‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 124 sur 198 · Tome U. — U · texte numérisé non relu

Tome U. — U

qui peuvent nous faire croire qne le 31 mai, qm, pour nne piirtie, a i pacifié » la Convention, n'a été qu'un projet girondin tout eimplemont retourné'.

Ainsi entré dans la pratique de moyene de guerre civile, le conseil général du CaJvadoe la suivit avec persévérance; l'occaeion du procès de Louis xvi loi parut favorable, et il rentra, non sans faire un acte d'éclat, dans Bon eyatôme d'agitation et de préparation de guerre dvile,

La garde départementale bien composée, instrument facile à manier pour un coup de main, n'avait pas été définitivement décrétée; maïs le Calrodos ne s'arrêtait pas à si petitfi considération, et tout en parlant de 4 sages lois, d il ne pratiquait eu réalité que les lois qu'il M faisait à lui-même.

C'est le 2 janvier 1793, que le conseil général du Oal' vodos a lancé son deu-ùème manifeste, houb la fanne d'nue adresse de réprimande à la Oonventiou, affectant VI langage tout romain, et ne se disant pas royaliste :

< Législateurs, cette énergie mâle et républicaine, cette a fiàre iodépeudioce qoi vous uiiment, vdu senûflob» c elles doue devenues étrangères ? >

Mais es D'est pu po«r se borner là que l'adreew ot fiùtfl : o'aBt pour umoncer l'actioit. « On yent giner fta

< «pinioss, dea hi^nmea lâches et cmelB pcèuhapi « le oami^l Eh bi«i ! les citojreoB du Calvados mt

< levés ; impatients, ils s'empressent de tracer leun

(1} > L'AjuemUée est conragooiB et probe, upt à Wl

■ Kâl^wtB sont duu son séa-, il Ikut nue (ËrmenUtitm pow nj/tut > de son sein cette écume impure-, elle sera purifiée. ■

ilMln de Dt Cuuy, d^uU du Calvadot, 31 octobrt 17K,gw offieiert municipaux (h Caen. — Arch. municipales deGwn.)

BUïm DS l'iNSUBBI^CTIOK NOBHAm>l 168

c noms dans des registres civiques, ils veulent partir,

« venger votre Uberté menacée ou ils mourront

€ Le feu qui les embrase se communique à tous les dé^ € partements. 3

n est vrai que le Calvados peut encore <c les contenir; » mais il dit aux députés : au premier cri, c ils c sont auprès de vous, et les lâches agitateurs n'exis* € terontplus. j>

C'est une menace vive, accentuée, un appel à Textermination, mais ce n'est qu'un préliminaire pour le conseil général du Calvados. On trouve de lui en efiEet, aa même moment, un arrêté joignant l'action à la menace, comme on l'a dit.

C^ arrêté est motivé sur ce que le conseil se dit informé que, dans différentes communes, un grand nombre de citoyens ont manifesté le désir de se fédérer pour se rendre à Paris, 7 concourir au maintien de l'ordre et y assurer l'entière liberté des représentants, et sur ce que, dans les circonstances actuelles, il est du devoir de l'administration d'encourager cette mesure.

Aussi l'article premier décrète l'ouverture au secrétariat du directoire du district d'un registre d'inscription des citoyens désirant se fédérer pour se rendre à Paris dans le but indiqué. L'article 2 contient une série de précautions et de réserves qui devaient assurer à l'admimstration que les cadres ne contiendraient que les hommes sur lesquels elle pouvait compter, et un article additionnel ordonnant que l'arrêté fiit adressé à toutes les municipalités du Calvados, publié, affiché, lu aux prônes des messes paroissiales et à la tête des bataillons de la garde nationale.

,1M ;wa&B-tM L^nmcuem'toK nobmansb

. ^ Cftiit bbànmeiit on Stat dauB l'Etat, et les grands politiqDM de 1& Gitonde, cplï détenaient alors le gonrerntamtj tiranieiit tout wla régulier et patriotique.

Auii le dlTsâos oontinnatt-îl, avec un rare esprit Je ^nte, '«m tnmil de déecHgiiuisatioii de la République. tentM oarertomeiit, tentât Hurdement, cherchant toutes lee oœuioiii et prépennt tous les moycDs de guerre civile; n'en n^lîgeaBt ancnn.

- n B*oabliait pas le parti à tirer de la société militaire . des Oanbota, qoe l'on a tiu deveuîr des Jauiâsalrefi an petit pied, et ([06 notu retrouverons pluB tord; cett^ hd- KitAA l'eit aoioindrie, maie on la réorganise avec éclst (12 ISvrier). De mfisifl quand le conseil général voyait le geavemamant, pressé d'organiser la défense de toutes s& fnmiidrea, oiàoùner la formation d'une amiée pour laptoteotùm dea oAtes de la Hanclief il voyait aussi nn moyen ds ae pr^Norer «ne reaaotiroe insurrectionnelle : Félix de Wîmpftn est oalvadosien, de Bayeux; il a en des goccéï, i Thionville, dont la République doit lui BSTOÏr gré, mû il 7 a dans le Calvados bien des républicains ctsuH ceux du conseil général qui savent Wimpfen royalirte,et qui répondent de lui. Tout aussitôt, demande insolitt c'est vrai, mais qui sera bien appuyée, le conseil génà*l formnle une requête au gouvernement (8 février) poai obtenir que ce soit Wimpfen qui ait le commandemat de l'armée à former sur les côtes de la Manche, et le 22, Wimpfen est nommé à ce commandement, et il obtient ainsi le titre de commandant en chef, dont il eepSn d'ailleurs tirer hou parti, d'une manière ou d'one antre '■

(1) Wimpren était naturellement bnEiron. Le 10 avril 4793,9 écrivit de Cherbourg i bod Trère : • Je couunBnde un coipa d'année

sum DE l'insurrection normands 165

Voilà un général^ un commandement, et il y aura des soldats pins tard, mais il faudra aussi des approvisionne- * ments le plus possible; cette armée éprouvera de grands besoins, même des besoins imprévus et urgents, car elle a tout à craindre : Textension de la guerre de la Vendée, une descente des émigrés, une descente des Anglais. C'est le conseil général du Calvados qui y pense, et qui, dans sa sollicitude pour la patrie, indique au gouvernement les besoins auxquels il faut pourvoir. Aussi le procureur-syndic du département est-il envoyé à Paris par le conseil, pour représenter à la Convention nationale et au ministre de la guerre l'état de dénûment dans lequel se trouvent les côtes, afin d'y remédier le plus promptement possible.

Faisons-nous un pas de plus, nous arrivons en présence de ce qu'on a appelé un nouveau manifeste du Calvados, toujours sous forme d'adresse à lire à la Convention et à faire retentir aux oreilles des (départements. Nous sommes au 19 avril.

n serait oiseux de ramasser dans cet acte ces nombreuses épithètes qui trop souvent alors servaient à grossir la voix, mais dont l'emploi si fréquent devait produire en définitive la fatigue et l'incrédulité.

Mais il ne faut pas s'étonner d'y voir apparaître encore l'évocation des trois noms de Marat, Robespierre et Danton, le fameux triumvirat, invention toute girondine,

sur les côtes ; cette armée consiste en ma personne et en deux aides de camp, et cependant, si les quinze mille ayenturiers rassemblés vis-à-yis de moi venaient à faire une descente, yous liriez dans les gazettes que j'en ai fait uo hachis : Je tous le jure. >

(Mancei, Notes sur VauUier, page 246.)

NOHlUimB

■ Crédit dans la Convention, •4 dl» >• pomit qB'cEottar les colèrea, mais qui cii&> lÉDHdt flk fnvmM, «k ^a» 1m aUvadoBiens ne perdaient

. . Cr«rt <■ ptriMit de Hm^ Hobespierre et Danton que kMH>Alto) EÊÊM M prfeoenper même des poesibilit^, ' Alît 91^ ^y snit plDl 1 dâibérer «'il fallait s'assvaa éè Oitilm& «t ds Ml ocsoplioee. Comme t] affectait un e mnain at qa'il us M disait pas royaliste, le ma* ijmitnt MUlîtAi qu'antre I& justice et le crime ém r6puWi<«ÎBi n'snieot pat à choisir, mais il fallait MNi foe c ta gmkia teaillB ae resserrât, et qu'elle M tt^jÊmfér^m mmattet pcovant l'égarer, v

Cebit M lUHD de la Fiance que les calvadosieiis ytriÙIBtj 41» «raîk réfiMli «nfm, et < si la réflexion c4 M tedin» aa joatioa peut devenir éclatante et

•.,:lilîa ■!(■■ mèM qa'ili -parlaient seulement en lenr Dcon, ils retenaient, ponr répondre des malbdnrB qmpoa- Tiient arriver, les tétee de eeux-lâ qui avaient dit A Iran partisane qa'il &llait %orger des députés; < les IftiAes, c ils n'ont que des poignards, mais nous, nous avons dei c buonnettea, et sortAnt du courage et de l'intrépidité.»

Les calvadosiens terminaient en «'adressant i on 6tn eolleotif, probablement appelé « l'éla dn peuple, > et en loi disant : c Si quelques scélérats élèvent encore leu» c voiz impies, pense à noue, parle, et tu seras vengé. »

Cette fois le conseil général ne se présentait plus eetil; un antre corps constitué, le conseil communal de la ville de Gaen, venait à la suite prendre sa part dans ces manifestations incendiaires. Mais il explique son interven-

fluin ns l'inbubhiotion nqbuaiibi 167

tkm^ et il ne maniitie paa de dire aussi son mot M triumvirat : c Comment ne pas recaler d'horreor à Tas* c pect de l'abîme profond où les Marat, les Robespierre, c les Danton, et tant d'aufares membres, voulaient aic gloutir là liberté ? QuHls tremblent ces reptiles venic meus et sanguinaires! »

n n'est pas besoin de rechercher quelle agitation pouvait éprouver une assemblée, quand de telles adresses lui étaient lues; mais le Oalvados marquait son action et marchait à son but.

Le conseil général ne se Miguait pas, et s'il modifiait quelquefois son langage, le fond de son esprit était toujours le même. Une nouvelle adresse ne débute plus comme une catilinaire caenaise ; cette fois, et quoique l'on f&t seulement au 14 mai 1793, € o'est la patrie en habits de deuil, toute couverte du sang de ses enfants les plus diers, » qui se présente au milieu des députés pour leur dire de se faire protéger par Paris, ou de porter leur siège ailleurs*

Du reste, les fiers habitants du Calvados aiment leur liberté plus que la vie, sont prêts à immoler les tyrans et les tndtres, à soutenir leurs représentants, à vaincre leurs ennemis : € ils en font serment sur les autels de la patrie, de la liberté et de la guerre. i>

Le conseil municipal de Caen, devenu le compagnon

(1) c Justement consternés des atrocités que des brigands ne c cessent de commettre contre des mandataires qui ont toute notre c confiance, nous deviendrions criminels envers la patrie si, dans « une occasion aussi alarmante, nous étions indifférents aux trahisons « que des scélérats, que des trames ourdies par le crime, ont admis « au rang distingué de représentants du peuple. »

(Adresse de la commune de Caen, Vaultier, page 154.)

de guerre da conseil général, ne l'abandonne plus. Il rient donc aussi conjurer les députés de ne pas hésiter s'il fiiat changer le siège de la Convention et choisir a tme antre arène pour y tracer nos destinées ; » pour que a désormais c elles ne soient plus eo batte aux efforts des monstres c sanguinaires dout l'existence est un opprobre et h < destmctiou un devoir. »

Mais le tribunal criminel du département du Calvados, qui n'a rien dit officiellement jusqu'à présent, apporte son concours comme tribunal, par une adhésion qui demande à la Convention <i une constitution qui fasse rentrer dans le néant les tyrans, les despotes et les anarchistes. >

La société des Carabots vient ajouter son mot aussi, et, par son adresse, elle déclare ne donner son iimour, son estime et sa confiance, qu'à la majorité des députés dn Calvados, et apporter son adhésion aux principes développés en une adresse de Bordeaux, du 8 msi.

Les esprits sont assez niontés ns.-iurémeni ; l'insiurection peut ee faire, car le conseil général a nuùntenint pour point d'appui tons les éléments composant la soci^ civile. Société populaire ou des Jacobins, société année des Garabots, districts, conseil monicipal, an oorps judiciaire, et de plus, Wimpfen est là, et il est le commandant d'one force armée : à la première occasion, l'e^osioii 86 fera.

Cette occasion n'a été que quelques jours à ae présenter et on n'a pas mâme attendu qu'elle se développât pool en tirer parti. Le 27 mai, la Convention avait eu la séance tnmultuense dans laquelle une section avait réclamé It mise en liberté de son président, arrêté Illégalement par

SUITB DB l'insurrection NORMANDE 169

i commission des Douze; d'autres sections s'étaient laintes des arrestations que cette commission avait faites t toutes avaient demandé la dissolution de cette commision; c'est dans cette séance aussi qu'avait été rendu, lus ou moins régulièrement, le décret, contesté le lendelain, ordonnant la mise en liberté des détenus et proonçant la dissolution de la commission, et qui avait été livi d'illuminations et d'une fête nocturne à Paris.

On en a eu la nouvelle à Caen le 29, et tout aussitôt i société populaire d'être saisie de propositions en parfait ipport avec les projets du moment. C'est ce qu'on a ppelé justement la nuit du 29 au 30 mai, car il était linuit quand la société populaire arrêtait l'autorisation e convoquer les sections de la ville, autorisation immélatement accordée par un directoire départemental dont ts membres se trouvaient exactement réunis à cette eure de la nuit.

Voilà donc une ville de plus de 35,000 âmes réveillée 1 sursaut par tous les moyens de surexcitation que l'ima- Lnation puisse concevoir ^

Voilà les sections ainsi convoquées qui nomment chaîne deux commissaires, pour se joindre à ceux des corps iministratifs et judiciaires et des sociétés populaires, largés d'avertir pour la dernière fois Paris du voile épais l'on jette sur ses yeux et de la ruine qui le menace.

A la suite de la réunion des sections, et à deux heures

(1) • Le rappel a battu de toutes parts. Des proclamations se sont faites à tous les carrefours des rues. Les cloches se sont fait entendre. Les sections sont réunies. Partout a régné le même

accord et un assentiment complet >

(Le journal Affiches du Calvados, n» du 2 juin 1793.)

170 SOTTB DB L'wsmiBïoTiOK votoumun

dn matin, le conseil général a tena une séance à laqtieUe étaient appelé» et sans désemparer : <r les corps adminis- « tratifs et judiciaires de Caen, les présidents et secrétaires

< des cinq sections, » Convention an petit pied, ayant aosei son auditoire, car on avait convoqué égaleneiit ( les citoyens des sociétés populaires de Oaen, pour êtlt préHcnts ani mesnres qtti vont être priaes, »

Ces mesnres, adoptées d rnnanimité, ont eu ponr objet II formation d'une force armée, prête à marcher, dieait-on, pour protéger la liberté des délibérations de la Oonventioo, flt assurer la liberté individuelle de ses membres ; l'onvertare de registres dans chaqne district, pour l'inscriptian de volontaires pouvant Mre réunis anx premiers mis en ■ marche ; l'envoi de cette résolntion à tons les département)^ ftveo invitation de prendre les mêmes mesures; l'envoî de oommiseatree et d'une adresse à la Convention, poor l'â* 'former des mesures prises et de l'intention Hen pronOuc^ ■dn Calvados de déclarer nne guerre ouverte anx prosoripteura, «ox anarchistee et ans fectienz.

Ces commissairea, un sectionnaîre par chaîne seothn, tm Jacobin, nn Oarabot, un officier mnnioipsl, un mcadtae da diafarict et nn membre dn conseil général, smt inmédiat«ment partis avec nne adresse dans laquelle £w aAyiHf At département du Calvados disaient : c Nous dédtfsM c nne gaerre i mort anx anarchistes, aux pTOBcijpfiean et

< Mn foctienXgetnoDsnemettronsbBBlesanneaqa'^tèB c les avoir fait rentrer dans le néant. » Ils ne sont arrivés i Paris qn'^rès les événements dn 2 jnJn, et on les a vos, revenant à Caen, s'arrêter i Evrenx, et y (usister I la séance insorrectionnelle du 6 juin. Ds se sont aossî BXt^àt à LisieuXy et se sont assurés ds son otmooon.

sum mD L'iNsuBBxcnoif nœbcasdb 171

Pendsnt que des événements si décisife s'acoomplis- Baient à Paris^ Oaen ne ralentissait pas son action, et sa population toigoors excitée, constamment tenue en haleine par le conseil général et les Carabots, ses auxiliaires &na* tiques ^, était déjà au milieu des mouvements d'une insurrection que Ton a dit pourtant n'avoir été que la conséquence du 31 mai ou du 2 juin.

Aussi la nouvelle du véritable 31 mai, la nouvelle plus grave encore du 2 juin, pouvaient élargir les mesures déjà prises, mais n'ajoutaient rien à des combinaisons qui se développaient avec tant de suite depuis quelques mois. On n'attendait donc pas le retour des commissaires envoyés à Paris, et, à leur arrivée à Caen, ils trouvaient Finsurrection officiellement proclamée par les sections de la ville.

Les événements n'ont donc amené qu'une modification dans la formule des actes et dans les expressions du hjigSLgQ. A partir de ce moment, et par une de ces précautions que le langage judiciaire appelle des réserves^

(1) « Lorsque l'insurrection fut sur le point d'éclater, les Carabots redoublèrent d'activité : leurs parades, leurs revues se multiplièrent. On raconte encore avec effroi à Caen que les habitants paisibles fermaient à la hâte leurs boutiques, lorsqu'ils entendaient le tambour battre la carabotte (car les Carabots avaient une marche particulière), lorsqu'ils voyaient passer le sinistre drapeau, fixé à sa hampe par une branche en forme de potence, afin que le vent ne pût jamais l'enrouler ; et Ton pense aujourdliui que ces précautions étaient le résultat de la frayeur qu'ils inspiraient. Peu s'en faut qu'on ne les confonde avec les terroristes. Leurs démonstrations au contraire étaient en faveur des Girondins, contre la commune» les Jacobins et les Cordeiiers; contre Marat, Robespierre et Danton. C'étaient les préliminaires de l'émeute, il est vrai, mais de l'émeute contre les démagogues et les agitateurs de Paris. • (Mancel, Noie sur VaulHer, page 137.)

et qne dea Normands ne pouvaient oublier, la Convention nationale devint officiellement môme, parmi les calvadofiiens, la prilendue Convention, et Paris, la ville qnî devait être biffée de la liste des cités, devint la ei~demiit capitale.

On mit encore les sections en mouvement. Un projet de délibération fut remis à Vaultier, jeune et nouveaa secrétaire de l'nne des sections, par an homme qui vonlsit rester inconnu.

Qui était cet inconnu ? L'an des Châtry-Lafosse, alors pré-sident du tribunal de commerce de Caen, et appartenant il nne famille de négociants entourée d'une grande considération. Personne à Caen ne regardait les Châtry- Lafosse comme antres que royalistes. Celui dont il est question ici, ChStry atné, a été élu plus tard aux Cinq- Cents dans une élection dont les candidats étaient désignés par le comité royaliste en correspondance directe avec Louis xvm, alors prétendant. A quarante ans de là, soiu le régne même tic Louiri- Philippe, les descendants tlcs Ch&try-Lafosse, qui avaient conservé la comiidération enTeloppact leur famille, avaient gardé aussi, paratt^l, ses traditions politiques, car ils passaient gé&éialemeat . poni légitimistes.

Yaultier, mis ainsi en avant par Châtry-LafesBe, «rt tout précisément l'auteur des Soaeetdra èk ràtmareettM normande, annotés et publiés par M&ncel, en 1868. S Vaultier était un républicain ou girondin ou fédéraliste, il était tout an plus un républicain de circonstance, car il dit lui-même qu'il considérait la République < plutôt c comme moyen actuel de défense du territoire, que c comme mode d'organisation durable et conforme su

SUITE DS L'mSUBBECnON NOBMANDE 173

€ besoins essentiels dn pays ; j> mais il n'a pas dit où devait abontir selon lai la transition républicaine.

n se trouve donc, comme prête-nom d'un tiers, sans trop y songer et comme par hasard, avoir attaché en quelque sorte le grelot, comme il dit. Ce fut lui, en effet, qui produisit, le 7 juin, d'abord dans sa section, puis dans les quatre autres, le projet de régularisation de l'insurrection. A la suite, comme dans la nuit du 29 au 30 mai, se constitua de nouveau une assemblée composée des membres du département, du district et de la conmiune, puis de délégués des sections, des Jacobins et des inévitables Carabots, qui devenaient la clef de voûte de l'ordre insurrectionnel.

Ceux-ci, effectivement, s'ils étaient gens d'expédition et .de coup de main, étaient aussi hommes d'initiative : devançant l'organisation du gouvernement insurrectionnel , ils nommaient des délégués auprès de lui, pour demander que les députés du Calvados à la prétendue Convention nationale fussent rappelés, et que ceux qui refuseraient de quitter leur siège fussent déclarés rebelles et traîtres à la patrie; que les fonctionnaires publics et les agents militaires fussent tenus au serment immédiat de n'exécuter aucun ordre de la Convention ni de son gouvernement, et que ceux qui tenteraient d'exécuter cet ordre fussent déclarés rebelles à la patrie et jugés <i par notre tribunal, ]> disaient les Carabots; qu'il fût créé un tribunal pour juger les Maratistes, un comité de surveillance pour agir contre les malveillants et les suspects, et un corps de cavalerie, de deux cents hommes, pour la garde des chefs de l'insurrection et les expéditions de sûreté publique; qu'enfin, les courriers de la Convention, les

tT4 WHÊMitm L*iX8tilti

iMlÉB-â^audmôl]. d'écrits fussent mie en arrestation, et ' qait Iran p^âm fussent brûli-s par le bourreau, mm iffèitmi éé Ih. Les Carabots fonmbsaient leurs idées • l'insurrection ... Ils avaieut d'silleiin ïj'qiâ âklit leur président, et trois membres de ifttsEemblée d'insurrection.

.' iGBMmI Ib 9 jnn ^ue se constituait cette assomblée, qui ■t un comité directeur provisoire de 4 Fknui ceux-ci se trouvait le président dea Chrabotif.flt M tnmvaient aussi Cbâtry-Lufosse, Caille, ]• I^HlA «ElMnr ds l'insurrection, auteur pins tard d'une âCfoâ tBupwmK' tUi Friviçais et Roi d'Italie^ puis ploa ted flDOn» d'une Ode à Sa. Majesté Louis xviii, à l^ocaitimét'mtm^iitk^ mai 1814. Ony voyait aussi Bougon toliMgttil, pMH^ur général syndic du département. ,; lOÏMÉltt^pianit été chargé d'aller à Paris, pourrécls- Mk Jm anmirinotincinents dont le conseil général du OÙÊÊJ»» JBflBlià q>e l'armée des côtes de la Manche en

CMrmatîon avùt un besoin urgent et Bougon de

LoDgnia avait écrit de Gaen, le 27 avril, an dépoté montagnard Bonnet de Ueantry : < Je vais travailler ici i c remonter le diapason du patriotisme, qnej'aitnnnt K baissé, en plusicors endroits, de ploa d'an ton. >

Apràs la clint« de l'insurrection, et après avoir réclamé sue amnistie. Bougon de Longrais se fit introduireaiqiris du ponce de Xalmont, chef vendéen, pour lui prc^naer mi plan d'invasioB de la Normandie. Il fut pm dans l'armét vendéenne, avec Talmont, à nne déroute prêe de Nantes, et mis & mort. Bichei, le trésorier de l'insuirectioii ttcrmKide, y fat égalonent pris et exécnté. Ce fat HT ]a motioD de Bougon de Longnàs, qnipeit

SXJITS DX L^INSUBBECTION NOB]CAin>E 175

bien passer sans conteste ponr royaliste, que l'assemblée caenaise du 9 juin, qui votait à Pancienneté et par acclamation, mais qui procédait avec des formes méthodiques et solennelles, se déclara officiellement en état cTinsurreclion et de résistance à F oppression.

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