse produira un « excellent effet ; elle sera imprimée mot à mot dans le bulletin de « TÂssembiée, les secrétaires me l'ont promis; à ce moyen, elle sera < affichée à Paris, et envoyée aux quatre-vingt-trois départements; « TOUS aurez des imitateurs. >

(Lettre de Ph. Dumont, du 21 octobre 1792, rapportée dans VauU Uer, pageUl.)

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